Cette réforme majeure, portée en région par les UFR de médecine de Nantes et d'Angers, les préfectures de département et l'ARS, vise à renforcer la formation des futurs médecins généralistes tout en apportant une réponse concrète aux enjeux d'accès aux soins dans les territoires.
Le docteur junior : un médecin en fin de formation, au service des patients
La réforme du troisième cycle de médecine générale crée une quatrième année, dite « phase de consolidation », déjà en place dans les autres spécialités médicales. Jusqu'ici, la médecine générale était la seule spécialité dont la formation s'arrêtait à l'issue de la phase d'approfondissement.
Le docteur junior est un médecin en dixième et dernière année de formation. Il assure des consultations, des soins et des actes de prévention en autonomie supervisée, sous la responsabilité d'un ou plusieurs praticiens agréés maîtres de stage des universités (PAMSU). Il exerce au sein de sa structure d’accueil trois jours par semaine. Le quatrième jour est consacré, en fonction de son projet professionnel, à des activités au sein d’autres structures de soins. Le temps restant est dédié à la formation, notamment aux groupes de pairs et aux enseignements transversaux.
Le stage a vocation à se dérouler en ambulatoire (exercice libéral ou centre de santé) ou, en fonction du projet professionnel de l’étudiant, au sein d’un établissement de santé ou d’autres structures, telles que les services de protection maternelle et infantile (PMI) ou les centres de planification familiale. Une priorité est accordée aux territoires sous-denses en offre de soins.
Un choix des stages organisé à l'échelle des subdivisions universitaires
La procédure de choix est strictement encadrée par la réglementation. Elle s'effectue à l'échelle de la subdivision universitaire, et non au niveau régional ou départemental.
Les Pays de la Loire comptent deux subdivisions :
- la subdivision de Nantes, qui couvre principalement la Loire-Atlantique et la Vendée ;
- la subdivision d'Angers, qui couvre principalement le Maine-et-Loire, la Mayenne et la Sarthe.
186 terrains de stage accueilleront des docteurs juniors dès le 2 novembre 2026 : 99 dans la subdivision d'Angers et 87 dans celle de Nantes.
Les commissions qui ont arrêté le nombre et la localisation des terrains de stage se sont tenues début juillet. L'ARS et les départements de médecine générale des UFR de Nantes et d'Angers ont souhaité que cette phase se déroule majoritairement en médecine de ville.
La mobilisation des acteurs du territoire en Mayenne
Le déploiement de la quatrième année de médecine générale en Mayenne repose sur un partenariat associant l’ensemble des acteurs du territoire. Avec l’ARS, la préfecture et le Département de médecine générale de la Faculté d’Angers, les collectivités territoriales, notamment le Conseil départemental, ainsi que les professionnels de santé ont participé à la construction de l’offre de stages et aux conditions d’accueil sur le territoire (logement, école pour les enfants, mobilité …).
Ce travail collaboratif a permis de répartir les terrains de stage sur l’ensemble du département, en fonction des besoins des populations et des conditions d’exercice.
Les maîtres de stage universitaires agréés (PAMSU) mayennais ont proposé un nombre de terrains de stage supérieur au nombre de docteurs juniors à accueillir. Cet engagement vise à offrir aux futurs médecins des conditions d’accueil et d’accompagnement adaptées, et à leur faire découvrir les différents modes d’exercice, les atouts du territoire et les dispositifs destinés à favoriser leur installation durable.
Les partenaires locaux partagent un même objectif : faire de la Mayenne un territoire attractif pour l’exercice des professionnels de santé.
29 terrains de stages en Mayenne
Le département accueillera 29 docteurs juniors, soit 15 % des 186 terrains de stages ouverts en Pays de la Loire.
À l'échelle régionale, près de 95 % des stages se dérouleront en ambulatoire et plus de 94 % des stages sont situés en zones sous-denses, contre 78,5 % au niveau national. Dans la subdivision d’Angers, 66 % des stages sont situés en zone d’intervention prioritaire (ZIP).
Ces chiffres traduisent l'engagement de l’UFR de médecine d’Angers et de l'ARS Pays de la Loire en faveur de l'équilibre territorial. L'immersion en zone sous-dense est aussi un levier d'installation : en découvrant un territoire, ses conditions d'exercice et son cadre de vie, le futur médecin est plus susceptible d'y rester.
Un dispositif qui valorise l'encadrement et la permanence des soins
Plusieurs textes réglementaires accompagnent la réforme. Ils améliorent la rémunération des étudiants et des maîtres de stage, encouragent l'implication dans la permanence des soins ambulatoires (PDSA) et favorisent l'exercice dans les territoires sous-dotés. Les praticiens encadrant un docteur junior perçoivent des honoraires pédagogiques. Des primes complémentaires peuvent également leur être versées en fonction du lieu d’exercice (ZIP, ZAC ou quartier prioritaire de la politique de la ville) et de leur participation à la supervision de la permanence des soins ambulatoires (PDSA).
Devenir maître de stage. Les médecins généralistes intéressés doivent obtenir un agrément auprès de l'UFR de médecine de leur subdivision. Le maître de stage accueille et supervise le docteur junior au quotidien, assure son encadrement pédagogique et l'accompagne dans son projet professionnel : installation, exercice coordonné, recherche.
Les docteurs juniors en Mayenne : la carte des terrains de stage





