Moustique tigre Aedes albopictus

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Le moustique Aedes albopictus colonise progressivement le territoire métropolitain depuis 2004. Il est le vecteur potentiel d'arboviroses, comme le chikungunya, la dengue ou Zika. Quelle est la surveillance mise en place et comment éviter sa prolifération ?

 

Nous vous invitons à faire preuve de la plus grande prudence quant aux informations diffusées par des sites à caractère commercial (notamment le site vigilances-moustiques) et vous rappelons que les seules cartes officielles de diffusion du moustique tigre en France métropolitaine sont  disponibles sur le site du ministère en charge de la santé.

L’Agence régionale de santé, en lien avec le préfet et les collectivités locales, organise en Pays de la Loire* :

  •  la surveillance entomologique des insectes vecteurs et l'intervention autour des nouvelles implantations
  • ainsi que les mesures en matière de prospection, traitement et travaux autour des lieux fréquentés par les cas humains.

Depuis le 1er janvier 2020, l’ensemble des départements français métropolitains est considéré comme à risque face à l’implantation d’Aedes albopitcus. La double surveillance de l’implantation du moustique et de l’apparition d’arbovirose s’exerce désormais dans tous les départements que le moustique y soit ou non implanté. Toutefois, les mesures y sont graduées en fonction du niveau de colonisation par le moustique.

    L’implantation d’Aedes albopictus en Pays de la Loire est récente. Fin 2020, huit communes étaient considérées comme colonisées :

    • en Loire-Atlantique : Le Pellerin et Saint-Sébastien-sur-Loire depuis 2019,
    • en Maine-et-Loire : Trélazé depuis 2017, Chacé (commune de Bellevigne-les-Châteaux) depuis 2018 et Les Garennes sur Loire depuis 2020
    • en Mayenne : Château-Gontier-sur-Mayenne depuis 2020.
    • en Vendée : Fontenay-le-Comte depuis 2015 et Sainte-Hermine depuis 2019.

    Consulter la carte de répartition du moustique tigre en France métropolitaine.

    Au terme de l’année 2020, 64 départements étaient considérés comme colonisés, dont 54 faiblement colonisés (où le moustique est implanté dans moins de 40% des communes) parmi lesquels la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, la Mayenne et la Vendée.  

    Une surveillance particulière du moustique tigre est mise en place en métropole du 1er mai au 30 novembre de chaque année.

    Cette surveillance repose :

    • sur la mise en place de pièges et leur observation régulière en différents points du territoire en milieu urbain afin de d’éviter l’implantation de nouvelles espèces de moustique, notamment Aedes albopictus, ou surveiller leur extension dans les zones où ce moustique est déjà implanté.
    • le recueil de signalements citoyens via signalement-moustique.fr
    • l’investigation autour des cas d’arboviroses (dengue, chikungunya, zika), pour limiter le risque de rencontre entre un moustique vecteur et une personne malade. En Pays de la Loire, jusqu’alors, il s’agit de cas humains importés (maladie contractée hors de métropole).

    Pour cette surveillance, l’ARS Pays de la Loire s’appuie sur le laboratoire Inovalys pour les départements de Loire Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne et Sarthe et sur le Laboratoire de l’Environnement et de l’Alimentation de la Vendée (LEAV).

     

    * Cette mission est encadrée par le décret n° 2019-258 du 29 mars 2019 relatif à la prévention des maladies vectorielles et l’arrêté du 23 juillet 2019 relatif aux modalités de mise en œuvre des missions de surveillance entomologique, d’intervention autour des détections et de prospection, traitement et travaux autour des lieux fréquentés par les cas humains de maladies transmises par les moustiques vecteurs a été publié.

    Le moustique  Aedes albopictus  est un moustique d'origine tropicale, également appelé moustique tigre en raison des zébrures contrastées noires et blanches qui parcourent son corps effilé et d'une ligne blanche sur le thorax. Il est de petite taille, environ 5mm. Source de nuisances, il pique surtout le jour et sa piqûre est douloureuse. Son expansion est mondiale, favorisée par le développement des transports internationaux.

