Santé en Pays de la Loire : les priorités d’action de l’ARS pour 2026-2027

Communiqué de presse

Dossier de presse présenté lors de la conférence de presse régionale de Sébastien Delescluse, Directeur général de l'ARS Pays de la Loire (le 20 octobre 2026).

Édito de Sébastien Delescluse

Directeur général de l'ARS Pays de la Loire

Plus de trois mois après ma prise de fonctions à la tête de l’Agenre régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, j’ai souhaité présenter publiquement les priorités de l’Agence pour 2026-2027. Cette démarche répond à un devoir de transparence envers les Ligériens, les élus et les professionnels avec qui nous construisons ces politiques publiques quotidiennement. 

La situation de notre région appelle de la lucidité. L’accès aux soins reste un enjeu majeur, avec de fortes disparités selon les territoires. Le vieillissement de la population transforme les besoins de santé et d’accompagnement de manière durable, et le pic démographique approche. Le système hospitalier poursuit sa transformation en matière de gradation des soins, tandis que les besoins en santé mentale demeurent importants. Dans le même temps, il nous faut protéger les Ligériens face aux risques qui pèsent sur leur santé, comme les conséquences du changement climatique ou l’accès à une eau potable de qualité. 

Face à ces défis, la région peut s’appuyer sur des atouts solides : structuration de l’exercice coordonné et modernisation des établissements grâce à un effort d’investissement sans précédent depuis le Ségur de la santé, partenariat avec les collectivités territoriales au service des populations et professionnels de santé. Nos équipes sont mobilisées et l’ensemble des acteurs, services de l’État, élus, professionnels, établissements et associations, savent travailler ensemble.

C’est dans cet esprit que j’entends inscrire l’action de l’Agence. L’ARS est là pour protéger la santé de tous, réguler l’offre pour qu’elle réponde aux besoins, accompagner les acteurs dans leurs projets et agir, avec eux, au plus près des territoires. Je suis convaincu que nous avancerons d’autant plus vite que nous le ferons ensemble.

Six priorités structureront notre action. Garantir l’accès aux soins, d’abord, avec le déploiement de France Santé pour améliorer la lisibilité et rapprocher l’offre de santé des habitants et l’arrivée en novembre des premiers docteurs juniors en médecine générale, qui seront formés au plus près des besoins des territoires. Transformer et renforcer l’hôpital, en consolidant les groupements hospitaliers de territoire et en poursuivant les investissements engagés depuis le Ségur. Concrétiser, dans chaque département, les engagements de la Conférence nationale du handicap en transformant l’offre médico-sociale, en soutenant la scolarisation des enfants et en renouvelant notre stratégie pour l’autisme et les troubles du neurodéveloppement. Anticiper le vieillissement de la population, en préparant l’offre d’accompagnement des personnes âgées au pic démographique qui s’annonce avec les conseils départementaux. Faire de la santé mentale une priorité régionale, en renforçant les dispositifs de proximité et en soutenant les associations, professionnels et collectivités qui s’engagent, notamment à travers les projets territoriaux de santé mentale de seconde génération. Anticiper et protéger la population avec le renforcement de nos politiques de prévention et une attention accrue à la qualité de l’eau potable, en particulier face aux effets du changement climatique et des épisodes de canicule.

Ce dossier détaille chacun de ces chantiers, avec des réalisations concrètes et un calendrier. Il reflète une conviction simple : une politique de santé se juge à ce qu’elle change pour les habitants. 

La santé en Pays de la Loire, en action

Les chantiers prioritaires de l'ARS pour 2026 - 2027

France Santé : améliorer la lisibilité et renforcer l’offre de santé au service des habitants

Le déploiement du réseau France Santé en Pays de la Loire s’inscrit dans l’ambition nationale de renforcer l’accès aux soins de premier recours et de consolider le maillage territorial. Cette politique répond à un enjeu clé : permettre à chaque habitant d’accéder à une offre de soins de proximité adaptée à ses besoins.

Pour la région, l’objectif fixé est d’atteindre 275 structures labellisées d’ici fin 2027. La première phase du déploiement s’est appuyée sur les maisons de santé pluriprofessionnelles et les centres de santé. Ces structures, déjà engagées dans des démarches d’exercice coordonné, ont constitué le socle initial du réseau. Grâce à la mobilisation des services de l’Etat, des professionnels de santé et de l’Assurance Maladie, 122 structures ont pu être labellisées en Pays de la Loire au 1er octobre 2026.

Concrètement, le réseau se déploie comme suit dans les territoires :

  • Loire-Atlantique : 39 structures sont aujourd’hui labellisées France Santé sous accord conventionnel interprofessionnel (ACI), dont 30 maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) et 9 centres de santé (CDS).
  • Maine-et-Loire : 21 structures sont aujourd’hui labellisées France Santé, dont 10 MSP, 8 CDS, 2 cabinets de groupe et 1 hôpital de proximité (HP). 4 structures sont en cours de labellisation (1 MSP, 1 service de santé universitaire et 2 HP).
  • Mayenne : 10 structures sous ACI se sont engagées dans le réseau France Santé - parmi elles, 8 MSP et 2 CDS.
  • Sarthe : 22 sites sont aujourd’hui labellisés France Santé, dont 12 MSP, 1 médibus, 1 Equipe de Soins Primaires Coordonnée Localement Autour du Patient (ESP CLAP), 6 CDS, 1 centre de santé universitaire et 1 pharmacie d’officine.
  • Vendée : 30 structures labellisées à ce jour, dont 27 sous ACI – parmi elles, 17 MSP et 10 CDS. Les 3 structures restantes (2 ESP CLAP et 1 pharmacie d’officine) sont en cours de conventionnement et de financement par l’ARS.

