Coronavirus (Covid-19) : Bulletin d'information régional

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Coronavirus (Covid-19) : points de situation pour la région Pays de la Loire
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A partir du lundi 22 juin 2020, le bulletin sera publié uniquement les mardis et vendredis. L'évolution positive de la situation épidémique en Pays de la Loire et des indicateurs montre qu'il n'est plus pertinent de communiquer chaque jour ces chiffres.

 

Téléchargez le Bulletin d'information COVID-19 Pays de la Loire : 

L’épidémie de CoVID en Pays de la Loire se poursuit essentiellement sous forme de clusters.

Les indicateurs de suivi de l’épidémie restent orientés à la baisse : le taux de passage aux urgences pour suspicion de COVID 19 continue à baisser. Bien au-dessous des 6% jugés nécessaires pour envisager, le 11 mai dernier, le dé confinement.

Il est même égal à 0% certains jours et cela varie très faiblement d’un jour à l’autre et d’un département à l’autre.

Nombre quotidien de passages aux urgences et part d’activité (%) pour suspicion de COVID-19 par classe d’âges, établissements non constants sur la période du 24 février à la journée d’hier (source :Oscour® - SurSaUD®)

Taux de passages aux urgences pour suspicion de COVID-19 parmi les passages auxurgences toutes causes codées, par département le 21 juin (source : Oscour® - SurSaUD®)

 

Département 44 49 53 72 85
% 0,5% 0,9% 0,0% 0,3% 0,0%

La circulation du virus est donc devenue très faible.

Mais l’identification chaque jour de nouveaux cas signifie qu’il continue à circuler, même à bas bruit.

Or, compte tenu de l’immunité probablement très faible de la population, l’épidémie peut reprendre à tout moment, si le respect des mesures barrière et de distanciation se relâche.

Il est donc extrêmement important de maintenir l’épidémie sous contrôle.

 

Et pour cela, il est essentiel de suivre au jour le jour l’apparition de nouveaux cas, pour identifier très précocement le démarrage d’une deuxième vague.

Comment savons qu’elle est sous contrôle ? Comment saurions-nous qu’une deuxième vague se forme ?

Une deuxième vague se manifesterait par une brusque accélération du nombre de cas, doublant tous les deux trois jours, sur un territoire ou au sein d’une population particulière.

Et dont les cas pourraient être, du moins au début, reliés entre eux.

Témoignant au sein du foyer, ainsi repéré, d’une circulation intense du virus, prêt à « enflammer » (en terme d’épidemie) très rapidement le reste de la population de proche en proche.

Il s’agirait, alors, dans ce territoire ou dans cette population circonscrite, d’intensifier le dépistage pour s’assurer que tous les cas, potentiels transmetteurs du virus, sont bien identifiés, ainsi que leurs contacts et qu’il leur est proposé de s’isoler du reste de la population le temps qu’il ne soit plus contagieux.

En l’absence de traitement et de vaccin, c’est ainsi que l’on reprend le contrôle de l’épidémie. Et que l’on évite un re confinement généralisé.

C’est tout le sens du travail de l’ARS des PDL de repérage systématique des clusters et de dépistage préventifs pour en anticiper l’apparition.

Or sur notre territoire depuis le dé confinement et la mise en œuvre du contact tracing, le virus a circulé à un moment ou l’autre dans un grand nombre de territoires de notre région.

Les tests positifs sont enregistrés systématiquement, sitôt les résultats produits par les laboratoires, dans notre système d’information dédié SI-DEP.

Leur répartition géographique nous permet de suivre dans l’espace et dans le temps l’intensité et la répartition des personnes ayant présenté un test positif depuis le 11 mai. (Carte 1).

Cependant cette carte représente la localisation du lieu d’habitation de toutes les personnes ayant présenté un test positif cumulés depuis le 11 mai.

Carte 1 : nombre de personnes avec un test PCR positif par territoire de code postaux, cumulés depuis le 11 mai.

Bien entendu, ces nouveaux cas sont apparus de façon étalée dans le temps, de moins en moins fréquents, comme en en témoignent les courbes évoquées plus haut.

Carte 2 Nombre de personnes avec un test PCR positif par territoire de code postaux, dans les 7 jours précédents le 23 juin.

Sur les 7 dernier jours, (Carte 2) le virus a circulé de proche en proche dans des chapelets de territoires plus ou moins reliés dans l’espace, dans et autour de chacune des grandes agglomérations, et le long du sud du Maine et Loire et du nord de la Vendée. Et quelques communes du nord de la Mayenne, du sud-est de la Sarthe et du sud de la Vendée.

C’est parmi ces territoires que nous avons identifiés des foyers épidémiques, des clusters.

Quelle est la part relative de la circulation du virus à bas bruit dans la population générale et l’apparition de foyers de cas groupés concernant une population spécifique ?

Quels éléments communs aux personnes appartenant à un même cluster peuvent être retenus pour comprendre comment circule le virus et mieux prévenir sa diffusion ?

Telles sont les questions qui sous-tendent le travail de l’agence qui analyse les clusters et déploie des dépistages.

A ce jour, nous avons identifiés 30 clusters en Pays de la Loire dont 7 concernent des EHPAD.

Mais tous ces clusters ne sont pas apparus en même temps ni ne sont encore actifs.

Parmi ces clusters,

  • Un quart d’entre eux sont actuellement en cours d’investigation. Cela veut dire que l’on a identifié plus de trois cas dans un même groupe de population et que l’on cherche à identifier systématiquement d’autres cas, symptomatiques ou non, autour d’eux et de les relier entre eux jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de nouveaux cas qui n’apparaissent.
     
  • Un quart d’entre eux sont considérés comme maîtrisés. Cela veut dire qu’il n’y a plus de nouveaux cas qui sont apparus alors que le derniers cas connu date de plus de 7 jours. Ce qui signifie que la progression s’est arrêtée.
     
  • La moitié d’entre eux sont désormais clôturés. Cela veut dire qu’il n’y a plus de nouveaux cas à la fin de la quatorzaine du dernier cas ou contact du cluster. On considère alors que puisque plus personne n’est contagieux au sein du cluster à l’issue de la quatorzaine, le foyer ne peut plus se rallumer seul. Pour que l’épidémie reprenne, il faut qu’un nouveau cas index y soit introduit. On peut alors lever la surveillance systématique du foyer. le cluster est dit clôturé.

Le plus important à ce jour est que nous n’avons identifié nulle part de cluster ayant entraîné une diffusion communautaire.

Il semble que c’est plutôt à partir de la circulation à bas bruit, de proche en proche, du virus au sein de la population générale qu’éclosent des clusters, lorsque les conditions d’une circulation plus intense du virus sont favorables.

Quel est donc la part des clusters dans le taux d’incidence de l’épidémie et quelle est la part de circulation dans la population générale ?

La partie gauche du graphique ci-dessous représente, en noir, la courbe des nouveaux cas quotidiens (en moyenne lissée sur 7 jours) pendant la phase intense de l’épidémie.

La partie droite du graphique ci-dessous représente la courbe épidémique depuis le dé confinement et surtout depuis la mise en œuvre du contact tracing et d’une stratégie de dépistage intensifiée par la disponibilité très grande de tests.

La capacité a été multipliée par 20 entre le début de l’épidémie et le dé confinement.

Nombre quotidien de personnes présentant un test positif (Trait pointillé nombre quotidien. Trait plein moyenne sur 7 jours) à partir du 11 mai, en vert foncé clusters compris, en bleu clair sans les clusters. (Source SIDEP à compter du 11 mai).

Les deux parties du graphique ne sont pas comparables puisque pendant toute la période du confinement du 17 mars au 11 mai, seule une partie des patients malades étaient testés.

En effet, il n’y avait pas besoin d’identifier tous les cas puisque l’ensemble de la population était confiné.

Sitôt le dé confinement il fallait pouvoir identifier tous les cas et leurs contacts pour les confiner sélectivement afin d’interrompre les chaînes de transmission.

La courbe verte, supérieure représente quotidiennement le nombre de personnes identifiées comme positives (en moyenne lissée sur 7 jours) depuis la mise en œuvre du contact tracing et des dépistages.

La courbe bleue inferieure représente la même donnée, mais sans les personnes testées positives constituant un cluster.

La partie du graphique entre la courbe bleue et la courbe verte représente la part des clusters et la partie du graphique sous la courbe bleue représente la part de la circulation du virus en population générale sans les clusters.

Les personnes identifiées positives au sein de clusters représentent environ le tiers des personnes testées positives.

Si nous voulons identifier plus rapidement ces clusters pour les éteindre plus vite, voire les empêcher d’apparaitre en dépistant à l’avance là où ils ont le plus de chances d’apparaitre, il nous faut comprendre quelles sont ces conditions favorables à leur éclosion.

Les clusters se forment logiquement là où la promiscuité est plus intense et la distanciation plus difficile à observer.

 

Parmi les 30 clusters, la majorité des concerne des regroupements de personnes partageant des conditions d’habitat ou de travail, parfois cumulées, qui ne permettent pas ou difficilement le respect des gestes barrières et de la distanciation.

Ce sont des lieux de vie regroupant des personnes à risque : 7 clusters concernent des EHPAD. Et 4 des établissements d’hébergement social ou médicosocial.

Le milieu scolaire ou les crèches concerne 3 clusters. Mais alors ce sont les adultes qui sont concernés qui se contaminent durant les pauses où la vigilance se relâche. Les enfants sont très peu ou pas touchés.

3 clusters concernent des personnes vulnérables dont les conditions de vie entraînent une grande promiscuité : foyers de migrants, campements …

3 clusters concernent le milieu familial élargi. Il s’agit alors de plusieurs familles vivant en grandes interactions et regroupant de nombreuses personnes.

5 clusters concernent des établissements de santé.

Enfin 5 clusters concernent le milieu professionnel, en particulier les abattoirs.

Le dénominateur commun de la circulation du virus est la promiscuité des conditions de vie ou de travail, parfois les deux. Et il est encore difficile de faire la part des choses.

Nous sommes donc particulièrement vigilants concernant les travailleurs saisonniers et les travailleurs intérimaires dont les conditions d’hébergement, temporaires parce que le travail est temporaire, regroupent de nombreuses personnes dans de petits espaces confinés de logements, ou de covoiturages. Des conditions idéales pour la circulation du virus.

C’est pourquoi l’ARS avec ses partenaires sur le terrain, élus, associations, employeurs, services de l’Etat met en œuvre des dépistages systématiques les orientés vers les situations les plus à risque afin d’anticiper la diffusion du virus et l’apparition de clusters.

Surtout, garder le contrôle de l’épidémie !

La circulation du virus dans la population décroît lentement.

Si nous anticipons, repérons et éteignons systématiquement très précocement chaque cluster, alors leur émergence devrait devenir plus difficile.

Reste le risque majeur que représentent les grands rassemblements qu’il faut encore différer.

C’est à ce prix que nous pourrons contrôler l’épidémie si nous ne voulons pas que l’épidémie reprenne le contrôle nos vies par un re confinement local ou généralisé.

D’autres pays s’y trouvent confrontés aujourd’hui.

Avec le temps nous viendrons à bout du virus pour reprendre une vie sociale plus intense.

Ne relâchons pas nos efforts.

Nous publions aujourd’hui le 100ème bulletin d’information de l’Agence Régionale de Santé des Pays de la Loire concernant l’épidémie de Covid19.

Nous venons de franchir le seuil du premier mois, après la mise en œuvre d’un dé confinement prudent et progressif.

La vie économique et sociale reprend. Chacun/e souhaite, légitimement, reprendre les interactions sociales ancrées dans notre culture et nos modes de vie.

Mais après l’épreuve collectivement traversée, nous devons également être bien conscient que tout doit être fait pour ne pas laisser l’épidémie reprendre le contrôle de nos vies.

La réponse est simple.

Il s’agit de garder l’épidémie sous contrôle.

Mais sa mise en œuvre est extraordinairement complexe.

Il nous faut apprécier quelles sont les perspectives d’évolution de l’épidémie.

Et nous assurer en permanence que nous la maîtrisons.

Que nous disent les données que nous scrutons jour après jour à cet effet ?

A l’échelle ‘macro’, pays après pays, région après région, l’épidémie suit une courbe décroissante lente mais continue.

Dans tous les pays touchés, les uns après les autres, on assiste à la même dynamique épidémique : quelques semaines après l’introduction d’un premier cas, le nombre de nouveaux cas augmente rapidement, saturant les services hospitaliers et tout particulièrement les lits de réanimation. Puis, en fonction de la rapidité et de l’efficacité avec laquelle la distanciation et les mesures barrières sont mise en place, la courbe atteint un plateau puis décroit rapidement d’abord puis plus lentement mais continuellement.

La courbe des décès suit la même forme, plus ou moins marquée, dans tous les pays (graphique 1).

 

A l’échelle ‘méso’, dans la région des PDL, le taux de passage aux urgences des cas suspects de Covid 19, un indicateur du dé confinement, reste orienté à la baisse.

Le 11 juin, un mois jour pour jour après le dé confinement, le taux de passage aux urgences pour suspicion de Covid est à 0,9%, bien inférieur aux 6% déterminés au 11 mai, comme seuil de vigilance, pour le dé confinement.

Cet indicateur ne reflète cependant que la part des patients qui se manifestent spontanément dans les services d’accueil des urgences des établissements de santé.

