Ces travaux ont mis en évidence plusieurs points de vigilance concernant la qualité des sols, notamment dans le quartier de Méan-Penhoët à Saint-Nazaire, où des concentrations élevées en plomb et en arsenic ont été relevées sur certains secteurs.
Afin de mieux évaluer les éventuelles expositions de la population et d'assurer un accompagnement adapté des personnes concernées, l’Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, la préfecture de Loire-Atlantique, la CARENE, la Ville de Saint-Nazaire et l’Assurance Maladie proposent aux habitants un dépistage gratuit et volontaire.
Qui est concerné ?
Le dépistage est proposé en priorité aux habitants du quartier de Méan-Penhoët suivants :
- les enfants de 6 mois à 6 ans inclus ;
- les femmes enceintes et les femmes ayant un projet de grossesse dans les six prochains mois.
Il est également proposé aux enfants à partir de 7 ans et aux adultes qui portent fréquemment les mains à la bouche, ainsi qu’aux personnes qui jardinent et sont régulièrement en contact avec la terre ou consomment principalement les légumes de leur potager.
Comment participer ?
Du 19 octobre au 28 novembre 2026, les habitants concernés peuvent se rendre dans un laboratoire d’analyses médicales du secteur, avec ou sans rendez-vous.
Pour bénéficier du dépistage, ils doivent se munir :
- du courriel d’information adressé par l’Assurance Maladie ;
- du questionnaire disponible sur le site internet de l’ARS Pays de la Loire, complété au préalable ;
- de leur carte Vitale.
Le dépistage comprend une prise de sang pour rechercher le plomb et une analyse d’urine pour rechercher l’arsenic. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun ni de recueillir les urines du matin. Il est recommandé de ne pas consommer de produits de la mer pendant les trois jours précédant le prélèvement d’urine, car ils peuvent fausser le résultat.
Les analyses sont entièrement prises en charge par l’ARS et l’Assurance Maladie : aucun frais n’est à avancer.
Pourquoi ce dépistage ?
La présence de métaux dans les sols ne signifie pas automatiquement une exposition. Le dépistage permet de vérifier si une exposition est effective et de proposer si besoin un accompagnement.
À Méan-Penhoët, 58 % des parcelles privées analysées dépassent le seuil de gestion pour le plomb, et 24 % pour l'arsenic. Le plomb peut affecter le développement des jeunes enfants et du fœtus, tandis que l'arsenic, en cas d'exposition prolongée, peut avoir des effets sur la santé.
La participation est gratuite et volontaire. Un résultat élevé ne signifie pas qu’une maladie va apparaître, mais permet d’agir pour limiter l’exposition.
Résultats et accompagnement
Les résultats sont transmis à la personne dépistée, à son médecin traitant et à l’ARS, dans le respect du secret médical. Si une exposition supérieure aux valeurs biologiques de référence est constatée, le médecin peut proposer un suivi adapté.
Informations pratiques
- Questionnaire et informations complémentaires : site internet de l’ARS Pays de la Loire.
- Habitants de Méan-Penhoët n’ayant pas reçu de courriel de l’Assurance Maladie : ars-pdl-se@ars.sante.fr.
Les principaux résultats des études sur les sols et les recommandations pour limiter les expositions sont présentés en annexe du présent communiqué.
LES INVESTIGATIONS SUR LES SOLS
Une démarche de dépistage issue des résultats des études menées sur les sols du territoire
Depuis 2020, une étude de zone évalue les expositions environnementales des habitants du bassin industriel de la CARENE (Saint-Nazaire, Donges, Trignac, Montoir-de-Bretagne et Pornichet). Elle a relevé des points de vigilance sur les sols, notamment dans le quartier de Méan-Penhoët à Saint-Nazaire.
Deux campagnes complémentaires de mesures sur les sols ont donc été conduites de mai à juillet 2026. La première, pilotée par l'Université de Nantes et cofinancée par l'ARS et la DREAL, a porté sur l'ensemble des 5 communes. La seconde, réalisée par un cabinet d’études spécialisé dans la gestion des sites et sols pollués, a ciblé le quartier de Méan-Penhoët et le secteur de Gron à Montoir-de-Bretagne.
Des résultats qui permettent de mieux caractériser la qualité des sols
Les mesures réalisées au cours de l’été 2026 permettent de dresser un état de la situation des sols sur l'ensemble des cinq communes. Les principaux enseignements sont les suivants :
- Les mesures ont porté sur le plomb, l'arsenic, le cuivre, le zinc, le nickel, le chrome et le manganèse, sur 200 espaces publics et 115 terrains privés, ces derniers après appel au volontariat des particuliers.
- Ces investigations ont permis d'améliorer la connaissance de la composition naturelle des sols dans ce secteur. Les sols « naturels » ne présentent pas de particularité géologique dans leur composition, hormis sur une formation géologique présente au nord de Donges. Ce secteur présente des teneurs élevées en chrome et en nickel, d'origine naturelle et liées à la géologie locale. Des mesures complémentaires vont être faites sur ce secteur.
- Les espaces publics présentent des niveaux de métaux moindres que les terrains privés, très probablement en raison de remaniements de sols avec apport de terre nouvelle plus fréquents.
- À Méan-Penhoët, quartier de Saint-Nazaire, 58 % des parcelles privées analysées dépassent les seuils de gestion sanitaire pour le plomb et 24 % pour l'arsenic. La présence de métaux y est plus marquée dans la partie sud du quartier.
- Dans les autres communes, les dépassements sont beaucoup moins fréquents et plus modérés.
- L'origine des contaminations des sols est très probablement historique, avec comme hypothèse la plus vraisemblable la présence de terrains remblayés avec des matériaux douteux.
Les résultats des mesures ont été restitués par l’ARS aux particuliers résidant sur les parcelles investiguées assortis de recommandations sanitaires graduées en fonction des résultats. En cas de pollution avérée, cette restitution individuelle a été précédée d’un contact téléphonique.
LES RECOMMANDATIONS POUR LIMITER L’EXPOSITION
À l'extérieur
Se laver les mains après le jardinage ou une activité en extérieur, éviter le contact main-bouche, garder les ongles courts.
Laver régulièrement les jouets d'extérieur et les vêtements de jardinage.
Limiter les zones de terre nue en maintenant une couverture végétale.
Arroser le sol avant de le travailler pour éviter les poussières.
Si la pollution des sols est avérée, procéder à un apport de nouvelle terre, a minima sur les zones les plus fréquentées, mesure plus lourde mais permettant de supprimer les expositions.
À l'intérieur
Retirer ses chaussures en entrant et nettoyer les sols avec des méthodes humides plutôt qu'à l'aspirateur.
Au potager
Privilégier les légumes-fruits (tomates, poivrons, courgettes, concombres, courges…), qui concentrent moins les métaux que les légumes-feuilles, racines, tubercules et herbes aromatiques.
Laver soigneusement les fruits et légumes et éplucher les légumes-racines et les tubercules
Diversifier l'origine de son alimentation.
Si la pollution des sols est avérée : limiter fortement ou suspendre la culture en pleine terre. Deux alternatives existent : les bacs surélevés avec du terreau du commerce, ou l'apport de 30 à 50 cm de terre saine.
Eau et élevage
D’une manière générale, il est déconseillé de consommer l'eau d'un puits. L'eau du robinet, contrôlée par l'ARS, reste conforme et peut être utilisée en toute confiance pour boire et cuisiner.
En cas de pollution avérée du terrain, il est préférable de ne pas consommer les œufs et la chair des volailles ou lapins élevés en plein air.





