Les nitrates sont naturellement présents dans l’environnement. En l’absence d’apports d’origine humaine (rejets urbains, industriels ou agricoles), leurs concentrations dans les eaux demeurent en deçà de 10 mg/L.
En Pays de la Loire, la contamination de la ressource en eau provient principalement du lessivage des engrais azotés et des fertilisants organiques qui peuvent être présents en excès dans les sols (car non exportés par les plantes).
Les nitrates sont également présents dans les légumes (certains en contiennent plus de 1 500 mg/kg) ou dans les additifs de salaisons. D’après l’ANSES (avis du 22 juillet 2022), la part liée à l’eau dans l’alimentation totale est comprise, en général, entre 20 % (enfants) et 23 % (adultes). Pour les unités de distribution dont la concentration moyenne est à 50 mg/L (la limite de qualité), cette part liée à l’eau passe à environ 50 %.
Dans l’organisme humain, les nitrates se transforment en nitrites. Ces derniers peuvent présenter un risque pour la santé, par modification des propriétés de l’hémoglobine du sang, empêchant un transport correct de l’oxygène par les globules rouges.
Chez les très jeunes enfants (moins de 6 mois), cette maladie, appelée méthémoglobinémie, peut provoquer des cyanoses parfois sévères. Les femmes enceintes et les nourrissons sont les populations les plus sensibles.
Afin de protéger les populations les plus sensibles (nourrissons et femmes enceintes), la réglementation européenne et française fixe une limite de qualité pour les nitrates de 50 mg/L au robinet du consommateur.
En cas de dépassement de ce seuil, la consommation de l’eau est déconseillée uniquement pour les femmes enceintes et les nourrissons. Dans le cas d’un dépassement chronique de la limite de qualité, des dérogations temporaires à cette limite de qualité peuvent être accordées par le préfet sur la base d'un programme d'amélioration de la qualité, présenté par la collectivité distributrice.
Au-delà de 100 mg/L, toute la population est concernée par la restriction de consommation. Aucune dérogation n’est possible.
Ce paramètre est recherché au niveau de la ressource ainsi qu’en distribution après traitement. Les fréquences varient en fonction du volume d’eau distribuée.
Lorsque cela est possible, des mesures pour permettre un retour à la conformité de l’eau distribuée peuvent être mises en place comme la dilution avec une ressource préservée, l’achat d’eau à une autre collectivité. A moyen terme, un traitement de l’eau peut également être mis en place.
Cependant, les actions les plus pertinentes et efficaces dans le temps restent les actions visant à protéger les ressources en eau.