C’est dans les services hospitaliers que s’exerce la pression la plus aigüe de l’épidémie sur le système de santé. Elle met en effet en tension le système, en raison de l’afflux massif de nouvelles admissions, simultanément en termes de volume et en termes de concentration dans les temps.

Fort heureusement dans notre région, au pic de l’épidémie, le nombre de personnes hospitalisées en réanimation n’a pas excédé la capacité en lits qui avait été très fortement accrue et anticipée grâce à la mobilisation de toutes les équipes hospitalières et à la redistribution, sous l’égide de l’ARS, de l’activité, des moyens matériels et des professionnels entre tous les établissements, quels que soient leur statut, public ou privé. Une coopération exemplaire.

On observe à nouveau la même forme de courbe épidémique. Aujourd’hui il n’y a plus que 265 patients hospitalisés dont seulement 13 en réanimation. Aucune nouvelle entrée en réanimation ne s’est présentée au cours des 7 derniers jours.

Nous enregistrons également dans le graphique ci-dessous le nombre de nouveau cas quotidiens qui reflète l’intensité de l’épidémie au jour le jour.

Cependant, il ne représente que les personnes qui ont été quotidiennement testées positives par le test PCR.

Il est donc évidemment très dépendant de l’intensité du dépistage par les tests et de la stratégie de dépistage, c’est-à-dire des critères de décision pour réaliser un test.

Pour mémoire, dans la phase 2 de l’épidémie, entre le 27 février et le 17 mars, alors que cherchions à identifier les nouveaux cas qui pénétraient sur le territoire régional à partir de l’étranger ou venant de clusters d’autres régions, nous testions systématiquement tous les cas pour les isoler en les hospitalisant, ainsi que leurs contacts.

Puis lors de la phase 3, le nombre de nouveaux cas, l’incidence, calculée sur 7 jours dépassant 10 pour 100 000 habitants, témoignant de la circulation intense du virus, les personnes présentant les symptômes compatibles avec le diagnostic ne nécessitaient plus d’être testés pour être diagnostiqués Covid 19.

Il n’était plus nécessaire de les identifier pour les confiner sélectivement, puisque la décision avait été prise de confiner toute la population.

Le diagnostic par PCR restait cependant approprié, pour diagnostiquer les personnes éventuellement contaminées, qui continuaient à travailler. Les personnels soignants en particulier afin de prendre les mesures appropriées pour éviter qu’ils ne contaminent des personnes malades.

Comme nous l’expliquions dans nos commentaires, le nombre de cas positifs ne représentait pour autant que les personnes testées. En revanche la courbe épidémique reflétait bien la dynamique de l’épidémie.

Ce qui importait pour son contrôle était de mesurer sa vitesse de croissance, afin de bien anticiper et de calibrer les moyens hospitaliers pour les personnes susceptibles de devoir bénéficier de la réanimation.

Ce suivi nous a permis de bien repérer le pic épidémique, puis de confirmer la décroissance de l’épidémie.

Puis lors de la phase de dé confinement, la reprise de l’épidémie étant redoutée, il fallait être sûr d’en maitriser l’évolution.

La multiplication, par 20, de la capacité de dépistage, développée en anticipation pendant la phase de confinement permettant de tester largement pour isoler sélectivement les cas confirmés et leurs contacts était une condition pour autoriser de façon maîtrisée la levée du confinement généralisé.

La stratégie de dépistage a donc une fois encore évolué à compter du 11 mai pour répondre au risque de reprise épidémique en s’appuyant sur cette capacité de tests accrue.

L’échelle du dépistage change alors. Il s’agit dans toute la mesure du possible de tester tous les cas symptomatiques, même avec des symptômes mineurs. Puis, dès confirmation du test, d’identifier leurs contacts, de les tester eux-mêmes. Afin d’isoler toutes les personnes susceptibles d’être contagieuses. C’est ce que l’on appelle le contact-tracing.

L’objectif est d’interrompre le plus précocement possible toutes les chaînes de transmission.

Lors de la période précédente, il n’était pas indispensable de repérer systématiquement chaque malade pour contrôler l’épidémie puisque la plupart des personnes était isolée par le confinement général. Tous les malades n’étaient pas testés. Le nombre de cas repérés par un test positif est très inférieur au nombre de cas réels dans la population.

Lors du dé confinement, avec le dépistage systématique de toute personne présentant des symptômes, le nombre de personnes testées s’accroit logiquement de manière très importante et par conséquent le nombre de personnes testées positives est alors plus élevé : ‘Plus on cherche, plus on trouve’.

L’interprétation des données et des courbes doit donc en tenir compte.

Le graphique ci-dessous montre la courbe des nouveaux cas au jour le jour (ligne bleue lissant les résultats en les exprimant sous forme de moyenne lissée sur 7 jours) depuis le début de l’épidémie jusqu’au déconfinement.

Elle reflète l’impact du confinement sur le contrôle de l’épidémie.

Puis il montre la courbe des nouveaux cas liés à la stratégie de contact-tracing (ligne verte) à compter du 11 mai.

Evolution du nombre de cas positifs en PDL depuis le 27 février jusqu’au 10 juin (en pointillé) et de sa moyenne sur 7j glissant (trait plein). En bleu, la première vague le nombre de tests positifs recueilli auprès des laboratoires. En vert les données provenant de SIDEP, le système d’information mis en œuvre en post confinement dans le cadre du contact tracing.

Bien entendu l’ampleur des variations de ces deux courbes successives, bleue et verte ne reflète pas la même chose.

La première qui atteint 100 nouveaux cas positifs par jour n’est que partie émergée de l’iceberg. Le nombre réel de nouveaux cas est beaucoup plus important mais on ne teste que les plus symptomatiques.

La seconde autour de la trentaine de nouveaux cas par jour témoigne de l’intensité du dépistage qui cherche à identifier tous les cas alors même que le nombre réel de nouveaux cas a fortement baissé en comparaison avec le pic de l’épidémie.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une deuxième vague comparable à la première. L’ascension initiale de cette seconde courbe traduit la montée en charge du dispositif de dépistage.

Puis sa relative stabilité reflète l’intensité de la circulation virale que le dépistage tel qu’il est calibré, arrive à capter en identifiant les foyers épidémiques.

Sa croissance « brutale » nous inviterait à redouter une vague épidémique débutante et à réagir en conséquences.

Sa baisse continue nous confirmerait la maitrise de l’épidémie, grâce à cette stratégie d’isolement systématique des cas repérés et de ses contacts.

C’est au niveau ‘micro’, et avec un jeu d’indicateurs plus fin que nous devons désormais surveiller l’épidémie pour repérer l’émergence de chaque foyer épidémique, les ‘clusters’ et les contrôler par le dépistage et le contact-tracing..

C’est un jeu de trois indicateurs qui nous permet à l’échelle territoriale, lors du constat de l’augmentation localisée du nombre de nouveaux de cas, de distinguer l’effet mécanique du seul dépistage d’une augmentation significative du nombre de cas, révélant la réalité d’un foyer épidémique où le virus circule.

Le premier indicateur suit le nombre de nouveaux cas dépistés PCR positifs, rapportés à la population pour rendre les données comparables entre les territoires départementaux. C’est le taux d’incidence des cas positifs exprimé en moyenne cumulée sur 7 jours consécutifs.

Nous testons dans cette phase de contrôle de l’épidémie systématiquement toutes les personnes présentant des symptômes, même mineurs, et dans les foyers épidémiques, également les personnes asymptomatiques.

Mécaniquement, le nombre de cas positifs (le numérateur), augmente avec le dépistage. Lorsqu’on le rapporte à la population du territoire (le dénominateur), qui, elle, ne bouge pas, cela augmente mécaniquement le taux d’incidence (le nombre de cas positifs par 100 000 habitants).

Pour savoir si cette augmentation de cas et donc du taux d’incidence est le reflet de l’intensité accrue du dépistage ou s’il reflète une réelle augmentation des cas et donc une possible reprise de l’épidémie, nous utilisons un deuxième indicateur.

Il mesure le taux de positivité des tests. Autrement dit, le nombre de personnes testées PCR positives parmi les personnes testées.

A intensité de circulation virale constante, autrement dit, si l’épidémie n’augmente pas, le taux de positivité va baisser mécaniquement, si on intensifie le dépistage.

En effet, certes le nombre de personnes testées positives, (le numérateur), augmente (« on cherche plus donc on trouve plus »). Mais le nombre total de personnes testées, (le dénominateur), s’accroit également. Il augmente d’autant plus que l’on teste largement.

En revanche, si la circulation du virus s’intensifie, alors ce taux de positivité augmente en parallèle de l’augmentation de l’incidence.

On sait alors que l’on dépiste au cœur d’un foyer épidémique (dépistage ciblé) ou que la circulation du virus s’intensifie dans l’ensemble de la population du territoire concerné.

Il faut alors renforcer la compréhension de ce qui se passe sur le terrain par des dépistages plus intenses, mieux ciblés et des investigations plus poussées pour mieux orienter les interventions d’identification des cas et de leurs contacts afin de casser les chaines de transmission ainsi repérées, par le confinement sélectif des personnes concernées et potentiellement contagieuses.

C’est à ce prix que l’épidémie pourra être contrôlée.

La découverte de nouveaux foyers épidémiques, les clusters, est en soi une bonne nouvelle, car elle signifie que notre stratégie est efficace, puisqu’elle trouve ces nouveaux cas, sources de diffusion du virus.

Pour interpréter plus finement encore les variations à la hausse ou à la baisse de la courbe des nouveaux cas et les relativiser avec l’intensité du dépistage, un troisième indicateur mesure précisément cette intensité rapportée à la population : le taux de dépistage pour 100 000 habitants.

Les graphiques successifs ci-dessous illustrent les évolutions de ces trois indicateurs dans nos 5 départements.

En révélant des augmentations transitoires du taux d’incidence couplées à celles des taux de dépistage, on y voit apparaitre, puis s’éteindre les foyers épidémiques que nous avons repérés, puis contrôlés par la montée en charge du dépistage et la mise en œuvre du contact-tracing.

Ces évolutions se développent sur un fond de circulation du virus qui reste faible mais néanmoins réel.

Le virus n’a pas disparu dans la région.

Nous pouvons dire que l’épidémie est sous contrôle.

Mais il faut rester vigilants car les foyers épidémiques que nous identifions, montrent, qu’à tout moment, elle peut repartir, si les conditions de transmission s’y prêtent.

Ne pas recréer des conditions favorables à la transmission par la distanciation physique et les mesures barrières, c’est l’affaire de de tous.

C’est aussi l’attention à porter à toutes les situations où elles sont difficiles à mettre en œuvre ou propices au relâchement.

Dans les salles de repos des enseignants, des soignants ou des entreprises… lors des transferts de patients.

Dans les espaces de travail ou de vie imposant la promiscuité : les transports, le covoiturage, les hébergements collectifs.

Et surtout les rassemblements de personnes, en nombre, qu’il faut à tout prix éviter tant que le virus circule activement.

Loire-Atlantique :

 

Maine-et-Loire : 

 

Mayenne : 

 Sarthe :

 

Vendée : 

 

Le taux de passage aux urgences des cas suspects de Covid 19, un indicateur du dé confinement, reste orienté à la baisse.

Le dé confinement, prudent et par étape, a commencé à se mettre en œuvre dans notre région depuis le 11 mai.

L’indicateur proposé pour mesurer l’intensité de la circulation du virus était le taux de passage pour suspicion de Covid-19 dans les services d’accueil des urgences de la région avec un seuil d’alerte fixé à moins de 6% des passages.

A ce jour, l’indicateur de taux de passage aux urgences pour suspicion de Covid est à 2%, bien inférieur aux 6% déterminés au 11 mai. Il reste orienté à la baisse dans la région Pays de la Loire.

Cependant cet indicateur manque de finesse.

Il est certes robuste, et pour cela utile pour prendre une décision nationale. Mais il demeure imprécis (il s’agit de proportion de cas ‘suspects’) et ne reflète que la part des patients qui se manifestent spontanément en établissement de santé (tout comme l’autre indicateur de suivi, mesurant la part des suspicions de covid19 parmi les consultations de SOS médecins).

A nouvelle phase, nouveaux indicateurs.

Nous sommes aujourd’hui dans une phase de l’épidémie où les nouveaux cas identifiés sont à ce jour très peu nombreux.

En effet, le confinement et les mesures de gestion par les pouvoirs publics ayant fait leur œuvre et ayant été précoce en pays de la Loire dès le début de la vague épidémique, la circulation du virus a été fortement atténuée.

L’enjeu désormais est de prévenir tout « départ de feu », toute reprise, même ténue, épidémiques.

C’est à cet effet, que la poursuite des mesures de distanciation physique et des gestes barrières a été complétée de la stratégie de contract-tracing

Il s’agit désormais d’identifier les chaines de transmission interpersonnelle, points de départ potentiels d’une reprise épidémique, par le dépistage systématique de toute personne présentant des signes de la Covid 19, même mineurs et plus largement des lieux à risque accru de contamination.

 Ce repérage des contacts des personnes testées positives pour leur proposer de protéger leurs proches de toute contamination en s’isolant pour quelques jours est essentiel. Il relève aussi du « prendre soin » de son entourage et de soi-même.

Il est développé à grande échelle et sur l’ensemble du territoire national depuis le 11 mai.

