Le rôle de l’ARS durant les épisodes caniculaires de 2026

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Face aux épisodes caniculaires, l’ARS Pays de la Loire joue un rôle essentiel pour protéger la santé de la population. Surveillance sanitaire, coordination des acteurs et actions de prévention : découvrez comment l’Agence s'est mobilisée pour anticiper les risques liés aux fortes chaleurs et protéger les personnes les plus vulnérables en 2026.

L’année 2026 a été marquée en Pays de la Loire par plusieurs épisodes caniculaires successifs et d’intensité élevée, ayant conduit l’ensemble des départements de la région en vigilance rouge à plusieurs reprises. Quatre périodes ont nécessité une forte mobilisation : du 26 au 30 mai, du 19 au 28 juin, du 9 au 15 juillet et du 11 au 15 août 2026. Ces épisodes se sont caractérisés par leur intensité et la persistance de températures nocturnes élevées, générant des impacts sur les populations vulnérables et sur le fonctionnement des établissements sanitaires et médico-sociaux.

La gestion des épisodes de fortes chaleurs a mobilisé les services de l’État, l’ARS Pays de la Loire, les collectivités territoriales et les communes, dans une démarche de coordination et de complémentarité. L’ARS a notamment contribué aux actions de prévention, au suivi des personnes vulnérables et à la diffusion des recommandations sanitaires, en lien avec les acteurs locaux. Les maires et les élus locaux constituent ainsi des partenaires de premier plan pour déployer au plus près du terrain les mesures de prévention et d’alerte.

Organisation de l’ARS et son rôle durant la crise 

L’ARS a adapté son organisation en fonction de l’évolution de la situation météorologique et sanitaire. En témoigne la Posture de Veille et d’Urgence Sanitaire Renforcée (PVUS-R) activée à plusieurs reprises durant cette période. La Cellule Régionale d’Appui et de Pilotage Sanitaire (CRAPS) – niveau de mobilisation interne le plus élevé - a également été activée lors des épisodes les plus critiques du 24 au 29 juin et du 10 au 15 juillet. La mobilisation a concerné l’ensemble des directions de l’ARS et ses délégations départementales. Un suivi quotidien de l’activité hospitalière, des SAMU, des tensions capacitaires et des établissements médico-sociaux a été organisé. Des réunions régulières ont associé les établissements de santé et médico-sociaux, les unions régionales des professionnels libéraux et les fédérations afin d’adapter en continu la gestion de ces épisodes au niveau régional et départemental.

L’analyse de l’impact sur le système de santé : une prérogative de l’ARS

Les épisodes caniculaires ont entraîné une augmentation de l’activité des services d’urgence et des hospitalisations, notamment chez les personnes âgées et les patients atteints de pathologies chroniques. L’ARS Pays de la Loire note que les tensions ont porté en grande partie sur les lits de médecine, la gériatrie, les capacités de sortie vers les soins médicaux de rédaptation, les EHPAD et la psychiatrie. Les difficultés de recrutement et de remplacement ont accentué ces tensions. Les conditions dans certains établissements ont constitué un facteur aggravant, avec des températures élevées dans certaines chambres, des défaillances d'équipements et une réduction des capacités d'hospitalisation. Des plans blancs ont été initiés localement pour maintenir les capacités de prise en charge et s’assurer de la pleine mobilisation du système de santé.

Les EHPAD, les établissements accueillant des personnes en situation de handicap et les services à domicile ont été fortement mobilisés pour assurer l’hydratation et l’accompagnement des publics fragiles. Les difficultés rapportées concernent l’inadaptation thermique du bâti, la mobilisation des personnels pendant la période estivale, et les difficultés d’approvisionnement en équipements de rafraîchissement. Ces épisodes ont également souligné la vulnérabilité particulière des personnes isolées vivant à domicile et la nécessité de renforcer les dispositifs de guidage vers des lieux rafraîchis.

Mesures de soutien financier aux établissements sanitaires et médico-sociaux

Pour faire face aux conséquences de la canicule, des dispositifs de soutien financier ont été mobilisés au bénéfice des établissements sanitaires et médico-sociaux de la région. 

Pour les établissements de santé, l’État a déployé une enveloppe nationale de 100 M€ via le Fonds pour la modernisation et l’investissement en santé (FMIS), destinée à financer l’acquisition ou la location d’équipements de rafraîchissement. La région Pays de la Loire a bénéficié à ce titre de 5,74 M€, répartis entre 113 établissements de santé publics et privés selon leur niveau d’activité financière. 

Pour le secteur médico-social, un dispositif de crédits non reconductibles (CNR), estimé à près de 4 M€ en Pays de la Loire, a été mis en place pour les établissements et services accompagnant les personnes âgées et les personnes en situation de handicap. Ces financements couvrent les surcoûts liés à la canicule : renforts temporaires de personnels, acquisition d’équipements de rafraîchissement, protections thermiques des bâtiments et soutien aux services intervenant à domicile. 