La troisième vague de labellisation, engagée depuis septembre par l’ARS, ouvre une nouvelle étape du déploiement régional en élargissant le réseau à une plus grande diversité d’acteurs.

Les équipes de soins primaires, les cabinets médicaux de groupe et les hôpitaux de proximité constituent des cibles prioritaires. Leur intégration au réseau permettra de renforcer la couverture territoriale et d’améliorer la lisibilité de l’offre de soins.

Pour atteindre les objectifs fixés, la stratégie régionale repose sur une démarche proactive d’« aller vers ». L’enjeu n’est plus seulement de guider les structures qui sollicitent une labellisation, mais également d’identifier les acteurs susceptibles de rejoindre le réseau et de les accompagner dans leur engagement.

La labellisation poursuit quatre objectifs :

  • L’augmentation de l’accessibilité et la qualité des soins de proximité ;
  • L’amélioration de la lisibilité de l’offre de soins sur les territoires ;
  • Le renforcement de la prise en charge et le suivi des patients ;
  • Le rétablissement d’une offre de soins dans les territoires qui en sont aujourd’hui dépourvus.

Le défi est désormais à la fois quantitatif et territorial : poursuivre la montée en charge du réseau tout en veillant à répondre au plus près des besoins des habitants. Ainsi, derrière l’objectif de 275 structures en 2027, c’est avant tout l’ambition d’un accès aux soins plus proche, plus lisible et plus coordonné pour l’ensemble de la population qui est poursuivie.

Le déploiement de la 4e année de médecine générale : former davantage de professionnels dans les territoires

La réforme du troisième cycle des études de médecine générale franchit une étape majeure avec la création d’une quatrième année de formation, la phase de consolidation, déjà en place dans les autres spécialités. À compter du 2 novembre 2026, les internes de médecine générale exerceront sous le statut de docteur junior. Médecins ayant validé les deux premières phases de l’internat et soutenu leur thèse, ils exercent en autonomie supervisée, sous la responsabilité d’un ou plusieurs praticiens agréés maîtres de stage des universités (PAMSU).

En Pays de la Loire, 186 terrains de stage accueilleront les premiers docteurs juniors : 44 en Vendée, 41 en Loire-Atlantique, 39 en Sarthe, 33 en Maine-et-Loire et 29 en Mayenne. Le choix des stages s’effectue à l’échelle des deux subdivisions universitaires : 87 stages relèvent de la subdivision de Nantes et 98 de celle d’Angers.

L’ambition est de former au plus près des besoins de la population. Environ 95 % des stages se dérouleront en ambulatoire, en cabinet libéral, en maison de santé pluriprofessionnelle, en centre de santé ou, selon le projet de l’étudiant, dans d’autres structures (protection maternelle et infantile, planification familiale). Plus de 94 % des stages en Pays-de-la-Loire sont situés en zones sous-denses, contre 78,5 % au niveau national. Plus de 50 % se trouvent en zone d’intervention prioritaire (ZIP), avec 66 % des stages de la subdivision d’Angers. Plus de 40 % sont en zone d’action complémentaire (ZAC), avec 57 % des stages de la subdivision de Nantes.

Ces terrains ont été identifiés grâce à un travail de concertation mené dans chaque territoire, sous l’égide des directions départementales de l’ARS et des préfets. Il a associé les départements de médecine générale des universités d’Angers et de Nantes, les professionnels de santé, les représentants des internes et les élus. L’engagement des PAMSU conditionne la réussite du dispositif : ils encadrent les docteurs juniors, les accompagnent dans leur montée en compétences et garantissent la qualité pédagogique des stages. Des textes réglementaires publiés ces derniers mois définissent leur rémunération et celle des étudiants, et encouragent l’implication dans la permanence des soins ambulatoires.

Au-delà de la formation, cette quatrième année est une opportunité pour favoriser l’installation des jeunes médecins dans les territoires notamment sous-denses. En découvrant durablement un territoire, ses professionnels et ses patients, les docteurs juniors sont davantage susceptibles d’y construire leur projet d’exercice grâce à l’engagement et au soutien des collectivités territoriales aux côtés de l’ARS.

Favoriser le bon recours aux soins

Le bon recours aux soins consiste à orienter chaque usager vers la réponse la plus adaptée à son besoin de santé, au bon moment et au bon niveau de prise en charge. Cette priorité vise à éviter les recours inadaptés aux urgences ou à l'hospitalisation complète, tout en garantissant un accès à des soins de qualité.

Les Pays de la Loire sont confrontés à une tension sur l'offre de soins de premier recours et à une augmentation des besoins liée au vieillissement de la population. Cette situation peut conduire des patients à se tourner vers les services d'urgences faute d'alternative disponible ou connue.

L'enjeu est double : améliorer l'accès aux soins de proximité et fluidifier les parcours afin de réserver les ressources les plus spécialisées aux situations qui le nécessitent. Cette ambition est inscrite dans le Programme régional de santé (PRS) 2023-2028 et constitue un levier majeur d'amélioration de la qualité, de la pertinence et de l'efficience du système de santé.