Le système de surveillance de l’épidémie par l’ARS et ses partenaires de l’assurance maladie et des médecins a donc été ajusté pour suivre très finement ce qui se passe sur le territoire.

L’inconnue à ce stade était de savoir s’il serait suffisamment sensible pour détecter les évolutions ténues de la circulation du virus dans la population.

Après trois semaines il semble bien que ce soit le cas.

Un premier indicateur suit le nombre de nouveaux cas dépistés PCR positifs, rapportés à la population pour rendre les données comparables entre les territoires départementaux. C’est le taux d’incidence des cas positifs exprimé en moyenne cumulée sur 7 jours consécutifs.

Comme nous le soulignions dans nos commentaires du 18 mai, le nombre de cas positifs pourrait n’être le reflet que de l’intensité du dépistage : « plus on cherche plus on trouve ! »

En effet avec l’augmentation (multipliée par 20) de nos capacités de dépistage virologique, nous testons désormais toute personne présentant des symptômes, même mineurs.

Nous dépistons les personnes contacts au sein du foyer ou à risque d’une personne testée positive, même en l’absence de symptômes. Dans les milieux d’hébergement et d’accueil regroupés nous testons tous les résidents et les personnels, qu’ils présentent ou non des symptômes.

Mécaniquement, le nombre de cas positifs, le numérateur, augmente avec le dépistage. Rapporté à la population du territoire, le dénominateur, qui, elle, ne bouge pas, augmente mécaniquement le taux d’incidence (nombre de cas positifs par 100 000 habitants).

Pour savoir si cette augmentation de cas et donc du taux d’incidence est le reflet de l’intensité accrue du dépistage ou s’il reflète une réelle augmentation des cas et donc une possible reprise de l’épidémie, il doit être adjoint un deuxième indicateur.

A savoir, le taux de positivité des tests. Autrement dit, le nombre de personnes testées PCR positives parmi les personnes testées.

A intensité de circulation virale constante, autrement dit, si l’épidémie n’augmente pas, le taux de positivité devrait baisser mécaniquement, si on intensifie le dépistage.

En effet, certes le nombre de personnes testées positives, le numérateur augmente (« on cherche plus donc on trouve plus »). Mais le nombre de personnes totales testées, le dénominateur, augmente également. Il augmente d’autant plus que l’on teste largement.

Cependant, ce taux de positivité augmentera dans deux circonstances :

  • parce que l’on dépiste au cœur d’un foyer épidémique (dépistage ciblé) et que l’on prouve ainsi qu’il y a bien un foyer épidémique.
  • Ou parce que le nombre de cas augmente effectivement dans l’ensemble de la population parce que la circulation du virus s’intensifie.
  • Le taux de positivité des tests PCR était de 21 % au plus fort de la vague épidémique, fin mars, en Pays de la Loire. Il est redescendu, aujourd’hui autour de 2%.
  • Les courbes du taux d’incidence et du taux de positivité ont bien évolué parallèlement durant toute la vaque épidémique.
  • Et cette évolution correspondait bien avec le ressenti de la vague épidémique et son impact sur le système de santé en particulier dans les services d’hospitalisation et de réanimation, soignant les patients COVID.

Que nous disent nos indicateurs depuis le 11 mai :

  • Les paragraphes qui suivent illustrent le réglage de nos indicateurs et leur capacité à détecter ce qui se passe en termes de circulation du virus

    A compter du 11 mai, avec la mise en place du contact-tracing, l’intensité du dépistage change de façon très importante.

    Quelle interprétation donner à nos observations du taux d’incidence et du taux de positivité ?

  • si les deux courbes évoluent en sens contraire : un taux d’incidence qui augmente (parce que l’on dépiste plus) avec un taux de positivité en baisse, c’est que l’on dépiste mieux et que l’on révèle face immergée de l’épidémie avec un nombre absolu de cas positifs en augmentation, mais sans circulation intensifiée.
  • Si, au contraire, elles évoluent dans le même sens, à la hausse, avec l’intensification du dépistage, c’est que l’on sait que l’on détecte bien une hausse réelle de l’incidence et donc de l’épidémie, grâce à un dépistage accru.
  • Si elles évoluent toutes les deux à la baisse c’est que l’épidémie ou le foyer épidémique reflue. C’était le cas après le pic épidémique de fin mars.

Des évolutions du taux d’incidence et de positivité qui révèlent bien les foyers épidémiques apparus depuis le 11.

Nous avons intensifié le dépistage sur l’ensemble de la région à partir du 11 mai, pour atteindre une intensité de dépistage en rapport avec la stratégie nationale retenue. Elle va encore s’élargir.

La courbe du taux de dépistage augmente donc rapidement dans la région Pays de la Loire entre le 13 mai et le 20 mai, avec le déploiement de la politique de dépistage post confinement.

Elle est à 40 tests pour 100 000 habitants en Pays de la Loire le 3 juin en moyenne glissante sur les 7 derniers jours. (Graphique 1).

Graphique 1

Il est observé que le taux d’incidence des cas positifs augmente avec la montée en charge du dépistage : « on cherche plus. Donc on trouve plus de cas ! » En conséquence, rapporté à la population de la région, qui ne change pas, le taux d’incidence des cas positifs augmente (Graphique 2).

Graphique 2

Concomitamment à l’amplification du dépistage (graphique 2), il est constaté que taux de positivité évolue en sens contraire. Il baisse initialement. Probablement parce que les effets du confinement se font encore sentir. Il n’y a pas en effet dans les 10 jours post confinement de reprise détectable de l’épidémie à l’échelle de la région. (Graphique 3)

Graphique 3

Mais l’évolution de ces données est en quelque sorte atténuée par l’échelle régionale.

Si l’on regarde plus finement ce qui se passe à l’échelle des départements depuis le dé confinement, l’évolution de ces courbes montre des différences et reflète ce qui se passe à un niveau territorial plus fin.

D’abord en Maine et Loire :

Il y a eu une montée en charge importante du dépistage entre le 13 et le 22 mai. Le taux de dépistage en moyenne glissante sur 7 jours est de 46 pour 100 000 Habitants à ce jour. Reflétant le maillage serré et efficace en centres de détection et de prélèvement mis en place dans ce département par les acteurs. (Graphique 4).

Graphique 4

Le taux d’incidence des cas positifs a été le plus élevé de la région dépassant le seuil de 10 nouveaux cas en moyenne sur 7 jours glissants pour 100 000 habitants entre le 22 et le 25 mai. Puis il redescend à 5, 5 pour 100 000 fin mai. (Graphique 5)

Graphique 5

 

Il est légitime de s’interroger si ce n’est pas simplement le reflet du dépistage plus intense. Il doit être confirmé par le taux de positivité des tests.

Le taux de positivité a évolué pour sa part, d’abord en sens inverse, à la baisse, reflétant la montée en charge du dépistage. Puis avec une hausse parallèle au taux d’incidence entre le 21 et le 25 mai. Dépassant 3% de taux de positivité. Suivi par  une baisse régulière. Stabilisée au-dessous de 2% au 3 juin. (graphique 6)

Graphique 6

Or cela a correspondu à l’identification d’un foyer épidémique sur Cholet confirmé par un dépistage entre le 20 et le 25 mai.

Les deux courbes taux d’incidence et taux de dépistage positifs évoluent dans le même sens. Il y a bien un foyer épidémique détectable.

Ensuite en Loire-Atlantique

La montée en charge du dépistage s’est effectuée entre le 13 et le 20 mai. Le taux de dépistage en moyenne glissante sur 7 jours est de 39 pour 100 000 Habitants au 3 juin. Avec moins de points de prélèvements qu’en Maine et Loire, même si leur nombre va également être augmenté. (Graphique 7).

Graphique 7 - Dépistage en Loire-Atlantique

Le taux d’incidence des cas positifs s’est élevé en trois paliers, entre le 13 et le 16 mai puis entre le 18 mai et le 20 mai, et enfin depuis le 27 mai atteignant à ce jour en moyenne glissante cumulée sur 7 jours un taux d’incidence de 7,10 pour 100 000 habitants, néanmoins au-dessous du seuil de 10 (graphique 8)

Graphique 8 Taux d’incidence des cas positifs en Loire Atlantique

Le taux de positivité a évolué dans le même sens. (graphique 9)

Il n’a pas connu une baisse initiale correspondant à la mise en place du dépistage comme en Maine et Loire ou dans les autres départements.

Probablement parce que des foyers épidémiques concernant des populations en situation précaire dont les conditions d’hébergement ne facilitent pas la distanciation physique étaient en cours d’investigation et de dépistage avant même le déconfinement.

Puis il a évolué par paliers de croissance successifs. (graphique 9)

 

Graphique 9 Taux de positivité des tests PCR en Loire- Atlantique

Dans ce département, un foyer, familial, a été identifié et investigué entre le 16 et le 21 mai.

Un nouveau foyer de cas groupés, plus important a été identifié le 29 mai dans l’agglomération nantaise.

Il a conduit à une campagne de dépistage plus active et plus large concernant environ 250 personnes.

Parallèlement un foyer a été identifié dans un EHPAD au sud de la Loire Atlantique le 27 mai qui a conduit à un dépistage organisé le 28 mai. (Graphique 9)

Des indicateurs qui se révèlent capables de nous alerter et de confirmer notre nécessaire vigilance : un atout pour la stratégie de contrôle de l’épidémie

En Maine et Loire comme en Loire-Atlantique, cette corrélation observée entre les foyers de contamination que nous repérons et gérons sur le terrain et l’évolution des indicateurs nous rassure quant à la sensibilité de ces indicateurs à nous montrer que le virus continue à circuler en PDL dans la population.

Un atout important dans la lutte contre le virus et tout faire pour contenir une deuxième vague épidémique par la prévention, l’anticipation et l’identification précoce et le contrôle des clusters et foyers épidémiques en pays de la Loire comme sur l’ensemble du territoire national.

  • Des indicateurs qui restent orientés à la baisse

Le déconfinement, prudent et par étape, a commencé à se mettre en œuvre dans notre région depuis le 11 mai.

L’indicateur proposé pour mesurer l’intensité de la circulation du virus était le taux de passage pour suspicion de Covid-19 dans les services d’accueil des urgences de la région.

Le critère retenu pour décider de l’opportunité du déconfinement était un taux de passage aux urgences pour Covid, avec un seuil fixé à moins de 6% des passages.

Le 11 mai, tous les départements de la région avaient franchi à la baisse ce seuil et la région, classée verte sur cet indicateur et sur les deux autres indicateurs retenus, était éligible à des mesures moins contraignantes.

Le déconfinement se met depuis en œuvre cependant de façon prudente.

Sa grande progressivité est justifiée par la crainte de voir l’épidémie reprendre et le risque de survenue d’une deuxième vague qui dépasse les capacités du système de santé. Un suivi très rapproché est donc mis en œuvre. 

Graphique 1 : Evolution du pourcentage de passage aux urgences avec suspicion de Covid 19 (brut et lissé sur 7 jours) avant et après dé confinement. Et seuils de 10% et 6% (Source des données Santé Publique France, Extrapolation ARS Pays de la Loire)

A ce jour, l’indicateur de taux de passage aux urgences pour suspicion de Covid reste orienté à la baisse (graphique 1) dans la région Pays de la Loire. 
Comme nous le soulignons dans les commentaires qui accompagnaient le bulletin du 18 mai, nous sommes entrés dans une nouvelle phase de contrôle de l’épidémie.
Grâce à la mise en œuvre des mesures de distanciation physique et des gestes barrières par chaque citoyen dans tous les espaces d’interaction sociale. 
Et par l’identification des chaines de transmission, par le dépistage systématique de toute personne présentant des signes de la Covid 19, même mineurs et plus largement des lieux à risque accru de contamination. Complétée par le repérage et l’accompagnement des contacts des personnes testées positives. 
Afin de permettre aux uns et aux autres de protéger leurs proches en s’isolant pour quelques jours. 
C’est ce que l’on appelle le contact-tracing. 
Il permet de rompre les chaînes de transmission. 
Il est développé à grande échelle depuis le 11 mai, facilité par des capacités de réalisation des tests RT-PCR qui ont été multipliées par 20. 
Il est mis en œuvre par les médecins, en première intention, appuyés par la plateforme de l’assurance maladie pour la prise en charge des contacts et relayés par l’ARS pour conduire l’investigation de clusters, foyers d’épidémie, et lorsque des dépistages de grand ampleur doivent être envisagés. L’ARS a la responsabilité de la coordination du dispositif.
Une grande vigilance est de mise, car le recul n’est que de deux semaines depuis le début du dé confinement.
Certes, la décroissance continue du nombre de passages aux urgences montre que le confinement continue à produire ses effets. 
Certes, comme nous le précisions dans les commentaires qui accompagnaient le bulletin du 18 mai, l’interprétation à compter du 11 mai des variations à la hausse ou à la baisse du nombre de nouveaux cas dépistés est délicate. 
En effet, l’intensité accrue du dépistage, axe stratégique majeur du déconfinement, change nos repères.