    Attention : d’autres espèces de moustiques sont plus ou moins « zébrées » et peuvent être confondues avec notre moustique « tigre » (plus d’informations sur le portail de signalement du moustique tigre).

    Pour le reconnaître : 

    • Il est rayé noir et blanc (corps et pattes)
    • Une ligne blanche parcourt sa tête et son thorax
    • Sa piqûre est douloureuse
    • Il pique durant la journée (ce n'est pas lui qui vous empêche de dormir la nuit !)

    Tous les moustiques n’occupent pas la même niche écologique. Le moustique tigre est adapté à l'environnement humain et se développe préférentiellement dans des environnements péri-urbains, ainsi que dans des zones urbaines très denses. Il se développe dans toutes sortes de récipients et réservoirs artificiels où l'eau peut stagner : vases, pots, fûts, bidons, bondes, rigoles, avaloirs pluviaux, gouttières, terrasses sur plots...

    Pour tester vos connaissances sur le moustique tigre, n'hésitez pas à télécharger le "quizz Vrai-Faux" sur le moustique tigre ci-dessous.

    L’ensemble de la population peut participer à la surveillance de cette espèce afin de mieux connaître sa répartition. Il s'agit d'une action citoyenne permettant de compléter les actions mises en place.

    Rendez-vous sur le site www.signalement-moustique.fr où un questionnaire vous permettra de vérifier rapidement s'il s'agit bien d'un moustique tigre.

    Chaque citoyen peut être un acteur de la lutte contre la prolifération de ce moustique par le signalement de sa présence et la mise en œuvre de mesures de prévention simples.

    Délogez les squatteurs !

    Le moyen de prévention le plus efficace contre la prolifération des moustiques repose sur la destruction mécanique des gîtes larvaires, c'est-à-dire des lieux de ponte.

    Pour que le moustique puisse proliférer, deux facteurs sont indispensables :

    • La présence d’eau stagnante
    • Une température minimum afin que les œufs puissent éclore

    Le moyen de prévention le plus efficace contre la prolifération des moustiques repose sur la destruction mécanique des gîtes larvaires, c'est-à-dire des lieux de ponte.

    Les bons gestes : enlever tous les objets abandonnées dans la jardin. Vider les soucoupes, les vases, les seaux. Remplir les soucoupes avec du sable. Entretenir le jardin. Vérifier le bon écoulement des eaux de pluie. Couvrir toutes les réserves d'eau

    Les bons gestes à adopter pour éviter la prolifération du moustique tigre :

    • enlever tous les objets abandonnés dans le jardin qui peuvent servir de récipient,
    • vider une fois par semaine les soucoupes, vases, seaux,
    • remplir les soucoupes des pots de fleurs avec du sable,
    • vérifier le bon écoulement des eaux de pluie (gouttières...),
    • entretenir le jardin
    • couvrir toutes les réserves d'eau.

    Evitez les piqûres !

    Portez des vêtements couvrants et amples : Ce sont des mesures très efficaces pour réduire l’exposition aux piqûres. Veillez à bien protéger les pieds et chevilles. L’imprégnation des vêtements par des insecticides renforce cette protection !

    Utilisez des produits anti-moustiques : Ils contiennent un principe actif qui éloigne les insectes sans toutefois les tuer : à appliquer sur toutes les parties découvertes du corps (sauf muqueuses et lésions cutanées étendues) et à renouveler régulièrement.
    Renseignez-vous auprès de votre pharmacien pour plus d'information.

    Protégez-vous à l'intérieur de votre habitat :

    • Equipez les portes et fenêtres de moustiquaires, l'emploi de moustiquaires de berceau est le moyen prioritaire de protection efficace des nourrissons et des jeunes enfants.
    • Utilisez des répulsifs comme les diffuseurs électriques,
    • Utilisez les tortillons fumigènes à l’extérieur ou dans une pièce correctement aérée.
    • Les moustiques n'aimant pas les endroits frais, la climatisation est également un bon moyen de protection individuelle et collective

     

     

    Informez-vous avant de partir

    Si vous êtes en partance pour une zone de circulation des virus de la dengue, du chikungunya ou zika :

    • Consultez les "Conseils aux voyageurs" du site du ministère en charge des affaires étrangères et le dépliant "Voyagez en adoptant les bons gestes" à télécharger ci-dessous.
    • Si vous êtes enceinte, consultez votre médecin avant le départ.