Pour répondre à ces objectifs, l'ARS agit à plusieurs niveaux :

En amont, elle contribue au développement de solutions permettant d'éviter les recours inadaptés aux urgences : déploiement du service d'accès aux soins (SAS), structuration de l'offre de soins non programmés, développement des coopérations entre professionnels de santé et soutien aux organisations coordonnées de proximité.

L'ARS favorise une meilleure articulation entre médecine de ville et médecine spécialisée grâce au développement des équipes de soins spécialisés (ESS). Huit ESS sont aujourd'hui déployées dans la région afin de faciliter l'accès à l'expertise spécialisée, d'améliorer l'orientation des patients et de limiter le recours aux consultations ou hospitalisations qui ne sont pas nécessaires. Parmi ces huit ESS, quatre sont implantées en Loire-Atlantique (pédiatrie, dermatologie, cardiologie, imagerie médicale), trois en Sarthe (cardiologie, ophtalmologie, gynécologie) et une en Maine-et-Loire (cardiologie).

Elle accompagne le développement d'alternatives à l'hospitalisation complète, notamment l'hospitalisation à domicile (HAD) et l'hospitalisation de jour. Elle soutient également les démarches d'évaluation de la pertinence des prises en charge.

Cette démarche vise à permettre aux Ligériens d'accéder plus facilement à une réponse adaptée à leurs besoins, tout en améliorant leur expérience et celle des professionnels.

À terme, les résultats attendus sont :

  • une diminution des recours évitables aux urgences ;
  • une amélioration de l'accès aux soins de premier recours et aux soins spécialisés ;
  • un développement des alternatives à l'hospitalisation complète ;
  • une meilleure coordination entre les acteurs de santé ;
  • des parcours plus fluides et plus sécurisés pour les patients ;
  • une utilisation plus pertinente et plus efficiente des ressources du système de santé.

Ainsi, favoriser le bon recours aux soins ne consiste pas seulement à réduire certaines consommations de soins, mais à garantir que chaque personne bénéficie de la prise en charge la plus adaptée à sa situation, dans une logique de qualité, de proximité et de pertinence.

Renforcer les groupements hospitaliers de territoire (GHT) au service de la qualité et sécurité des prises en charge

Un cadre en place depuis 2016

Les cinq GHT de la région ont été créés le 1er juillet 2016, sur le périmètre des départements, autour de cinq établissements-supports : le CHU de Nantes, le CHU d’Angers, le CH de Laval, le CH du Mans et le CHD Vendée. Ils poursuivent deux objectifs :

  • améliorer l’accès aux soins grâce à un projet médico-soignant partagé (PMSP), s’appuyant notamment sur des équipes médicales communes, des filières de soins graduées et coordonnées territorialement ;
  • mutualiser des fonctions et des ressources (système d’information hospitalier, achats, formation, information médicale) pour maîtriser les coûts et financer les projets.

Les premiers PMSP ont été approuvés par l’Agence en septembre 2017. Les PMSP de deuxième génération, approuvés au premier semestre 2024, courent jusqu’en 2029.

Une nouvelle étape pour renforcer l’intégration

Dix ans après leur création, le bilan des GHT est hétérogène selon les territoires. L’objectif est désormais d’aller plus loin dans l’intégration et les mutualisations, en mobilisant des outils existants, encore peu utilisés : CPOM, plan global de financement pluriannuel et plan d’investissement uniques, mise en commun des trésoreries, possibilité de rapprochement et d’intégration en direction commune.

Une démarche en deux temps, avec un dialogue stratégique annuel

Chaque groupement réalisera d’abord un autodiagnostic de son niveau de maturité, puis élaborera un plan d’actions pour consolider l’offre publique de territoire (parcours de soins, équipes médicales de territoire, activités mutualisées). Piloté par les présidents du comité stratégique et de la commission médicale de groupement, ce plan sera remis à l’Agence début 2027. Il sera suivi d’un dialogue stratégique annuel entre l’ARS et chaque GHT, pour s’assurer de son effectivité, et d’une meilleure prise en compte de la dimension territoriale dans l’évaluation des chefs d’établissement, les investissements et l’allocation des ressources.

Investir pour moderniser l'offre de santé

Depuis le lancement du Ségur de la santé, les Pays de la Loire ont engagé une transformation sans précédent de leurs établissements sanitaires et médico-sociaux. Elle représente plusieurs milliards d'euros de travaux et des dizaines de projets sur tout le territoire, avec des effets déjà visibles pour les patients, les résidents et les professionnels.

Secteur sanitaire : 53 projets validés fin 2025

Les 53 projets portés par les établissements de santé représentent 2,7 milliards d’euros d’investissements, dont 628 millions d’euros d’aides publiques mobilisées.

Ces projets dépassent le seul volet immobilier : ils servent la transformation du système de santé. Ils ont notamment permis :

  • d'engager la modernisation de la majorité des établissements de recours de la région ;
  • de moderniser 9 services d'urgences, qui accueillent 53 % des passages de la région ;
  • d'engager l'ensemble des projets de renforcement des capacités de réanimation ;
  • de modifier durablement l’offre en soins médicaux et de réadaptation (SMR).

Secteur de l'autonomie (2021-2025)

  • 43 projets d'investissement soutenus, pour 706 M€ de coût total d'opérations et 90 M€ de soutien financier ;
  • 3 986 places d'hébergement concernées,
  • 8 tiers-lieux créés au sein des établissements ;
  • près de 216 000 m² rénovés ou reconstruits.