Depuis le 11 mai, ce sont pourtant 369 cas positifs supplémentaires qui ont été dépistés. Certes, au plus fort de la vague, le taux de tests positifs parmi l’ensemble des tests réalisés était de 21% au 31 mars, témoignant de l’intensité de la circulation du virus. Alors qu’il n’est aujourd’hui que de 2,2%. 
Mais la tendance ne diminue plus depuis le 17 mai, 5 jours après le déconfinement.  (Graphique 2)

Graphique 2 : Variation du nombre de tests positifs cumulés, et du taux tests positifs parmi les tests réalisés depuis déconfinement* (Source SI DEP) (*Les données entre le 11 et le 13 mai ne sont pas rapportés car ils correspondent à la période de rodage du système d’information SIDEP)

Graphique 2 : Variation du nombre de tests positifs cumulés, et du taux tests positifs parmi les tests réalisés depuis déconfinement* (Source SI DEP) (*Les données entre le 11 et le 13 mai ne sont pas rapportés car ils correspondent à la période de rodage du système d’information SIDEP).

Cette stagnation peut s’expliquer par une identification accrue de nouveaux cas positifs en raison de l’intensité du dépistage. 
Mais elle peut également marquer la fin de la décroissance de circulation du virus, et une potentielle reprise de l’épidémie. 
Les tous prochains jours et semaines qui viennent confirmeront la tendance. 
En attendant, la mobilisation de tous pour maitriser la circulation du virus et la maitrise de tout ‘départ de feu’ doit absolument rester de mise pour ne pas perdre les acquis du confinement mis en œuvre avec détermination par l’ensemble de la population.

Précisions de l'ARS Pays de la Loire le 18 mai à 16 heures

La sortie du confinement généralisé s’accompagne d’un changement nécessaire de la stratégie de contrôle de l’épidémie… Et aussi de son système de surveillance.

Le confinement généralisé a permis la maîtrise de l’épidémie en freinant la transmission du virus.

Il se passait de l’identification des chaines de transmission pour en isoler les porteurs puisque tout le monde était « isolé ».

Avec la fin du confinement, les interactions sociales reprennent au-delà du cercle familial et de quelques entreprises et commerces. La distanciation physique volontaire et l’observation des gestes barrières sont indispensables pour en conserver les effets.

Mais ils ne suffiront pas tant que le virus circule activement.

La stratégie doit changer radicalement.

A la distanciation physique et aux mesures barrières, il faut adjoindre une stratégie de confinement sélectif, cette fois restreint aux personnes qui présentent des symptômes dus au Covid-19, même mineurs. Et à leurs contacts ‘à risques’, c’est-à-dire les personnes qu’ils ont pu côtoyer sans distanciation suffisante ou sans mise en œuvre des gestes barrières.

Ce confinement sélectif jusqu’à quelques jours après la fin des symptômes pour les malades, pour 14 jours au plus pour les contacts asymptomatiques, a pour but de rompre efficacement les chaines de transmission qui les concernent.

Il devient essentiel d’identifier, donc de tester cette fois ci la plus grande partie des personnes contagieuses, qu’elles soient ou non symptomatiques : du moment que l’écouvillon naso-pharyngé révèle lors du test PCR la présence de virus, l’isolement est la seule façon de prévenir le risque de transmission.

En théorie, on pourrait imaginer qu’en testant toute la population française un jour donné, on pourrait identifier et isoler toutes les personnes positives. Mais alors il faudrait le faire tous les jours pendant une durée suffisante. En effet, une personne négative un jour peut se contaminer le lendemain et devenir positive deux semaines plus tard. Cela ne fait donc pas sens.

On ne sait pas aujourd’hui, mais on le saura demain, combien de personnes asymptomatiques contribuent à la transmission du virus. Ni quelles sont leurs caractéristiques. Les tester à l’aveugle ne fait pas non plus sens.

Il est beaucoup plus efficace d’orienter le dépistage actif « autour des personnes » confirmées positives parce qu’elles se sont manifestées spontanément, en raison de symptômes, même mineurs auprès d’un médecin qui leur a proposé un test. La probabilité d’identifier une chaîne de transmission devient alors très élevée.

Si de surcroît, ces personnes travaillent, ou vivent dans des espaces où la distanciation physique et les gestes barrières sont difficiles à respecter, alors il devient également très utile de dépister plus largement le groupe de personnes avec laquelle la personne confirmée positive partage ces mêmes contraintes. Un lieu de vie communautaire par exemple.

Lorsque plusieurs cas surviennent successivement ou conjointement dans un espace où sont pourtant mis en œuvre les gestes barrière et la distanciation physique et où le risque de transmission est en principe maîtrisé, alors il est utile de vérifier si ces différents cas ne sont pas liés entre eux.

En effet la probabilité est beaucoup plus élevée de trouver ainsi une chaîne de transmission pour laquelle il sera alors très utile de proposer des mesures de prévention.

Mesures éventuellement applicables pour d’autres organisations du même type.

Lorsqu’une telle chaîne de transmission est mise en évidence on parle d’un « cluster » ou d’un foyer épidémique.

Son investigation peut être très complexe, peut demander du temps et relève des épidémiologistes de l’ARS et de Santé publique France.

 

A changement de stratégie de dépistage, changement de façon de mesurer l’apparition des cas pour surveiller l’épidémie.

Depuis le début de l’épidémie, l’ARS communiquait quotidiennement le nombre de cas confirmés positifs.

Ce chiffre se basait sur la compilation des résultats de tests transmis quotidiennement et directement à l’Agence Régionale de Santé puis vérifiés minutieusement et validés par Santé publique France pour s’assurer qu’il n’y avait pas compte double, entre la ville et l’hôpital ou encore de compilation de données de jours différents.

Avec la stratégie mise en œuvre depuis le 11 mai : confinement sélectif (personnes confirmées positives, symptomatique ou non et leurs contacts) appuyée sur une politique de tests massivement élargie à toutes les personnes présentant des symptômes, même mineurs et à la recherche active de tous leurs contacts à risque, on change d’échelle.

La comparaison d’un jour à l’autre du nombre de cas positifs, au moment où la stratégie et les modalités de reporting changent est inévitablement biaisée.

Du seul fait de tester plus largement, on s’attend bien évidement à une forte augmentation, non du nombre absolu de cas dans la population que l’on ne connait pas, mais du nombre de cas désormais détectés dans la population.

Le changement d’échelle dans la pratique des tests a nécessité une organisation nouvelle correspondant à des moyens nouveaux ; Ils ont été déployés durant les deux dernières semaines. La capacité de tests dans la région a été multipliée par 40, passant de 200 tests par jour au début de l’épidémie à près de 8000 aujourd’hui.

Il en va de même pour l’augmentation des capacités de repérage des cas et des chaines de contacts. Les médecins généralistes ont été mobilisés et seront rémunérés pour cette activité, nouvelle pour eux sous cette forme. 200 personnes ont été recrutées par l’assurance maladie pour téléphoner aux contacts et reconstituer avec eux les chaînes de transmission. Les équipes de l’ARS et de santé publique France en région ont été renforcées.

Des systèmes d’information tout à fait nouveaux ont été créés spécifiquement pour ce repérage des chaines de transmission. Ils ont fait l’objet d’une grande attention de toutes les parties prenantes pour les ajuster à notre corpus juridique afin que la vie privée soit respectée.

Ils sont enfin opérationnels et commencent à se « peupler » de données.

A ce jour, le dispositif est encore en rodage et se déploie dans les meilleures conditions.

La bascule de l’ancien système de reporting vers le nouveau se fait progressivement avec des ajustements pour rendre compatibles les systèmes d’information des différents maillons de la chaine d’information, praticiens libéraux, laboratoires médicaux et non médicaux, hôpitaux, assurance maladie, ARS etc.

 

Le compteur de surveillance de l’épidémie est remis à zéro au 11 mai, départ de la stratégie post-confinement

Le 15 mai, le nombre cumulé de cas positifs publié dans le bulletin de l’ARS pour la région Pays de la Loire d’élevait à 3300 cas confirmés. 11 de plus que la veille.

Dernière publication du système de décompte en vigueur depuis le début de l’épidémie.

Le 13 mai la transmission des résultats à la base de données SI DEP (Système d'Information pour le DEPistage) par les laboratoires a commencé à devenir significative.

Et 123 nouveaux cas positifs ont été inscrits entre le 11 mai et le 18 mai dans la base de données.

Ils sont le produit de 7050 tests réalisés en 7 jours avec en particulier les dépistages de cas groupés.

Leur interprétation ainsi, que la comparaison entre départements n’a pas de sens à ce stade de transition et mise en route d’un nouveau système d’information.

En effet, nous traversons inévitablement un double cône d’ombre en termes de comparaison de l’évolution des données d’un jour à l’autre.

Ombre dans la mesure de l’intensité de la transmission (la mesure du ‘R0’, le nombre de contacts qu’une personne contagieuse contamine en moyenne) que la fin du confinement généralisé fera varier d’une amplitude qui ne pourra être mesurée que rétrospectivement.

Ombre dans le suivi de la courbe épidémique, mesurée par l’accroissement ou la réduction du nombre de nouveaux cas chaque jour. L’échelle de mesure change puisqu’on dépiste désormais tous les cas même très peu symptomatiques et tous leurs contacts. Ils seront plus nombreux parce que recherchés plus activement, sans que cela ne traduise nécessairement une intensification de l’épidémie.

Cette période d’incertitude sera de courte durée et les comparaisons permettant un suivi de la progression ou de la régression de l’épidémie redeviendront rapidement pertinentes sitôt que l’exhaustivité des données, basculées d’un système à l’autre, sera garantie et qu’un lapse de temps sera suffisant pour une observation interprétable.

Le nombre rapporté de cas dépistés est de bonne augure.

Il ne signifie pas que le nombre de cas positifs explose.

Il semble rester plutôt stable à ce jour.

Il traduit plutôt la montée en puissance de la capacité régionale à identifier le moindre cas pour lui proposer de se protéger et protéger ses proches et ainsi participer à rompre les chaînes de transmission.

En témoigne également l’identification de foyers de cas groupés, ce qui rassure sur la capacité à repérer les ‘départs de feu’ ou les ‘feux de braise’ qu’il faut connaitre pour les éteindre et protéger les populations concernées.

A l’heure où la région se dé confine la circulation du virus a été fortement réduite.

Le nombre cumulé de cas confirmés COVID-19 par un prélèvement et une analyse PCR à visée diagnostique depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire est de 3273 cas au 13 mai 2020 à 16h. Seulement 24 de plus qu’hier.

Depuis le 11 mai, les Pays de la Loire sortent progressivement de deux mois de confinement.

Lorsque le confinement a été décidé, le 17 mars, le virus, introduit dans la région le 27 février, commençait tout juste à circuler activement puisqu’il devenait impossible de reconstituer et de contrôler les chaînes de transmission avec les moyens de surveillance épidémiologique de routine dont disposent depuis de nombreuses années l’ARS et l’antenne régionale de Santé Publique France.

L’épidémie, une fois lancée, a continué à se propager sur son aire à partir des contaminations préexistantes au confinement.

Elle a logiquement amorcé une courbe d’accélération rapide. Cette situation  a conduit avec quelques jours de décalage à une augmentation très rapide des entrées de malades en réanimation.

Mais grâce au confinement, cette ascension s’est ralentie.

Après avoir connu une accélération maximale au 31 mars, le nombre de cas cumulés a amorcé un plateau à partir du 22 avril. (Graphique 1).

 

Graphique 1 : Nombre cumulé de cas positifs COVID-19 recensés par l’ARS de Pays de la Loire selon la date de signalement, Pays de la Loire

Le nombre quotidien de nouveaux cas a ensuite diminué chaque jour. Il a rejoint aujourd’hui son étiage d’avant confinement.

Dans la population, l’évolution de l’épidémie peut être observée en suivant le nombre de tests PCR positif.

Mais cette appréciation est dépendante de la disponibilité des moyens de tests.

L’alternative retenue a été le nombre quotidien de passage aux urgences et surtout la proportion de ces passages pour suspicion de Covid-19. Le seuil retenu pour considérer que la circulation du virus est ralentie est un taux inférieur à 6% des passages aux urgences dus au Covid-19.

Dans les 5 départements ce taux (après analyse et retraitement de certaines données), comme l’épidémie, a donc suivi une classique courbe en cloche.

 Sur une moyenne de 7 jours, pour la période du 5 au 12 mai, il est à ce jour à 3,1% en Loire-Atlantique, 2,1% en Maine et Loire, 4% en Mayenne, 4,9% en Sarthe et 2,7% en Vendée.

Il est donc actuellement inférieur à 6% sur l’ensemble du territoire (graphique 2).

C’est en quelque sorte le nouveau point de repère, au démarrage de la phase fait suite au confinement strict à domicile que la grande majorité de de la population vient de connaître.

 

Graphique 2 : Evolution du nombre quotidien de passages aux urgences et de la part d’activité (%) pour suspicion de COVID-19 par classe d’âges, établissements* non constants sur la période du 24 février à la journée d’hier, Pays de la Loire

Grâce au confinement, la hauteur du pic n’a pas atteint un nombre de cas menaçant l’accès aux services de réanimation.

Les équipes soignantes n’ont donc pas connu le risque redouté de perte de chance.

La région n’en a pas moins été fortement touchée par l’épidémie.

Le plus lourd tribut en termes de mortalité revenant aux personnes âgées de plus de 80 ans. La cible privilégiée du virus.

Pour autant le nombre de personnes qui ont développé la maladie et sont probablement immunisées aujourd’hui reste faible au regard de la population.

C’est insuffisant pour protéger les autres du virus.