    Durant votre séjour et à votre retour en Métropole - Evitez les piqûres !

    Eviter les piqûres de moustiques, c’est protéger notre santé et celle de notre entourage.
    Aucune mesure n'est efficace à 100% et c'est la somme de mesures individuelles et collectives qui permet de faire diminuer la transmission.

    Pourquoi mettre des produits insecticides sur mes vêtements ou sur les moustiquaires ? 
    Ces produits évitent les piqûres au travers des vêtements. Une seule imprégnation suffit pour deux mois et persiste après plusieurs lavages. Les produits insecticides courants, à base de perméthrine, sont utilisables chez les femmes enceintes.

    Avant d'acheter ou d'utiliser des produits anti-moustiques :

    • Demandez conseil à un pharmacien surtout en ce qui concerne les enfants et les femmes enceintes. Lisez bien la notice avant toute application. Evitez de les appliquer sur le visage et les mains des jeunes enfants.
    • Demandez l’avis du médecin traitant pour l’enfant de moins de 30 mois et en cas d’antécédents de convulsions. 

    Consultez la liste des répulsifs recommandés par le Ministère chargé de la santé (à télécharger ci-dessous).

    Durant votre séjour et à votre retour en Métropole - Consultez un médecin si...

    ...vous ressentez les symptômes suivants :

    • Fièvre brutale
    • Douleurs musculaires ou articulaires
    • Maux de tête
    • Eruption cutanée
    • Conjonctivite

    Communes

    Les maires sont des acteurs clé de la lutte antivectorielle. En effet, au titre de l’article R1331 13 du code de la santé publique, dans le cadre de leurs compétences en matière d’hygiène et de salubrité, ils peuvent prendre toutes les mesures visant à prévenir l’implantation et le développement d’insectes vecteurs sur le territoire de leur commune :

    • Sensibiliser la population aux bons gestes de prévention,
    • Mettre en place, dans les zones urbanisées, un programme de recensement, de traitement et de contrôle des espaces publics (ex : jardins publics, cimetières, etc.),
    • Prescrire aux propriétaires de terrains bâtis ou non bâtis les mesures nécessaires pour lutter contre l’insalubrité que constitue le développement des insectes vecteurs dans les zones urbanisées,
    • Désigner un référent technique chargé de veiller et de participer à la mise en œuvre de ces missions.

    Pour vous aider l’ANSES met à disposition un "guide à l'attention des collectivités souhaitant mettre en œuvre une lutte contre les moustiques urbains vecteurs de dengue, de chikungunya et de zika". Ce guide est antérieur aux décret et arrêtés de 2019, toutefois les recommandations restent applicables.

     

    Etablissements de santé

    Les opérations de surveillance entomologique intègrent un réseau de pièges pondoirs positionnés dans des secteurs indemnes de présence du moustique Aedes albopictus et au niveau de certains sites sensibles au regard du risque de transmission d'une des maladies qu'il peut transmettre.

     Les établissements de santé font partie des sites sensibles. En effet, la possible présence sur un même lieu et au même moment du vecteur et de personnes virémiques venues en consultation et/ou hospitalisées, fait courir le risque d’une possible initiation d’une chaîne de transmission locale d’une de ces arboviroses.

    C’est pourquoi, à la demande de l’ARS, Inovalys (ou le LEAV) réalise :

    • Réalise un diagnostic sur l’éventuelle présence de gites larvaires favorables à la reproduction du moustique tigre au niveau des espaces extérieurs de l’établissement et un plan d’intervention, s’il s’avère nécessaire de mettre en œuvre des actions de lutte anti-vectorielle,
    • Installe des pièges pondoirs, en extérieur, dans l’enceinte de l’établissement qui sont relevés mensuellement. En cas de détection du moustique tigre, une investigation entomologique visant à identifier les gites de reproduction est menée.

    Ces interventions sont financées par l’ARS.

     

    D’après les connaissances actuelles, le nouveau coronavirus ne peut pas être transmis par les piqûres de moustiques. (Source : OMS)

    Voir Aussi