ZOOM SUR UN PROJET : CONVERGENCES, CHU D’ANGERS
Le programme immobilier Convergences illustre la transformation de l’offre de soins soutenue par l’État dans la région. Validé en 2023, il vise à regrouper et réorganiser les urgences, les blocs opératoires, l’imagerie et les soins critiques du CHU d’Angers d’ici 2037, pour un budget de 475,1 M€.

Le projet s’appuie sur un « axe rouge » reliant les urgences, l’imagerie, les blocs opératoires et l’hélistation, afin d’optimiser la prise en charge des urgences vitales. Il se déploie en trois phases successives à partir de 2029, ce qui garantit le maintien de toutes les activités pendant les travaux.

L’État s’engage à hauteur de 129 M€ pour l’ensemble du programme, au travers du Ségur de l’investissement et du Plan national de relance et de résilience. La phase 1, validée en 2023 avec une aide de 65 M€ dont 38 M€ issus du Plan national de relance et de résilience (PNRR), est entrée en chantier : la première pierre a été posée le 8 octobre 2026 en présence de la directrice générale du CHU, du directeur général de l’ARS et du maire d’Angers.


Au total, plus d'une centaine de projets structurants ont été accompagnés ou financés par l'ARS depuis le Ségur.

Accompagner l'émergence des projets

L'ARS soutient les porteurs dès le début de l’émergence d’un projet : 46 études préalables ont été financées, pour 1,55 M€. Elle accompagne également l'intégration des enjeux climatiques, environnementaux et de santé dans les projets immobiliers, notamment à travers le déploiement de la démarche A²BCS et un partenariat régional avec Novabuild consacré au bâtiment durable en santé.


ZOOM sur la démarche A²BCS : le référentiel régional de l'immobilier durable en santé
Portée par l'ARS Pays de la Loire, la démarche A²BCS aide les porteurs de projets à intégrer cinq enjeux clés dans leurs opérations immobilières : Atténuation, Adaptation, Biodiversité, Circularité et Santé environnementale. Elle vise à concevoir des établissements plus sobres, plus résilients et plus favorables à la santé des usagers comme des professionnels.


Transition écologique et sobriété énergétique

L'Agence a initié le dispositif partenarial « Efficacité et Transition énergétique », animé par une quinzaine de conseillers en maîtrise de l'énergie. Depuis 2021, il a sensibilisé 950 établissements et en a accompagné 565 dans leurs plans d'actions de sobriété énergétique. Il a ainsi permis de générer 19,2 M€ d'économies et d'éviter 11 000 tonnes de CO₂ par an, soit l'impact carbone de 25 Ehpad. L'ARS bonifie également ses aides pour mieux prendre en compte la transition écologique et le confort d'été face au changement climatique.

Perspectives

Ce bilan témoigne d'une mobilisation exceptionnelle en faveur de la modernisation du système de santé. L'enjeu est désormais de poursuivre cette dynamique dans la durée. Les investissements se poursuivront, avec un triple objectif : offrir un meilleur accueil aux usagers, améliorer les conditions de travail des professionnels et préparer les établissements aux défis démographiques, sanitaires et environnementaux de demain.
 

Réunie le 4 septembre 2026, la Conférence nationale du handicap (CNH) a réaffirmé une ambition forte : construire une société pleinement accessible. Les priorités portées par la CNH trouvent une traduction directe dans les missions de l’ARS, qui agit pour améliorer l’accès aux soins des personnes en situation de handicap, développer des parcours plus fluides, accompagner la transformation de l’offre médico-sociale et favoriser l’autonomie tout au long de la vie.

En partant des axes présentés par la CNH, l’ARS Pays de la Loire identifie trois engagements :

  • Une société plus inclusive grâce à la transformation de l'offre médico-sociale 

L’ARS impulse une dynamique d’évolution de l’offre de soins grâce à divers leviers d’actions en lien avec les établissements et services : autorisation des structures, financement des projets et planification territoriale de l’offre. Elle soutient les dispositifs de repérage précoce et développe des offres coordonnées. Cela a permis le déploiement de plus de 2 600 solutions nouvelles à l’échelle de la région sur les 4 000 prévus pour la période 2023-2030 dans le cadre du plan « 50 000 solutions ».

  • Un accompagnement de chaque enfant dans son parcours éducatif 

L’ARS intervient également en faveur de l’inclusion des enfants et des jeunes, en soutenant l’offre médico-sociale qui facilite la scolarisation et la continuité des parcours. Elle participe aux actions permettant la scolarisation des élèves en situation de handicap : service d’éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD), autres établissements et services médico-sociaux, partenariats avec l’éduction nationale et coordination avec les MDPH. Dans le prolongement des orientations nationales, l’ARS Pays de la Loire accompagne également le développement des Pôles d’appui à la scolarité (PAS). 10 PAS ont été créés en 2025 et 52 ont ouvert en 2026 – au total, 127 sont attendus au total pour la rentrée 2027. L’ensemble des établissements scolaires publics et privés sous contrat ont vocation à s’inscrire dans cette organisation d’ici la rentrée 2027.

  • Une stratégie renouvelée pour l'autisme et les troubles du neurodéveloppement

La CNH réaffirme enfin la priorité accordée à l’autisme et aux troubles du neurodéveloppement. En Pays de la Loire, l’ARS en assure la déclinaison opérationnelle en finançant le Centre Ressources Autisme (1 587 929 millions d’euros en 2025), en déployant les plateformes de coordination et d’orientation et en soutenant les dispositifs favorisant l’inclusion scolaire. Par exemple, l’ARS Pays de la Loire et le Conseil Départemental de Vendée ont lancé un appel à candidatures pour créer un dispositif d’emploi et d’habitat en milieu ordinaire à titre expérimental pour les personnes présentant des troubles sévères du spectre de l’autisme (TSA).  Cet appel à candidatures s’inscrit dans la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement 2023-2027.
 