A moins que le virus ne s’évanouisse, naturellement ou sous l’effet de la chaleur, ce qui n’est pas impossible (mais c’est une hypothèse trop incertaine aujourd’hui).

La probabilité que nous connaissions une deuxième vague reste forte et mieux vaut s’y préparer.

Maintenir une transmission faible, le défi de la nouvelle phase qui démarre.

En réalité, si l’épidémie a été contrôlée et semble aller vers sa fin c’est parce que les conditions normales de circulation du virus ont été fortement modifiées par le confinement.

Le nombre de personnes pouvant être contaminées par une personne infectée est passé de 3,3 à 0,7.

Mais avec la fin du confinement, l’épidémie ne demande qu’à repartir.

Nous ne pourrons la contrôler à nouveau qu’avec deux leviers

Le premier consiste à réduire les probabilités de transmission par la pratique de tous et partout des gestes barrières et de la distanciation physique. Se laver les mains et ne pas se les contaminer, se tenir à un mètre de distance au moins les uns des autres ou porter un masque lorsque ce n’est pas possible.

Il s’agit en fait de reproduire le confinement dans l’espace public où nous nous côtoyons.

C’est, in fine, se protéger et protéger ses proches.

Le second consiste à systématiquement repérer, soigner, accompagner les personnes malades pour les encourager à s’isoler durant leur maladie.

Il est très important que toute personne qui présente ou ressent des symptômes du COVID-19 n’hésite pas à consulter un médecin.

Et surtout à identifier les personnes en  contact rapproché qu’elles auraient pu contaminer afin qu’elles puissent s’isoler pour la durée de 14 jours où elles risquent de devenir eux même contagieux puis malades.

Un test de dépistage virologique leur sera systématiquement proposé, pour identifier se elles le sont déjà ou surveiller l’apparition des symptômes et le cas échéant proposer leur prise en charge précoce.

C’est le seul moyen d’interrompre très précocement les chaînes de transmission avant que le nombre de contaminations ne se multiplie trop vite.

Le dispositif est mis en place pour permettre ce dépistage, ciblé sur les personnes atteintes et leurs contacts, et leur apporter les mesures d’accompagnement nécessaires.

Dans les jours à venir il deviendra familier pour chacun/e d’entre nous.

Le moment est très important.

C’est celui d’être solidaire et attentif aux autres pour soutenir cette démarche et éviter grâce à la contribution de chacun/e, la deuxième vague épidémique que tout le monde redoute.

Précisions de l'ARS Pays de la Loire le 04 mai à 16 heures

Le nombre de nouveaux cas quotidiens continue de baisser dans la région.

Le nombre cumulé de cas confirmés COVID 19 par un prélèvement et une analyse PCR à visée diagnostique depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire est de 3097 cas au 04 mai 2020 à 16h.

Seulement 20 de plus qu’avant-hier, le 2 mai.

La baisse du nombre de nouveaux cas positifs se poursuit, traduisant l’effet du confinement strict de la population sur le cours de l’épidémie.

 Graphique 1 : Nombre de cas positifs COVID-19 journalier recensés par l’ARS des Pays de la Loire selon la source laboratoire, Pays de la Loire (Les encoches représentent les variations liées aux jours non ouvrés)

Cependant le nombre de cas positifs ne reflète que la « partie émergée » de l’iceberg puisque tous les patients qui présentent des signes cliniques compatibles avec le Covid 19 ne sont pas systématiquement testés.

Et parce qu’un nombre indéterminé de patients ne présentent aucun signe de maladie, les ‘personnes asymptomatiques alors même qu’ils ont été porteur du virus et probablement contagieux.

C’est pourquoi il a été décidé de retenir un autre paramètre que nous utilisons aussi régulièrement et dont il a souvent été question dans ces commentaires : le taux de passage pour suspicion de Covid 19 dans les services des urgences des hôpitaux. (Encadré)

Les données utilisées pour cet indicateur sont issues du réseau Oscour et pour en lisser les variations quotidiennes, il est calculé selon la moyenne des 7 derniers jours. Les seuils ont été fixés sur la base de ce qui a été observé pendant la 1ère vague épidémique.

Cet indicateur a l’avantage d’être parmi les plus précoces dans le suivi de l’épidémie, et parmi les plus sensibles, c’est-à-dire qu’il évoluera rapidement en cas d’évolution de l’épidémie. Il a donc été choisi par le niveau national pour permettre de réagir le plus rapidement possible, et il est extrêmement important de pouvoir le surveiller quotidiennement.

Cet indicateur peut avoir des biais, en particulier en lien avec les modes de recours aux urgences: un recours plus faible aux services d’urgences d’un territoire peut faire augmenter mécaniquement la part des suspicions de COVID-19. Ou alors une attention plus soutenue au cas de covid 19 peut conduire signaler cette pathologie plus systématiquement que les autres et augmenter également mécaniquement la part des suspicions de COVID-19.

Toutefois, le recueil de cet indicateur présente l’avantage d’être standardisé, permettant des comparaisons à l'échelle nationale. C’est la raison pour laquelle il est utilisé depuis des années comme un des  indicateur fiable pour identifier les évènements épidémiologique (grippes, infections hivernales, intoxications aux champignons ou au monoxyde de carbone,…).

En pays de la Loire au niveau régional, cet indicateur continue de baisser il est désormais en moyenne régionale inférieur à 5% (Graphique 2)

Graphique 2 : Evolution du nombre quotidien de passages aux urgences et de la part d’activité (%) pour suspicion de COVID-19 par classe d’âges, établissements non constants sur la période du 24 février au 3 mai 2020, Pays de la Loire

Au niveau départemental cependant la dynamique de l’épidémie a suivi des évolutions différentes selon les départements. Dans nos commentaires du 24 avril nous montrions les variations entre les départements du nombre de cas positifs, rapportés à la population du département, exprimé en taux pour 100 000 pour rendre possible les comparaisons entre départements de tailles différentes.

Le nombre de passages aux urgences liés au COVID subit également des variations entre départements.

D’abord, ils n’ont pas connu la même intensité de circulation du virus et s’ils ont tous connu un pic à la fin du mois de mars, il n’a pas connu la même ampleur et leur décroissance n’a pas atteint le même niveau à ce jour.

Les facteurs de différence sont bien entendu la taille de la population – il y a plus de cas en Loire Atlantique qu’en Mayenne parce que la population est beaucoup plus nombreuse dans le premier que dans le second département.

C’est également la structure d’âge de la population. En effet lorsque la proportion de personnes âgées est plus importante, alors le nombre de cas rapporté à la population sera plus important car les personnes sont d’autant plus touchées par le Covid qu’elles sont âgées.

Mais ce qui a attiré tout l’attention lorsqu’on compare entre eux les départements ces derniers jours a été le franchissement ou non des seuils annoncés de 10% ou 6% des passages aux urgences liés au coronavirus.

Alors que les départements de Maine et Loire et de Vendée étaient en deçà du seuil de 6%, la Loire-Atlantique ne l’a franchi que le 2 mai.

En Mayenne comme dans d’autres départements français, les données ont dû être corrigées car les modalités de prise en compte des cas de Covid dans les passages aux urgences étaient surestimées en raison d’une sous-estimation bien connue antérieurement des autres motifs de passages aux urgences.

En Sarthe, la décroissance de la part des passages aux urgences pour Covid connait depuis le pic une décroissance régulière mais elle est plus lente que pour les autres départements.

Il n’est pas impossible que la Sarthe ait été plus durement touchée par l’épidémie que les autres départements de la région sous une double influence :

D’une part la structure d’âge de la population avec une proportion importante de personnes âgées. D’autre part la proximité de l’Ile de France où le virus a circulé intensément avec des interactions interrégionales importantes avant et peut-être pendant le confinement pour ceux qui travaillaient. La Sarthe est le département le plus à l’est de la région !

Enfin, certaines villes du 72 font face à des tensions en nombre de généralistes. Il est possible que la proportion, supérieure à 6% des passages aux urgences pour Covid, reflète ce recours habituellement important aux urgences de l’hôpital pendant l’épidémie alors que leur fréquentation pour les autres causes diminuait.

Toutes ces observations montrent deux aspects très importants dans le contrôle de cette épidémie nouvelle.

Tout d’abord, tout indicateur … n’est qu’un indicateur ! Comme un thermomètre qui objective la fièvre mais n’en est ni responsable ni à lui seul un marqueur pronostic définitif, il est inutile de le mettre sous l’eau froide pour faire baisser la fièvre. Il permet en revanche d’indiquer de façon fiable l’effet des remèdes administrés et d’orienter les décisions appropriées pour la contrôler.

Ensuite comme tout comme pour la prise de température pour indiquer la fièvre, les conditions de sa mesure doivent être prises en compte pour en donner le résultat, voire le corriger. Ainsi on corrige la température axillaire par rapport à la température rectale. On sait que la température prise dans l’oreille n’a pas de valeur si les oreilles sont bouchées par du cérumen. C’est ce qui a été fait ces derniers jours.

Enfin la conclusion diagnostique et les décisions qui s’en suivent ne reposent pas sur ce seul élément diagnostic et d’autres signes sont pris en compte.

Ainsi pour apprécier le chemin qui reste à parcourir pour être sûr que le dé-confinement ne risque pas de traduire par un sursaut non maitrisable de nouvelles infections il est important de connaitre de façon juste ce que traduit cet indicateur avec la bonne interprétation des conditions locales qui en déterminent le résultat quotidien.

C’est ce que font l’agence et Santé publique France chaque jour. Et que tentent de refléter régulièrement ces commentaires.

Le nombre de nouveaux cas sera l’un des indicateurs déterminant du rythme du dé confinement.

Le nombre cumulé de cas confirmés COVID 19 par un prélèvement et une analyse PCR à visée diagnostique depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire est de 2928 cas au 29 avril 2020 16h. Seulement 26 de plus qu’hier.

Le nombre de nouveaux cas dans la région est désormais revenu à la situation d’avant confinement.

Le nombre de tests positifs est en effet stabilisé au même niveau que mi-mars.

Graphique 1 : Nombre de cas positifs COVID-19 journalier recensés par l’ARS des Pays de la Loire selon la source laboratoire, Pays de la Loire

Et ce nombre ne croit plus en région puisqu’il n’augmente plus d’un jour à l’autre (graphique 2)

Graphique 2 : Evolution du pourcentage d’augmentation entre deux jours consécutifs du taux de cas positifs au COVID-19 recensés par l’ARS des Pays de la Loire, Pays de la Loire

Au niveau départemental, cependant, la dynamique de l’épidémie a suivi des évolutions différentes, selon les départements ; puisque le nombre de cas positifs, cumulés et rapportés à la population du département, exprimé en taux pour 100 000 habitants pour permettre des comparaisons, montre des différences marquées entre les départements :

 

Tableau 1 Nombre de cas confirmés et taux cumulé pour 100 000 Hab par département.

Mais comme il s’agit de taux cumulés, ils intègrent ce qui s’est passé tout au long de l’épidémie.

Ils ne reflètent pas la situation présente.

Lorsqu’on regarde dans le temps l’évolution du nombre de cas positifs par département, (graphique 3) les départements de Sarthe et de Mayenne ont connu une accélération plus forte que les autres au début de l’épidémie, probablement expliqué par une fréquence de cas importante au début de l’épidémie dans les EHPAD et structures pour personnes âgées.

En effet la structure de la population de ces deux départements comprend plus de personnes âgées et le Covid 19 touche d’autant plus que l’on est âgé avec des risques de transmission accrus en établissement.

 

Graphique 3 Evolution des taux cumulés de cas positifs COVID-19 recensés par l’ARS des Pays de la Loire depuis le 27 février 2020, par département, Pays de la Loire

 

Cependant, toutes les courbes ont suivi la même tendance sous l’effet du confinement.

Elles sont désormais toutes parallèles et tendent à l’horizontale, ce qui signifie que l’épidémie est revenue à un nombre réduit de nouveaux cas quotidien dans tous les départements de la région.

Lorsque l’on regarde l’évolution du nombre de nouveaux cas hebdomadaires au fil des semaines, (graphique 4) certes le nombre de nouveaux cas hebdomadaires est plus important dans les départements les plus peuplés (les bâtons), mais surtout, le taux pour 100 000 habitants (la ligne) montre bien qu’il a été plus élevé en Sarthe et en Mayenne dans les premières semaines du confinement. Avec un pic dépassant 30/100 000 en semaine 14 en Sarthe et en semaine 15 en Mayenne. Alors qu’il est resté en deçà de de 20/100 000 dans les trois autres départements.

 

Graphique 4 Nombre hebdomadaires de cas confirmés et taux pour 100 000 hab. par département.

Les effets du confinement ne se sont fait sentir logiquement qu’après deux semaines.

Le taux de nouveaux cas pour 100 000 habitants est ensuite revenu à un taux comparable dans tous les départements, désormais stable et proche de la situation qui prévalait lorsque le virus a commençait tout juste à circuler mi-mars.

Si le confinement se poursuit avec la même intensité, ce pourrait être le point de départ au 11 mai.

Plus il sera bas, meilleures seront les conditions pour un dé confinement réussi, pour autant que les mesures barrières et de distanciation sociale et physique seront maintenues et respectées par chacune et chacun d’entre nous.

Le nombre de nouvelles infections revient à la situation d’avant le confinement.