Ces mesures prises de façon rapide ont répondu aux besoins des établissements. Cependant, les retours d’expérience soulignent la nécessité de poursuivre, au-delà de ces financements d’urgence, les investissements structurels du parc sanitaire et médico-social afin de renforcer sa résilience face à l’intensification des épisodes de chaleur liés au changement climatique.

Impacts environnementaux : une vigilance accrue de l’ARS sur la qualité de l’eau 

À cette situation de tension s’est ajoutée une dégradation de la qualité des ressources en eau avec notamment la prolifération de cyanobactéries, la présence de macro-algues, l’augmentation de la matière organique, nécessitant l’adaptation des filières de traitements. Les conditions climatiques ont également affecté la qualité de certaines ressources d’eaux superficielles, renforçant la vigilance de l’ensemble des acteurs. La hausse des températures s’est accompagnée d’une vigilance renforcée des PRPDE (Personnes Responsables de la Production ou de la Distribution d'Eau) et de l’ARS sur le développement de sous-produits ou la qualité microbiologique de l’eau distribuée. Grâce à la mobilisation des collectivités, des exploitants, des services de l’État et à la mise en œuvre de mesures adaptées, aucune rupture d’alimentation en eau potable n’est à ce jour envisagée. Au-delà de mesures usuelles (achats d’eau...), des actions exceptionnelles ont été mises en œuvre pour répondre aux besoins (mobilisation de carrières, mise en service de forage d’essai à titre exceptionnel…).

L’ARS a également réalisé une prévention accrue face aux risques de noyades. En effet, face à la hausse des températures, la recherche de fraîcheur conduit naturellement la population vers des points d’eau, occasionnant un accroissement des risques d’accidents notamment chez les jeunes et les personnes moins habituées à la baignade.

Si la période de canicule est désormais passée, une attention reste nécessaire concernant l’alimentation en eau potable. La reconstitution des réserves en eau dépendra largement des précipitations de l’automne et de l’hiver. Cette situation, comme celle connue en 2022, illustre la vulnérabilité croissante de la ressource en eau dans un contexte de changement climatique. Elle souligne la nécessité de poursuivre les actions engagées pour préserver la qualité des ressources, adapter les usages, sécuriser les chaînes de production/distribution de l’eau et renforcer les efforts de sobriété afin de garantir durablement l’accès de tous à une eau potable de qualité.

Impacts sanitaires des épisodes caniculaires de 2026

Les quatre épisodes de canicule de l'été 2026 sont associés à une estimation provisoire d'au moins 902 décès en excès en Pays de la Loire. Les analyses soulignent la vulnérabilité particulière des personnes âgées mais également l'existence d'effets sanitaires dans des classes d'âge plus jeunes lors des épisodes les plus intenses. Ces estimations demeurent provisoires et seront consolidées par Santé publique France dans le bilan régional et national définitif de la surveillance estivale 2026.

Les épisodes caniculaires de 2026 ont confirmé la capacité de l’ARS et du système de santé régional à maintenir la continuité des prises en charge malgré des tensions importantes. Les dispositifs de gestion de crise, l’activation des plans blancs et plans bleus, ainsi que la forte mobilisation des professionnels conjointement avec l’action des élus locaux sur le terrain ont permis d’éviter des ruptures majeures.

Au regard des enseignements de cette période de fortes chaleurs, l’ARS Pays de la Loire veut inscrire son action dans une démarche de long terme, en lien étroit avec les acteurs du territoire, autour de quatre priorités pour renforcer la résilience régionale face aux changements climatiques. La première priorité concerne l’adaptation du patrimoine immobilier par la rénovation thermique et le rafraîchissement des locaux. La seconde est de renforcer la protection des publics vulnérables, notamment les personnes âgées et les personnes isolées, grâce au repérage des situations précaires et à une adaptation du logement pour favoriser le maintien à domicile. Troisièmement, l’ARS veut anticiper les tensions sur le personnel soignant durant la période estivale. Cela pourra se traduire par une organisation plus agile durant les périodes de forte sollicitation, une attractivité renforcée pour faciliter l’intégration de personnel et une sécurisation des remplacements. Enfin, le quatrième axe d’avenir qui sera porté par l’ARS concernera la préparation accrue face aux crises climatiques. 

L’ARS Pays de la Loire remercie l’ensemble des acteurs du système de santé, ses partenaires et les collectivités pour leur mobilisation durant la période estivale. Leur engagement collectif contribue à renforcer la préparation et la réponse aux épisodes de fortes chaleurs, dans un contexte de changement climatique.