Une mobilisation nationale pour l’autonomie

Lancée au printemps 2026 par la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, la mobilisation par et avec nos aînés, dite France Autonomie, doit permettre d’anticiper le pic démographique dans une approche territorialisée. Elle s’appuie sur une concertation renforcée avec les départements et les ARS, qui sont les acteurs de terrain de l’autonomie. L’enjeu est de préparer le pays à la transition démographique : à partir de 2030, les générations nées entre 1945 et 1960 entreront dans le quatrième âge, ce qui accélérera les besoins d’accompagnement de la perte d’autonomie.

Cet accompagnement sera orienté vers six priorités :

  • mieux connaître pour anticiper les besoins ;
  • agir pour vieillir en bonne santé ;
  • valoriser les métiers de l’autonomie ;
  • diversifier les lieux de vie ;
  • accompagner la transformation des EHPAD en Maisons France Autonomie ;
  • aider les aidants.

Phase 1 : un diagnostic de l’offre dans chaque département

Des travaux ont été engagé dans chaque département pour réaliser un diagnostic précis de l’offre et des solutions disponibles pour l’accompagnement de nos aînés ainsi que de construire une vision précise, objectivée et partagée des besoins des personnes âgées.

En Pays de la Loire, la mobilisation des tables tactiques (instances de concertation départementales réunissant l’ARS, le conseil départemental et les acteurs de terrain, chargées de partager le diagnostic de l’offre et d’en décliner la programmation au niveau local) a facilité la remontée de ce diagnostic pour chaque département et a permis de planifier la programmation de l’offre à l’horizon du pic démographique. En mars 2026, l’ARS a ainsi consolidé les données de tous les segments de l’offre (Ehpad, domicile, habitat partagé, etc.).

Phase 2 : projeter les besoins et préparer l’offre de demain

La seconde phase vise à identifier, pour chaque département, les besoins à l’horizon du pic démographique, en croisant analyses quantitatives et qualitatives et concertation locale. Elle se déroule en deux temps :

  • Identifier les solutions à créer. Chaque département a été invité à estimer le nombre et la nature des solutions à développer pour les personnes âgées dépendantes, selon le type d’habitat : typologie des profils de résidents accueillis en EHPAD, renforcement de l’offre domiciliaire, développement de l’habitat partagé.
  • Évaluer le niveau de préparation de l’offre. Chaque segment (EHPAD et unités de soins de longue durée, domicile, soutien aux aidants, accès aux soins et prévention des hospitalisations, publics spécifiques) fait l’objet d’une auto-évaluation : l’offre est-elle adaptée, en cours d’adaptation, insuffisante ou inadaptée ? Les freins majeurs sont identifiés (ressources humaines, financement, attractivité, coordination, reste à charge pour les usagers) ainsi que les conditions de réussite.              

Quelles suites ?

Ces travaux aboutiront à une appréciation globale du niveau de préparation de chaque département au virage démographique. Ils permettront aussi de repérer des initiatives locales inspirantes, de formuler des priorités nationales pour soutenir l’adaptation de l’offre et de proposer des évolutions du cadre réglementaire. Ils alimenteront la Conférence nationale de l’autonomie.

La santé mentale concerne toute la société : le soutien à la parentalité, l'éducation, l'insertion, la lutte contre la stigmatisation. L'ARS agit donc pour mobiliser l'ensemble des acteurs autour d'une réponse collective, tout en renforçant l'offre de soins en psychiatrie, qui en est un maillon essentiel.

Bilan 2026

En 2026, l’ARS a agi sur quatre enjeux : mieux répondre aux situations de crise, soutenir le parcours de rétablissement, coordonner l’ensemble des acteurs et accompagner de nouveaux projets structurants pour la région.

Améliorer les réponses aux situations de crise

  • Les services d'accès aux soins (SAS) psychiatriques couvrent désormais l'ensemble de la région : la Vendée et la Mayenne ont vu leurs projets validés. Des équipes spécialisées en psychiatrie renforcent la régulation du centre 15 pour orienter chaque patient vers la solution la plus adaptée et éviter les passages inutiles aux urgences.
  • L'ARS finance des créneaux de soins non programmés dans les centres médico-psychologiques (CMP), y compris sur des horaires atypiques (le soir après 18h, ainsi que le samedi matin), ainsi que des équipes en appui des services d'urgence. Elle soutient aussi les nouveaux métiers avec 2,1M€ d’aide, notamment pour les infirmiers en pratique avancée (IPA).
  • Une étude régionale sur les CMP, menée en 2026 avec l'Association des directeurs d'établissements de santé mentale (ADESM), dresse un état des lieux de leur activité et de leur organisation et formule des préconisations pour chaque département.

Soutenir le parcours de rétablissement

  • Depuis l'été 2026, la région dispose d'un centre régional de formation de formateurs au programme Bref Réseau Écoute Famille (BREF), porté avec l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) et le Centre de Santé Mentale Angevin (CESAME). Des équipes se déplacent dans les établissements pour former les professionnels, qui proposent ensuite aux proches aidants une formation de deux jours. L'objectif est de soulager les aidants et d'éviter les rechutes.
  • Un volet insertion par l'emploi a été lancé avec la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS), France Travail et le Centre Ressource Handicap Psychique (CReHPsy) : les conseillers et psychologues du travail de France Travail sont sensibilisés à l'accompagnement des personnes en situation de handicap psychique.