Le nombre cumulé de cas confirmés COVID 19 par un prélèvement et une analyse PCR à visée diagnostique depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire est de 2824 cas au 27 avril 2020 16h. Seulement 23 de plus qu’il y a deux jours.

Certes, il ne s’agit que des cas confirmés par un prélèvement PCR de mise en évidence du virus dans l’organisme, les fosses nasales postérieures en l’occurrence.

Le nombre réel de personnes qui sont ou ont été malades dans la population n’est pas connu de façon précise.

Mais il peut être approché au moins en termes de dynamique en regardant l’évolution de deux types de données qui concernent plus la population générale que la population hospitalière.

C’est d’abord le nombre de visites de SOS médecin pour malades suspects de COVID-19. (Graphique 1)

 Graphique 1 : Evolution du nombre quotidien d’actes SOS Médecins et de la part d’activité (%) pour suspicion de COVID-19 par classe d’âge, 24 février au 26 avril 2020, Pays de la Loire

Ce nombre suit une courbe épidémique typique avec un démarrage des infections assez lent, puis une accélération jusqu’à atteindre un plateau et enfin une décroissance lorsque le virus n’arrive plus à infecter efficacement suffisamment de personnes. Ce qui est exactement l’effet attendu du confinement. Le nombre de visite quotidienne a été divisé par 6 entre le jour du pic épidémique fin mars et aujourd’hui.

Il est d’une vingtaine de visites par jour et ne représente plus que 4% des visites (c’était 6 fois plus au pic de l’épidémie).

Certes, SOS médecin n’exerce en pays de la Loire que dans deux grandes villes de Loire –Atlantique, Nantes et saint Nazaire.

Cependant, il est probable que le virus circule plus dans les espaces urbains et ces deux villes représentant une part très significative de la population de Loire-Atlantique, cet indicateur reste très utile.

C’est ensuite le nombre quotidien de passage aux urgences pour suspicion de COVI-19.

La courbe suit la même tendance que la précédente : croissance lente au départ, accélération juste avant le confinement généralisé du 17 mars, poursuite de l’ascension durant une « petite » semaine, le temps pour les contaminations d’avant confinement d’incuber et de se déclarer, puis l’effet du confinement se traduit par un plateau suivi d’une décroissance régulière.

 

Figure 2 Evolution du nombre quotidien de passages aux urgences et de la part d’activité (%) pour suspicion de COVID-19 par classe d’âges, établissements non constants sur la période du 24 février au 26 avril 2020, Pays de la Loire.

L’évolution du poids relatif du covid-19 dans l’activité des urgences est du même ordre de grandeur que pour les visites de SOS médecins : Environ 6 fois plus au plus fort de l’épidémie qu’aujourd’hui et une proportion de patients relevant du diagnostic de COVID-19 qui n’est plus que de 2,5% de l’activité des urgences aujourd’hui. (Figure 2)

Alors qu’en réanimation, la décroissance d’un nombre des malades covid-19 se poursuit mais reste encore d’un poids non négligeable ; en population générale, le nombre de nouveaux cas nous laisse penser que le nombre de nouvelles infections est revenu au taux observé au moment du départ de l’épidémie, lorsque le confinement généralisé a été décidé.

Ce retour à la situation du début du confinement permettra de reprendre la détection et l’isolement de chaque nouveau cas pour maîtriser le risque de reprise épidémique.

Cela va nous permettre de préparer dans de meilleures conditions, la reprise du suivi systématique des nouveaux cas, avec confirmation virale PCR systématique, identification des contacts des malades confirmés et confinement sélectif systématique de toutes les personnes nouvellement confirmées positives.

C’est le seul moyen de briser toutes les nouvelles chaînes de transmission, et d’éviter que l’épidémie ne reprenne et ne déclenche une deuxième vague risquant de submerger les moyens de réanimation et d’hospitalisation de la région.

Les indicateurs confirment la baisse de la pression exercée par l’épidémie sur le système de santé, une baisse préalable indispensable pour envisager la sortie du confinement.

Le nombre cumulé de cas confirmés COVID 19 par un prélèvement et une analyse PCR à visée diagnostique depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire est de 2723 cas au 22 avril 2020 16h.

Il ne croît que de 33 cas de plus qu’hier, soit une augmentation de 1% par rapport à la veille.

C’était plus de 20% durant la première quinzaine de confinement.

Le nombre de nouveaux cas admis à l’hôpital (24) ou en réanimation (4) poursuit la tendance à la baisse.

Les résultats des tests diagnostic PCR confirment cette tendance

Le taux de positivité des tests utilisés pour confirmer les cas, les tests diagnostic PCR) témoigne également du freinage obtenu grâce au confinement.

La figure 1 additionne le nombre tests positifs quotidiens rapportés par les différents laboratoires publics et privés de la région. Le nombre de tests positifs a crû pendant les 15 jours suivant le confinement puis a commencé à décroitre début avril. Simultanément, on commençait à observer une phase en plateau des hospitalisations et des admissions en réanimation.

Graphique 1 Nombre de cas positifs COVID-19 journalier recensés par l’ARS des Pays de la Loire selon la source laboratoire, Pays de la Loire *

*Les encoches sont probablement des artéfacts correspondant aux conditions de réalisation des analyses pendant et au décours du dimanche.

Le taux de positivité des tests réalisés par les trois laboratoires des hôpitaux public est désormais redescendu inférieur à 10 % alors qu’il s’est élevé jusqu’à 27% durant la dernière semaine du mois de mars lorsque le nombre de malades hospitalisés ou en séjour en réanimation connaissait les valeurs les plus élevées. Cela témoigne également de la diminution de la pression de l’épidémie. (Graphique 2)

Graphique 2 Nombre de tests réalisés par les laboratoires hospitaliers des CHU de Nantes et d’Angers et du CH Mans, nombre de tests positifs pour le SARS-CoV-2 et taux de positivité par jour, du 4 mars au 21 avril 2020, Pays de la Loire. (Données du 21/04 à consolider)

 

Des tests disponibles en plus grand nombre nous permettront d’être mieux préparés pour la stratégie de détection des personnes symptomatiques et suivi des contacts

La disponibilité des tests s’accroit régulièrement en région depuis le début de l’épidémie.

Initialement seul le  CHU de Nantes était en capacité de réaliser les tests PCR.

Puis ce fut le CHU d’Angers et ensuite le CH du Mans (et bientôt les CH de Laval et de la Roche sur Yon).

Puis des laboratoires privés de la région ont commencé à contribuer à la réalisation des tests PCR.

Et nous sommes désormais en attente d’installation d’un automate au CHU de Nantes qui sera en capacité de réaliser 2000 tests par jour, accroissant significativement les capacités régionales.

Ces capacités cumulées  nous permettent dès aujourd’hui de mieux contrôler le risque d’épidémie de COVID 19 en EHPAD lorsqu’un résident ou un personnel symptomatique est testé positivement.

Les résultats des tests virologiques auprès des résidents et du personnel guident les mesures qui évitent la propagation entre les résidents et entre les membres des équipes soignantes en séparant les résidents et les membres des équipes soignantes qui sont positifs de ceux qui sont négatifs.

Ces deux éléments : la capacité de réaliser des tests en plus grand nombre et la diminution progressive du nombre de nouveau cas sont des informations positives dans la perspective du dé confinement progressif à partir du 11 mai.

En effet lorsque le contrôle de l’épidémie changera de nature, et qu’il reposera essentiellement sur les mesures barrières et la distanciation physique pour freiner la transmission du virus, le risque est grand de voir se reconstituer des chaînes de transmission.

Il sera alors essentiel de reprendre une détection très précoce et systématique de chaque nouveau cas symptomatique par des tests PCR, pour l’isoler.

Puis d’identifier et de suivre les personnes qu’il est susceptible d’avoir infectées, les ‘contacts’, afin de vérifier s’ils développent des symptômes pour les tester également précocement et ainsi briser très tôt la constitution de nouvelle chaînes de transmission.

Les indicateurs confirment la baisse de la pression exercée par l’épidémie sur le système de santé, une baisse préalable indispensable pour envisager la sortie du confinement à la maison.

Le nombre cumulé de cas confirmés COVID 19 par un prélèvement et une analyse PCR, à visée diagnostique depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire est de 2509 cas au 20 avril 2020 16h.
Pour la première fois depuis le début de l’épidémie le nombre de cas est identique à celui de la veille.
Le nombre de nouveaux cas admis à l’hôpital (24) ou en réanimation (4) poursuit la tendance à la baisse.

Les décès liés à la période de montée de l’épidémie commencent à être perceptibles dans les indicateurs de mortalité.

S’il est systématique et aisé de suivre quotidiennement ce qui se passe dans les hôpitaux (public et privé), en termes d’entrées et de sorties, en terme de pathologies, de même qu’en termes de dénombrement des décès, c’est beaucoup plus compliqué dans la population générale, y compris les EHPAD.
En particulier, la connaissance des décès, qui relève de l’état civil, n’est pas connue en temps réel.
C’est pourquoi nous mettons progressivement en place un dispositif de recueil de données ad-hoc qui demande encore quelques réglages pour garantir son exhaustivité.
Et nous nous appuyons sur un outil de suivi de la mortalité mis en œuvre depuis 2003. Il consiste à mesurer rétrospectivement l’excès de mortalité par rapport à la mortalité attendue estimée.
Le graphique 1 illustre comment cet indicateur nous permet de repérer avec seulement une semaine de décalage la survenue et l’ampleur d’un excès de mortalité.

Une modalité de suivi qui avait cruellement fait défaut en 2003 lors de la canicule.

Graphique 1 Nombre hebdomadaire de décès toutes causes tous âges en Pays de la Loire semaine 15/2020 (du 6 au12 avril 2020) actualisation au 20 avril

Son intérêt est particulièrement démonstratif lorsque l’on compare cet indicateur pour les Pays de la Loire avec les données du même indicateur collectées en région Grand Est deux semaines auparavant (graphique 2) :

Graphique 2 Nombre hebdomadaire de décès toutes causes tous âges 65ans et plus (jusque la semaine 14/2020 du 6 au 12 avril)Pays de la Loire - actualisation au 20 avril

Cet excès de mortalité se manifeste également sur les cartes, où l’on voit, avec un léger décalage dans le temps avec l’épidémie, la mortalité marquer les régions d’est en ouest (Figure 1)  (avec la Sarthe et le Maine et Loire)

Figure 1 : Carte départementale des niveaux d’excès de mortalité tous âges, semaines 14 et 15 (actualisation au 20 avril) (Source: Insee / Santé publique France)

Précisions de l'ARS Pays de la Loire le 24 avril à 16 heures

Pour la première fois, aucun nouveau patient admis en réanimation.

Le nombre cumulé de cas confirmés COVID 19 par un prélèvement et une analyse PCR à visée diagnostique depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire est de 2801 cas au 2’ avril 2020 16h. Seulement 40 de plus qu’hier,

Et surtout pour la première fois depuis le début de l’épidémie, il n’y aucune personne qui n’ait été admise en réanimation pour Covid 19. (Figure 1).

Graphique 1 Nombre quotidien de nouvelles admissions en réanimation pour Covid-19, Pays e la Loire (Source : SI VIC, Données au 24/04/2020, 14h)

La diminution des admissions en réanimation s’accompagne d’une augmentation inhabituelle des admissions en soins de suite et de réadaptation.

Si le nombre d’admissions en réanimation poursuit sa baisse, cette tendance est corrélée avec une augmentation tout à fait inhabituelle des entrées en services de soins de suite et de réadaptation. (graphique 2)

Graphique 2 : Nombre quotidien de cas de Covid-19 hospitalisés dans les Pays de la Loire depuis le 18 mars 2020, selon le service d’hospitalisation (source : SI-VIC, données au 24/04/2020, 14h)

En effet l’impact d’un passage en réanimation sur l’organisme se révèle particulièrement marqué avec l’infection a Covid-19.

D’abord, parce qu’il s’agit de séjours en réanimation sous respirateur et d’anesthésie générale pour ventiler artificiellement qui peuvent être long. Jusqu’à trois semaines ou plus.

Parce que cette durée s’accompagne d’une fonte musculaire importante qui demande aux patients de réapprendre à marcher et à réutiliser les muscles endormis pendant 3 semaines.

Et surtout de réapprendre à respirer parce que le diaphragme a lui aussi ‘fondu’, et doit remplir à nouveau ses fonctions. En effet, le diaphragme, qui sépare thorax et abdomen, est en réalité un muscle respiratoire, qui en s’abaissant remplit les poumons à chaque inspiration.

 

 

L’épidémie marque le pas grâce au confinement.

Le nombre cumulé de cas confirmés COVID 19 par un prélèvement et une analyse PCR, à visée diagnostique depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire est de 2463 au 17 avril 2020 16h.

Nous suivons de près trois jeux d’indicateurs pour anticiper la pression que l’épidémie exerce sur le système de santé.

D’abord l’évolution du nombre cumulé de cas confirmés et l’évolution du pourcentage d’augmentation entre deux jours consécutifs du taux de cas positifs.

Ces deux indicateurs reflètent la dynamique de la partie visible de l’épidémie (les cas confirmés) et nous dit si elle accélère ou ralentit.

Nous voyons l’arrondissement de la courbe des cas confirmés et de moins en moins de cas positifs de jour en jour. L’épidémie ralentit. (Figures 1 et 2)

Figure 1

 

Figure 2

 

Ensuite le nombre quotidien de cas de covid-19 hospitalisés et parmi eux le nombre quotidien de cas de COVID-19 hospitalisés en réanimation.