Coordonner les acteurs

  • Les Pays de la Loire figurent parmi les régions les plus avancées dans l'élaboration des projets territoriaux de santé mentale (PTSM) de deuxième génération, dont la signature est prévue dans tous les départements d’ici la fin de l’année 2026 (trois sont déjà signés). Les PTSM constituent le cadre de référence pour organiser, à l'échelle départementale, les réponses aux besoins de la population en matière de santé mentale. Ils associent l'ensemble des acteurs concernés : établissements de santé, professionnels libéraux, structures médico-sociales et sociales, collectivités territoriales, associations, usagers et proches aidants.
  • L'ARS encourage les contractualisations entre établissements publics et privés autorisés en psychiatrie, et intègre dans les contrats locaux de santé (CLS) des axes communs pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé mentale.
  • Dans le cadre du plan d'amélioration de la pertinence des soins, une démarche de rapprochement entre médecins généralistes et psychiatres est conduite avec l'Unafam et l'Union régionale des médecins libéraux (URML).

Accompagner de nouveaux projets structurants

  • Renforcement de l’offre en pédopsychiatrie : 8 lits ont ouvert à Nantes en septembre 2025. Une unité de 8 places pour les 15-21 ans ouvrira à Laval en novembre 2026, suivie en 2028 d’une unité de 25 lits pour adolescents au CESAME, à Angers. Enfin, 16 lits supplémentaires seront créés à Daumézon (Service Hospitalier Intersectoriel en Pédopsychiatrie - SHIP 2) d’ici 2029.
  • Prise en charge ambulatoire des enfants et des adolescents : l’ARS a consacré près de 4 M€ en 2025 et 2026 au développement des consultations en CMP, des hôpitaux de jour, des équipes mobiles et des maisons des adolescents, ainsi qu’à l’ouverture de la maison des enfants à Nantes. La région expérimente aussi le Dispositif de détection et d’intervention précoce dans les troubles psychotiques émergents (DIPPE), qui permet de détecter et de prendre en charge précocement les troubles psychotiques émergents.
  • Service d'Hospitalisation et d'Évaluation Régional en Psychiatrie Aigüe (SHERPA) : ce service régional de 15 lits de soins intensifs psychiatriques ouvre ses portes au sein du Centre Hospitalier Georges Mazurelle à La Roche-sur-Yon en Vendée. Il accueille des patients des cinq départements dont les troubles sévères dépassent temporairement les capacités des unités classiques. L’ARS le finance à hauteur de 3,6 M€ en fonctionnement.
  • Etablissement Psychiatrique de Loire-Atlantique Nord (EPSYLAN) et Maine-et-Loire : l’offre d’EPSYLAN se transforme avec la création d’un pôle d’excellence en psychiatrie de la personne âgée, que l’ARS finance. En Maine-et-Loire, elle accompagne la démarche engagée à la suite de l’audit psychiatrique et a confirmé le nouveau projet immobilier de 36 lits en psychiatrie du CH de Cholet.

Perspectives 2027

En 2027, l’ARS poursuivra et amplifiera ces actions autour de cinq axes :

  • Renforcer les filières d'urgences psychiatriques, en poursuivant le soutien aux équipes présentes auprès des services d'urgence et aux équipes mobiles.
  • Améliorer la prise en charge des personnes âgées en situation de handicap psychique, à domicile comme en EHPAD, avec une stratégie régionale s'appuyant sur l'état des lieux de 2026.
  • Renforcer l'offre ambulatoire en psychiatrie et en addictologie, avec l'ADESM, à partir des fragilités identifiées, et lancer en 2027 un appel à projets pour des consultations jeunes consommateurs (CJC) « hors les murs ».
  • Poursuivre l'accompagnement de la réforme du financement de la psychiatrie. Historiquement sous-dotée, la région bénéficie depuis quatre ans d'une enveloppe annuelle de 11 M€ pour renforcer les capacités de prise en charge et réduire les inégalités d'accès aux soins.
  • Développer les stratégies de rétablissement, avec la sensibilisation des structures d'insertion par l'activité économique, le développement de la pair-aidance et la promotion des pratiques orientées vers le rétablissement dans les établissements.

Prévenir et promouvoir la santé pour réduire les inégalités sociales et territoriales

La prévention, un levier pour que chacun ait les mêmes chances d’être en bonne santé

Tous les Ligériens n’ont pas le même accès à la prévention. Selon leur âge, leur situation sociale, leur état de santé ou leur lieu de vie, certains sont plus éloignés des dépistages, de la vaccination ou de l’information en santé. Pour réduire ces inégalités, l’ARS Pays de la Loire fait de la prévention et de la promotion de la santé un axe transversal de son action, avec une priorité : aller vers les publics, au plus près de leurs lieux de vie, notamment dans les établissements scolaires et médico-sociaux, les quartiers et les territoires ruraux.

Faciliter l’accès à la vaccination

La vaccination est un levier majeur de prévention. Chaque automne, l’ARS relaie les campagnes contre la grippe et le Covid-19, en ciblant particulièrement les personnes fragiles et les professionnels à leur contact.

Elle déploie également, avec l’Éducation nationale, la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) et les méningocoques dans les collèges. Gratuite et proposée pendant le temps scolaire, elle facilite l’accès des jeunes à la vaccination. L’Agence accompagne aussi son déploiement dans les établissements et services médico-sociaux, afin de protéger les jeunes qui ne peuvent bénéficier de la campagne en collège, en complément de l’offre des professionnels de santé libéraux.

Mieux informer et faciliter l’accès à la santé sexuelle

L’ARS soutient des actions de promotion de la santé sexuelle auprès des jeunes et des personnes en situation de handicap. Elles abordent les droits, la contraception, la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) et le consentement. L’Agence contribue également à faire connaître les dispositifs facilitant l’accès à la contraception et au dépistage.

Depuis 2023, Intim’agir et Cap’Parents renforcent notamment l’accompagnement des personnes en situation de handicap. Dans le cadre de l’élaboration de sa future stratégie régionale de santé sexuelle, l’ARS entend améliorer l’accès à l’information, à la prévention et aux parcours de santé, avec une attention particulière aux publics les plus vulnérables.

Rendre le dépistage accessible à tous

Détecter une maladie précocement permet une meilleure prise en charge. L’ARS encourage le dépistage des cancers, des IST et du VIH en soutenant les structures et associations qui proposent des dispositifs gratuits, anonymes ou de proximité, y compris hors les murs.

Cette action s’appuie notamment sur le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC), l’Observatoire régional de la santé (ORS) et les comités départementaux de la Ligue contre le cancer. Elle repose sur une mobilisation collective associant l’Assurance Maladie, l’Éducation nationale, les collectivités, notamment dans le cadre des contrats locaux de santé, les professionnels de santé et les associations. En 2026-2027, l’ARS poursuit ses efforts pour que la prévention bénéficie en priorité à ceux qui en ont le plus besoin.

Bouger plus pour vivre mieux et rester en bonne santé

Face à la progression de la sédentarité, l’ARS et la DRAJES Pays de la Loire font de l’activité physique un levier essentiel de santé, de bien-être et de prévention à tous les âges de la vie.

La Stratégie régionale sport-santé 2026-2030 vise à encourager une pratique régulière pour tous, à réduire la sédentarité et à limiter les inégalités sociales et territoriales d’accès à l’activité physique.

Elle prévoit notamment de développer les Maisons Sport-Santé, de renforcer la pratique chez les jeunes, les actifs et les personnes avançant en âge, et de promouvoir l’activité physique adaptée pour prévenir et accompagner de nombreuses pathologies.
L’objectif : permettre à chaque Ligérien de bouger davantage au quotidien pour préserver sa santé, améliorer sa qualité de vie et favoriser son autonomie.

Réduire les inégalités sociales pour mieux prévenir les addictions

Les conduites addictives sont étroitement liées aux conditions de vie. Niveau d’études, situation financière, environnement familial et cadre de vie influencent les consommations de substances psychoactives et les comportements addictifs.

Les données récentes illustrent ces écarts. L’enquête Enabee 2025 montre que le temps d’écran est plus élevé dès la petite enfance chez les enfants de parents moins diplômés. Le Baromètre de Santé publique France 2024 souligne, quant à lui, une prévalence du tabagisme quotidien plus importante chez les personnes les moins diplômées, en situation de précarité financière, ouvrières ou au chômage.

Pour réduire ces inégalités sociales de santé, l’ARS privilégie une approche d’universalisme proportionné : agir auprès de tous, tout en renforçant les moyens auprès des populations les plus exposées. Cette ambition guide le Programme régional de prévention des addictions, qui accorde une attention particulière aux jeunes et aux publics vulnérables.

Le bilan prévention : un rendez-vous gratuit pour devenir acteur de sa santé

Le dispositif national « Mon Bilan Prévention » propose un échange personnalisé et gratuit avec un professionnel de santé à des moments clés de la vie. Il permet d’identifier les facteurs de risque, d’adopter des comportements favorables à la santé et de définir des actions adaptées à chaque situation.

En Pays de la Loire, 11 838 bilans ont été réalisés entre janvier et septembre 2026, soit 27 321 depuis le lancement du dispositif. Près de la moitié concernent les 18-25 ans, 61 % des bénéficiaires sont des femmes et 5 % relèvent de la complémentaire santé solidaire.
Alimentation, activité physique, addictions, sommeil, santé mentale et santé sexuelle font partie des sujets abordés. Le dispositif contribue également à renforcer la vaccination, les dépistages et la prévention des maladies chroniques.

Depuis le 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent eux aussi réaliser ces bilans, aux côtés des médecins, infirmiers, pharmaciens et sages-femmes, afin de renforcer l’accès de proximité à la prévention pour tous les Ligériens.

Prévention et qualité de l’eau potable

En Pays de la Loire, l’eau distribuée au robinet était globalement de bonne qualité en 2025 au regard des principaux paramètres suivis. Cette qualité dépend toutefois de l’état des ressources en eau, dont plusieurs sont fragilisées par les pollutions diffuses. Dans un contexte de changement climatique, la préservation de la ressource, l’anticipation des épisodes de sécheresse et le renforcement du contrôle sanitaire sont essentiels pour sécuriser durablement l’alimentation en eau potable.

Depuis le 1er janvier 2026, le contrôle sanitaire intègre de nouveaux paramètres, dont les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Selon les résultats disponibles, l’eau distribuée dans la région respecte la limite réglementaire applicable aux 20 PFAS recherchés.