Ces deux indicateurs traduisent au fil du temps l’évolution des cas graves qui pèsent sur le système de santé afin d’anticiper une éventuelle accélération qui nous conduirait à réagir en ajustant les capacités.

Le premier indicateur confirme que nous atteignons bien un plateau  (figure 3 et 4) et le second la tendance à la diminution du nombre de personnes nouvelles qu’il faut admettre chaque jour en réanimation.

Certes, ce nombre diminue, de jour en jour, mais l’évolution montre bien que l’épidémie n’est pas finie et que, chaque jour, de nouveaux cas critiques se manifestent.

Figure 3

Figure 4

 

Enfin nous surveillons de très près le solde entre les entrées et les sorties de réanimation. Autrement dit le nombre de personnes présentes jour après jour dans les services de réanimation.

Avec cette courbe nous apprécions la pression exercée sur le système de santé et plus particulièrement sur le segment de la réanimation dont le dépassement de capacité s’est révélé insupportable dans tous les pays ou les régions en France, où il s’est produit.

Nous vérifions d’une part qu’elle reste au-dessous des capacités existantes dans les établissements et d’autre part regardons quelle est la tendance, pour réagir à temps, s’il le fallait, en augmentant par anticipation les capacités.

A ce jour, d’une part les capacités préparées en anticipation de la vague épidémique n’ont pas été saturées, y compris avec les patients transférés d’autres régions. La tendance est même désormais orientée à la baisse.

Figure 5. nombre quotidien de lit occupés par des patients COVID-19 en service de réanimation. En incluant (Bleu) ou non (rouge) les patients transférés d’ile de France ou du Grand Est.

L’augmentation du nombre de cas confirmés COVID 19 ralentit grâce au confinement.

Le nombre de cas confirmé COVID 19 par un prélèvement et une analyse PCR, à visée diagnostique depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire est de 2303 cas au 15 avril à 16h. Cela représente 147 personnes de plus qu’il y a deux jours. Chaque jour, c’est un peu moins de personnes nouvelles qui sont testées positives alors que la disponibilité des tests s’est accrue.

Dans tous les départements de la région, il est observé la même tendance à la diminution du nombre de nouveaux cas quotidiens. (Tableau).

Cependant, la comparaison entre les départements du nombre brut de cas cumulés n’a pas de sens, si on ne le rapporte pas au volume relatif de la population dans chaque département.

Pour cela, il est exprimé le nombre de nouveaux cas, sous la forme d’un taux cumulé de cas positif pour 100 000 habitants.

Il est de 60 pour 100 000 pour la région et varie de 30/100 000 en Vendée à 95/100 000 en Sarthe (Tableau).

 

 

Lorsque l’on s’engage dans le contrôle de l’épidémie par des mesures d’ampleur comme le confinement de la population, il est important d’en suivre l’évolution et de vérifier si les décisions prises produisent leurs effets.

 A l’échelle régionale, il est intéressant de vérifier si chaque département de la région répond bien aux mesures.

Pour cela, on compare entre les départements la courbe que suit ce taux de cas cumulés au fil du temps.

Le graphique représente cette courbe.

Il montre que les départements n’ont pas démarré en même temps l’épidémie.

Nous le savons bien, car l’épidémie a été « importée » par des personnes qui se sont infectées en dehors de la région et à des moments différents, à partir de fin février.

Dans la même veine, les courbes ne s’infléchissent pas vers le haut à la même vitesse, car cette accélération dépend de l’intensité des relations sociales des premiers groupes de cas (une personne en infectant trois, puis chacune d’entre elle en infectant trois autres, etc.).

Le rythme de multiplication des infections sera ensuite différent selon que les premiers cas ont démarré dans un quartier très dense ou au contraire dans une zone peu peuplée.

Cela dépend aussi si l’épidémie a commencé dans le milieu scolaire ou bien dans un milieu rural isolé, et si des événements rassemblant dans la durée de nombreuses personnes ont eu lieu à cet endroit à ce moment.

Mais ce qui nous importe aujourd’hui et que nous attendions du confinement, c’est le moment où cette courbe cesse d’accélérer, de monter verticalement, pour s’infléchir et s’arrondir jusqu’à tendre vers l’horizontale, lorsqu’il n’y aura plus de nouveaux cas déclarés.

Le taux de cas confirmé pour 100 000 habitants qui sera atteint à ce moment-là nous donnera une idée de l’intensité avec laquelle s’y est répandue l’épidémie et mieux qu’avec des chiffres bruts, de les comparer d’un  territoire à l’autre.

Le confinement doit avoir produit tous ses effets avant d’envisager le déconfinement.

 

Le graphique nous montre que les 5 courbes ont la même forme et que dans chaque département les mesures de confinement produisent leur effet.

Tout cela est très utile.

Mais ne nous informe précisément que sur la « partie émergée » de l’iceberg.

C'est-à-dire le nombre de personnes qui ont eu suffisamment de symptômes pour se signaler et qui ont été testées.

Or nous savons que beaucoup de personnes portent et transportent la maladie sans le savoir.

Mais nous ne savons pas encore extrapoler à partir des cas confirmés par PCR le nombre réel de personnes qui ont été contaminées.

Pour identifier tous ces cas, il ne suffirait pas de tester toute la population, mais il faudrait le faire tous les jours, car une personne peut être négative un jour, se contaminer le lendemain et déclarer, ou non, la maladie 5 jours plus tard.

Ce sont les tests sérologiques par une prise de sang qui pourront nous dire, grâce à un sondage sur un échantillon de la population, combien de personnes ont finalement été infectées et immunisées.

Il importe cependant d’attendre quelques jours que leur fiabilité soit garantie.

Ce type de tests, en revanche, est inutile pour prendre des décisions au moment où la maladie se déclare.

Car il ne devient positif qu’une fois que l’on est guéri.

C’est en quelque sorte une ‘cicatrice’, qui témoigne que l’on a des anticorps et que l’on ne peut plus développer, en tout cas, à court terme, la maladie.

Ainsi donc, nous constatons que les mesures de confinement commencent à bien produire leurs effets en PDL.

Il nous faut les prolonger jusqu’à ce que la courbe tende vers l’horizontale, témoignant que le nombre de nouveaux cas est devenu suffisamment faible pour qu’on puisse de nouveau les identifier tous grâce aux tests PCR.

D’autant que l’on peut les faire en plus grand nombre et de plus en plus rapidement chaque semaine.

Si le confinement généralisé et les mesures barrières sont respectés strictement jusqu’au 11 mai, le nombre de nouveau cas se réduisant, nous permettra alors d’isoler chaque nouveau cas détecté et de réaliser ainsi un confinement efficace, à la carte, au fur et à mesure que le déconfinement débutera de façon progressive à partir de mi-mai.

Le nombre de cas confirmé COVID 19

Le nombre de cas confirmé COVID 19 depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire au 6 avril à 16h est de 1412. La courbe croissante qui illustre la dynamique de l’épidémie montre qu’elle reste à ce jour régulière sans l’accélération brutale, qu’ont pu connaitre d’autres territoires (figure 1).
Attention cependant, si la croissance du nombre de cas confirmés reflète bien la dynamique de l’épidémie sur le territoire, elle n’en reflète pas l’ampleur. En effet il ne s’agit que des patients qui ont été testés et confirmés positifs par un prélèvement et une analyse PCR, à visée diagnostique.

 

Figure 1 : Nombre cumulé de cas positifs COVID-19 recensés par l’ARS de Pays de la Loire selon la date de signalement, Pays de la Loire

Figure 1 : Nombre cumulé de cas positifs COVID-19 recensés
par l’ARS de Pays de la Loire
selon la date de signalement, Pays de la Loire

 

Le nombre de personnes hospitalisées en réanimation pour COVID 19 n’augmente plus depuis quelques jours

Le suivi au jour le jour du nombre de personnes hospitalisées pour COVID 19 est très important pour adapter l’organisation des hôpitaux (publics et privés) à la pression de l’épidémie. A ce jour, 685 patients sont hospitalisés pour COVID-19.
22 de plus qu’hier. L’évolution de ces hospitalisations ne révèle pas non plus d’accélération brutale.
Or au-delà des hospitalisations, l’effet principal attendu du confinement est de contenir la progression de l’épidémie de sorte que les besoins de lits en réanimation avec assistance respiratoire d’excède pas les capacités disponibles dans la région. C’est pourquoi l’agence suit avec beaucoup d’attention le nombre quotidien de nouvelles admissions en réanimation. La tendance à la réduction du nombre de nouvelles admissions depuis le début du mois d’avril laisse entrevoir l’espoir que le confinement strict à l’œuvre depuis bientôt trois semaines commence à produire ses effets. (Figure 2)

 

Figure 2 : Nombre quotidien de personnes nouvellement hospitalisées pour Covid-19, Pays de la Loire (source : SI-VIC, données au 06/04/2020, 14h)

Figure 2 : Nombre de nouvelles personnes hospitalisées
quotidiennement en réanimation pour Covid-19 selon les départements (Source : SI-VIC)

Tout invite donc à maintenir le confinement le plus rigoureux possible, pour freiner le plus possible la progression de l’épidémie et aider les équipes hospitalières à continuer à offrir les meilleurs soins aux personnes les plus gravement touchées en réanimation.
Des médecins généralistes engagés en amont des services d’urgence hospitalière dans la lutte contre le COVID 19 
Par ailleurs, l’épidémie continue à se manifester dans la population, comme en témoigne la surveillance syndromique en population qui mesure l’activité en médecine générale à travers celle de SOS médecins (uniquement en Loire Atlantique) (figure 3) et des services d’urgence (figure 4).

Figure 3 : Taux d’actes SOS médecins pour suspicion de COVID 19 sur l’activité totale (pour 10 000 actes) pour la semaine 13 du 23 au 29 avril

Figure 3 : Taux d’actes SOS médecins pour suspicion de COVID 19 sur l’activité totale (pour 10 000 actes) pour la semaine 13 du 23 au 29 mars.

 

Figure 4 : Taux de passages aux urgences pour suspicion de COVID19 sur l’activité totale (pour 10 000 passages) pour la semaine 13 du 23 au 29 avril

Figure 4 : Taux de passages aux urgences pour suspicion de COVID19 sur l’activité totale (pour 10 000 passages) pour la semaine 13 du 23 au 29 mars

Surveillance en EHPAD et autres établissements médico-sociaux

Depuis le 28 mars, un outil supplémentaire a été développé pour mesurer l’impact de l’épidémie sur nos ainés les plus dépendants, en particulier ceux qui vivent en EHPAD.. Dans le contexte de l’épidémie c’est désormais chose faite afin de renforcer la capacité de réaction à la progression du virus dans ces établissements. Ce sont aujourd’hui 256 EHPAD et autres établissements médicosociaux qui transmettent quotidiennement leurs données et le dispositif monte rapidement en charge et nous disposerons bientôt de suffisamment de données et d’établissement déclarant pour consolider les chiffres à l’échelle régionale.
 

 

 

Précisions de l'ARS Pays de la Loire le 9 avril à 16 heures

L’augmentation du nombre de cas confirmés COVID 19 se poursuit témoignant de la circulation du virus très active, même si elle est ralentie par le confinement.

Le nombre de cas confirmé COVID 19 depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire au 9 avril à 16h est de 1726. 96 personnes de plus qu’hier.

Ce sont des personnes qui ont été testées et confirmées positives par un prélèvement et une analyse PCR, à visée diagnostique.

L’évolution quotidienne de ce nombre nous donne une idée très fiable de la dynamique de l’épidémie.

Certes il ne représente que la partie « émergée de l’iceberg » puisque nous savons que le nombre de personnes qui a été touché par le coronavirus est beaucoup plus important car beaucoup de personnes, vraisemblablement, présentent des formes sans symptômes de la maladie. Ce sont les tests sérologiques, une nouvelle génération de tests actuellement en cours de validation qui nous permettront de mesurer par sondage la part de la population qui aura déjà été infectée et qui est par conséquent protégée par des anticorps .
Lorsque ces personnes immunisées seront suffisamment nombreuses, 60% de la population selon les experts, elles seront un des meilleurs remparts contre la diffusion du virus chez les personnes les plus fragiles, en rendant de plus en plus vaines les tentatives du virus de se répandre. (figure 1).

Le plateau qui témoigne de la stabilisation par le confinement du rythme de progression de l’épidémie : un avantage qu’il ne faut laisser « déraper » à aucun prix durant ce WE.
La surveillance dite syndromique en population générale, avec l’enregistrement de l’activité de « SOS médecin » à Nantes et Saint Nazaire, ainsi que le nombre de passages aux urgences pour suspicion de pathologie compatible avec le diagnostic de Covid19 montre qu’il n’y a pas de croissance exponentielle du nombre de cas.