Anticiper les tensions sur la ressource en eau

Les épisodes de sécheresse mettent en évidence la nécessité de gérer collectivement et avec sobriété les ressources disponibles. Les enjeux sont particulièrement marqués dans les territoires où l’alimentation en eau potable dépend largement des eaux superficielles. Les faibles niveaux de certaines ressources peuvent aussi rendre plus difficile le maintien d’une qualité d’eau brute adaptée au traitement.

L’ARS suit ces situations en lien avec les préfectures, les services de l’État et les collectivités responsables de la production et de la distribution de l’eau. Selon les territoires, des mesures peuvent être prises pour sécuriser l’approvisionnement, optimiser l’utilisation des ressources existantes ou organiser des transferts d’eau. Les dispositifs activés et les recommandations applicables varient selon la situation locale.

Chacun peut contribuer à préserver la ressource en adoptant des gestes sobres au quotidien. Pour connaître les restrictions et recommandations en vigueur, les habitants sont invités à consulter les informations publiées par leur préfecture et les messages transmis par leur service d’eau.

À plus long terme, les épisodes de sécheresse soulignent l’importance d’intégrer les effets du changement climatique dans les schémas directeurs et les investissements nécessaires à la sécurisation de la production et de la distribution de l’eau potable.

Une eau distribuée globalement de bonne qualité, mais des ressources à protéger

En 2025, l’eau distribuée en Pays de la Loire était globalement de bonne qualité sur le plan microbiologique et au regard des nitrates, des pesticides ainsi que de certains sous-produits de désinfection, notamment les trihalométhanes et les bromates. Chaque année, l’ARS programme plus de 14 000 prélèvements afin de contrôler la qualité de l’eau, depuis la ressource jusqu’au robinet.

Ces résultats doivent être lus en tenant compte de l’état des ressources. Plusieurs d’entre elles sont vulnérables aux pollutions diffuses, notamment agricoles. Lorsque l’eau brute est dégradée, le respect des exigences de qualité de l’eau distribuée peut nécessiter des traitements ou des mélanges de ressources. La prévention des pollutions à la source constitue donc un levier essentiel pour réduire la pression sur les installations de traitement et sécuriser l’approvisionnement dans la durée.
Les résultats du contrôle sanitaire sont accessibles au public. Ils sont notamment présentés dans les informations annuelles sur la qualité de l’eau et sur le site internet de l’ARS Pays de la Loire. Lorsqu’une situation nécessite des mesures particulières, les personnes concernées sont informées et des consignes spécifiques sont diffusées.

Le contrôle sanitaire renforcé depuis 2026

La qualité de l’eau fait l’objet d’une surveillance exercée par les responsables de la production et de la distribution de l’eau, ainsi que d’un contrôle sanitaire assuré par l’ARS dans le cadre prévu par le Code de la santé publique. Depuis le 1er janvier 2026, ce contrôle a été élargi à de nouveaux paramètres, dont les PFAS et certains sous-produits de désinfection, afin de renforcer la surveillance sanitaire.

Depuis le 1er janvier 2026, les 20 substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), composés chimiques très persistants présents dans de nombreux produits du quotidien, sont recherchés dans le contrôle sanitaire de l’eau en Pays de la Loire, dans les ressources comme dans l’eau distribuée. L’eau distribuée par l’ensemble des stations respecte la limite réglementaire, même si des PFAS ont été détectés en sortie de quelques stations, à des niveaux conformes. Deux substances supplémentaires, le TFA et le 6:2 FTSA, seront ajoutées à la surveillance en 2027.

Des situations locales peuvent nécessiter des restrictions ciblées

Même lorsque la qualité de l’eau distribuée est globalement satisfaisante à l’échelle régionale, des situations localisées peuvent nécessiter des mesures de gestion et une information spécifique des usagers. En 2026, une restriction d’usage liée à la présence de nitrates a été instaurée dans le secteur de Dollon, en Sarthe. Par ailleurs, plusieurs situations ponctuelles de contamination au chlorure de vinyle monomère (CVM) ont été relevées en Sarthe et en Mayenne.

Le CVM est une substance pouvant migrer dans l’eau à partir de certaines anciennes canalisations en PVC. Les responsables de la production et de la distribution de l’eau doivent repérer les canalisations à risque, suivre les non-conformités confirmées, mettre en œuvre les mesures de gestion adaptées et informer les personnes concernées.

Un épisode ponctuel de concentrations élevées en manganèse est également survenu en Vendée en juillet 2026 – ce dernier avait conduit à informer les abonnés concernés et à distribuer de l’eau embouteillée. 

Les priorités d’action de l’ARS

Pour répondre aux enjeux actuels et anticiper ceux à venir, l’ARS Pays de la Loire poursuit et renforce son action autour de priorités complémentaires :

  • Poursuivre, avec les préfectures et les collectivités, le suivi des tensions sur la ressource en eau et des mesures prises pour sécuriser l’alimentation.
  • Renforcer le suivi des résultats du contrôle sanitaire et accompagner les responsables de la production et de la distribution de l’eau confrontés à des enjeux de qualité.
  • Poursuivre l’intégration des nouveaux paramètres de surveillance, notamment les PFAS, selon le calendrier réglementaire applicable.
  • Veiller à la sécurité sanitaire de l’eau et accompagner l’anticipation des effets du changement climatique sur la ressource, la production et la distribution.
  • Rappeler l’importance de la sobriété des usages et de la protection préventive des ressources destinées à l’eau potable.

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