Cela témoigne de l’impact du confinement, qui stabilise la croissance de l’épidémie en réduisant le nombre de personnes supplémentaires que le virus peut infecter à partir d’une personne malade. (Figures 1 et 2)

Figure 1 Evolution du nombre quotidien et cumulé d’actes SOS Médecins pour suspicion de COVID-19 par classe d’âge, 24 février au 8 avril 2020, Pays de la Loire

Figure 2 Nombre de passages aux urgences pour suspicion de COVID-19 sur la journée du 8 avril et taux de passages aux urgences pour suspicion de COVID-19 sur l’activité totale pour la semaine 2020-14 (pour 10 000 passages), Pays de la Loire (cartes disponibles dans Géodes, Santé publique France)

Le nombre de personnes présentes en réanimation est de 176, il était de 178 hier, et reste stable à quelques unités près depuis près d’une semaine. Pour autant, chaque jour depuis une semaine c’est entre 8 et 10 nouvelles personnes qui sont admises en réanimation chaque jour (figure 3).

Figure 3 Nombre de patients présents en réanimation. Pays de la Loire (source SI VIC)

Ce plateau, plutôt qu’une vague, que nous observons reflète équilibre entre le rythme de nouvelles infections et son lot de complications requérant des soins hospitaliers et le rythme des sorties d’hospitalisation. Il nous permet de rester dans un étiage qui reste soutenable pour les établissements hospitaliers (publics et privés) compte tenu des organisations qu’ils ont su mettre en place pour accueillir et anticiper l’afflux de malades résultant de la progression  de l’épidémie.

Cette situation d’équilibre reste cependant extrêmement fragile.

Il est le résultat du respect du confinement demandé à la population et qu’elle respecte plutôt bien jusqu’à présent.

Le moindre relâchement dans les mesures barrières et dans le respect des règles de distanciation sociale durant le prochain WE, qui s’annonce radieux se paierait « cash » par une reprise de la courbe ascendante épidémique.

Le terrain perdu ne se rattrapera pas et même avec une reprise d’un confinement strict, la stabilisation se fera à un étiage qui nous rapprochera de la zone de mise en tension excessive des équipes soignantes et de risque accru pour les personnes hospitalisées.

[1] les femmes qui ont été suivies pour une grossesse connaissent bien ce principe qui consiste à chercher par une sérologie durant la grossesse la preuve qu’elles ont déjà fait –ou non - la toxoplasmose et ont - ou non - des anticorps protecteurs.

Précisions de l'ARS Pays de la Loire le 8 avril à 16 heures

L’augmentation du nombre de cas confirmés COVID 19 se poursuit témoignant de la circulation active du virus dans notre région, même si elle est ralentie par le confinement

Le nombre de cas confirmé COVID 19 depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire au 8 avril à 16h est de 1630.

136 personnes de plus qu’hier. Il ne représente cependant pas la totalité des personnes qui ont été malades dans la région.

 En effet, il s’agit des seules personnes qui ont été testées et confirmées positives par un prélèvement et une analyse « PCR » (test virologique), à visée diagnostique.

Par conséquent, l’augmentation constatée est influencée aussi par l’intensité du dépistage. Or, les capacités de dépistage sont en augmentation dans la région, afin de contribuer à l’engagement national d’intensifier fortement le dépistage. (figure1).

Par ailleurs, toutes les personnes malades, mais non testées, parce que leur état ne le nécessite pas, n’apparaissent pas dans les données ; ni les personnes asymptomatiques.

Ce sont, en réalité, beaucoup plus de personnes qui ont rencontré le virus.

Or, ce nombre, nous ne le connaissons pas à l’heure actuelle.

Mais il sera très important de le mesurer, lorsqu’il s’agira de savoir quelle est la part de la population, qui ne risque plus de développer la maladie et par conséquent, contribue à freiner la propagation du virus, puisqu’il ne peut plus infecter ces personnes.

C’est le déploiement possible de la deuxième génération de tests, les tests sérologiques qui viendra répondre à cette question, dans les semaines qui viennent, en fonction des orientations décidées par le gouvernement.

En attendant, il ne faut pas relâcher les efforts et respecter les mesure barrières et le confinement, quels que soient les territoires.

Figure1 : Répartition entre les laboratoires publics et privés des tests positifs pour le COVID 19 dans la région Pays de la Loire (à gauche) et nombre de tests réalisés par les laboratoires hospitaliers de la région (CHU Nantes, CHU Angers et CH Le Mans) (à droite)

 

La surveillance de la mortalité, toutes causes, ne montre pas de surmortalité à ce stade de l’épidémie dans la région

L’épidémie du coronavirus engendre un nombre important d’hospitalisations pour des cas sévères et critiques qui peuvent, en cas de saturation, mettre en difficulté les capacités de réanimation et des lits d’hospitalisation de notre système de santé ligérien, en raison de l’afflux simultané d’un grand nombre de patients, présentant des formes graves (c’est ce qui s’est passé en GE et en IDF).

A ce jour, nos capacités de lits de réanimation et d’hospitalisation, nos équipes des établissements publics et privés (prêtes et formées), leur engagement sans faille… sont des atouts pour répondre à un possible afflux.

Cette sévérité se manifeste aussi, malheureusement, par des décès et qui surviennent en nombre dans certains établissements médico-sociaux accueillant des personnes vulnérables, âgées ou vivant avec un handicap.

La prise en compte du nombre des décès dans la population générale est donc un indicateur très important pour suivre cette épidémie et mesurer son évolution.

Pour cela, nous avons adapté l’indicateur de suivi d’épisodes épidémiques comme la grippe.

Il consiste non pas à comptabiliser chaque décès attribué spécifiquement au Covid 19, mais à constater l’éventuel excès de mortalité toute causes par rapport à la mortalité attendue en comparaison avec les années précédentes (figure 2) *.

Figure 2 : Nombre hebdomadaire de décès toutes causes, tous âges, 2013-2020 Pays de la Loire jusqu’à la semaine 23-29 mars, actualisation 8 avril

* la ligne ondulante noire représente les variations attendues de mortalité. Les pics constatés de mortalité oscille tout au long de l’année avec des pics liés aux épidémies hivernales dont l’intensité est mesurée par le dépassement des lignes ondulantes violettes. Un dépassement par rapport à ce qui est attendu permet d’attribuer cette mortalité par excès à l’épidémie en cours et ainsi d’en estimer indirectement le nombre de décès qu’elle provoque.

Cet indicateur montre que pour les semaines du 23-29 mars et du 30 mars-5 avril, il n’y a pas d’excès de mortalité constaté en Pays de la Loire, comme dans les régions de l’Ouest et du Sud.

En revanche un excès de mortalité a été constaté dans les régions du Nord, de l’Est et du Centre où l’épidémie de COVID 19 a fortement sévi (figure 3).

Figure 3 : Niveau de dépassement du nombre observé de décès par rapport au seuil par région et par semaine tous âges confondus.

Précisions de l'ARS Pays de la Loire le 7 avril à 16 heures

Le nombre de cas confirmés COVID 19 augmente un peu moins chaque jour

Le nombre de cas confirmé COVID 19 depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire au 7 avril à 16h est de 1494. La courbe croissante qui illustre la dynamique de l’épidémie montre un début d’infléchissement.

Cependant, il s’agit du nombre de patients qui ont été testés et confirmés positifs par un prélèvement et une analyse PCR, à visée diagnostique.

Il ne représente pas la totalité des patients de la région des PDL.

L’étude de l’évolution du pourcentage d’augmentation du taux de cas confirmés de deux jours en deux jours nous permet de savoir si l’épidémie accélère ou freine en conséquence du confinement. Autrement dit si la ‘vague’ se forme ou si au contraire elle s’aplatit.

Depuis l’entrée en vigueur des mesures de confinement le 17 avril, ce pourcentage d’évolution sur deux jours est passé de plus de 30% d’augmentation à moins de 5%, ce qui signifie que l’épidémie ralentit et que la courbe de la vague s’aplatit (figure 1).

Figure 1 : Nombre cumulé de cas positifs COVID selon la date de signalement et évolution relative du pourcentage d’augmentation entre deux jours consécutifs du taux de cas positifs COVID-19 recensés par l’ARS des Pays de la Loire

 

Le nombre de personnes hospitalisées en réanimation pour COVID 19 n’augmente plus depuis quelques jours

Un effet principal attendu de la décélération du nombre de cas confirmés est la diminution du nombre de patients à admettre quotidiennement en service de réanimation. En effet l’enjeu principal du contrôle de l’épidémie est de tout faire pour éviter que les capacités de réanimation ne soient dépassées à l’hôpital.

A ce jour, parmi les 694 patients hospitalisés pour COVID-19, 176 sont en réanimation. Certes, c’est 8 de plus qu’hier. Mais depuis 3 jours ce ne sont que 8 personnes de plus chaque jour qu’il faut admettre en réanimation. Il y a seulement quelques jours, fin mars, c’était plus de 22 nouveaux patients qui y étaient admis chaque jour. Chaque jour des patients quittent également les services de réanimation. Le nombre de patients présents en réanimation reste stable et les capacités ne sont pas dépassées à ce jour grâce à l’effort très important réalisé par l’ensemble des établissements de la région, hôpitaux et cliniques, pour augmenter significativement les capacités de réanimation. Et il convient de saluer

Les hôpitaux des Pays de la Loire ont donc été en mesure de faire preuve de solidarité pour soulager les hôpitaux saturés de régions plus impactées et leur permettre de retrouver des capacités d’admissions nouvelles en recevant 20 patients en réanimation lourde de la région Grand Est et 47 patients de la région Ile de France * (Figure 2).

Figure 2 : évolution du nombre de patients présents quotidiennement en réanimation en Pays de la Loire et impact des transferts interrégionaux (Ile de France et Grand Est) de patients.

 

Tout invite donc à maintenir le confinement le plus rigoureux possible, car le virus continue à circuler très activement en PDL  et que les risques sont très importants pour toutes les personnes vulnérables (personnes très âgées, vivant avec un handicap, avec des comorbidités) pour consolider les résultats obtenus et aider les équipes hospitalières à continuer à offrir les meilleurs soins aux personnes les plus gravement touchées en réanimation.

* Les données diffèrent de celle du bulletin car ils proviennent de différentes sources dont la consolidation et la validation n’a pas lieu à la même heure de la journée. Cela illustre le défi de la mise à disposition en temps réel des données dans une logique de transparence.

Précisions de l'ARS Pays de la Loire le 3 avril à 16 heures

Le nombre de cas confirmé COVID 19

Le nombre de cas confirmé COVID 19 depuis le début de l’épidémie en Pays de la Loire au 3 avril à 16h est de 1205. La courbe croissante qui illustre la dynamique de l’épidémie montre qu’elle reste à ce jour régulière et ne montre pas encore d’accélération brutale, telle que l’on connue d’autres territoire (figure 1).
Attention cependant, si la croissance du nombre de cas confirmés reflète bien la dynamique de l’épidémie sur le territoire, elle n’en reflète pas l’ampleur. En effet il ne s’agit que des patients qui ont été testés et confirmés positifs par un prélèvement et une analyse PCR, à visée diagnostique.

Nombre cumulé de cas postifs covi le 3 avril en Pays de la Loire

Figure 1 : Nombre cumulé de cas positifs COVID-19 recensés par l’ARS de Pays de la Loire
selon la date de signalement, Pays de la Loire

Le nombre de personnes hospitalisées pour COVID 19

Le suivi au jour le jour du nombre de personnes hospitalisées pour COVID 19 est très important pour adapter l’organisation des hôpitaux (publics et privés) à la pression de l’épidémie. A ce jour, 608 patients sont hospitalisés, dont 169 (qui tient compte, en partie, au moment où est établi le bilan) des patients venant d’IDF et en totalité du du GE) en réanimation.
L’évolution du nombre d’hospitalisations pour COVID-19 des 7 derniers jours dans la région des Pays de la Loire (figure 2) ne montre pas d’accélération brutale. Cela pourrait traduire le début des effets du confinement qui est à l’œuvre depuis plus de deux semaines désormais.
Mais il faut rester extrêmement prudent. Il est beaucoup trop tôt pour savoir si ces données, apparemment stables à l’échelle de la région reflètent des variations journalières, ou bien le tout début d’aplatissement tant attendu de la courbe épidémique. Il est aussi possible que nous ne soyons pas encore dans la phase d’accélération de l’épidémie, qui serait encore à venir. L’évolution de cet indicateur dans les prochains jours pourrait être déterminante.

Nombre de personnes hospitalisées au 3 avril en PDL

Figure 2 : Nombre de personnes actuellement hospitalisées pour Covid-19 selon les départements (Source : SI-VIC)

Dans l’immédiat, tout invite à maintenir le confinement, pour freiner le plus possible la progression de l’épidémie.

  • Répartition géographique du nombre de personnes actuellement hospitalisées pour Covid-19 (source : SI-VIC, données au 03/04/2020 – disponibles dans Géodes, Santé publique France)
repartition geo nbre pers hospitalisées pdl
  • Répartition géographique du nombre de personnes actuellement en réanimation ou soins intensifs pour Covid-19 (source : SI-VIC, données au 03/04/2020 – disponibles dans Géodes, Santé publique France)
repartition geo nbre pers réanimation pdl
  • Répartition géographique du nombre cumulé de personnes décédées pour Covid-19 depuis le 1er mars 2020 (source : SI-VIC, données au 03/04/2020 – disponibles dans Géodes, Santé publique France)
Répartition geo nombre de personnes décédées
  • Répartition géographique du nombre cumulé de personnes retournées à domicile depuis le 1er mars 2020 (source : SI-VIC, données au 03/04/2020 – disponibles dans Géodes, Santé publique France)
repartition geographique nombre de personnes retour dom

 

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