Pays de la Loire

Tensions estivales : comment l’ARS accompagne les établissements Ligériens ?

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Personnels soignants poussent un brancard à l'hôpital
En Pays de la Loire, comme ailleurs en France, l’été peut être une période de tensions pour les établissements de santé et médico-sociaux. Manque de personnels lié aux congés, suractivité, conséquences de la canicule, ou encore fermetures de lits viennent perturber l’organisation. L’ARS est aux côtés des établissements ligériens pour anticiper ces difficultés et garantir la continuité du service.
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Au cours de l’été 2018, près d’un établissement de santé sur 5 a signalé à l’ARS des tensions. Elles étaient liées à un déséquilibre entre la demande de soins (parfois en raison d’un afflux de touristes, comme sur le littoral, par exemple) et l’offre de soins (manque de personnels médicaux et/ou paramédicaux, notamment dans les services d’urgences et les SMUR (Service Mobile d'Urgence et de Réanimation), fermetures et/ou manque de lits). Afin d’anticiper ces tensions, l’ARS se rapproche des établissements dès le mois de mai et tout au long de l’été, pour faire le point sur leurs difficultés et les aider à trouver des solutions.

Pour les établissements de santé, la problématique des tensions estivales est traitée au niveau du groupement hospitalier de territoire (GHT). C’est donc à l’échelle du département que sont envisagées les procédures adaptées, ou encore la mutualisation des plannings et des ressources.

Les directeurs des établissements supports de GHT ont été conviés à l’ARS le 15 mai. Cette réunion a été notamment l’occasion de rappeler la possibilité de mettre en place des procédures dérogatoires encadrées réglementairement au cours de la période estivale, pour les structures à faible activité. Ainsi, un médecin en poste dans un service d’urgences peut réaliser des interventions SMUR à condition que le médecin d’astreinte d’un autre service puisse intervenir si un patient se présente aux urgences. Ces procédures peuvent permettre d’éviter des fermetures de services.

Une procédure adaptée pour le SMUR des Sables d’Olonne

Afin de pallier les tensions qui pèsent sur les effectifs des urgences du Centre hospitalier Côte de Lumière, l'établissement et le SAMU ont formalisé un plan de continuité d'activité des urgences et une procédure adaptée d'organisation territoriale avec le SMUR des Sables d'Olonne. Celles-ci sont opérationnelles depuis le 1er juillet, après avoir reçu un avis favorable à l’unanimité du comité départemental de l’aide médicale urgente, permanence des soins et des transports sanitaires (CODAMUPS).

Les équipes de l’ARS, notamment les délégations territoriales, se tiennent prêtes, tout au long de l’été, à venir en appui des établissements qui signaleraient des difficultés. Dans les départements où la situation est la plus difficile en termes de démographie médicale (Sarthe et Mayenne notamment), des rencontres sont prévues régulièrement entre l’ARS et les référents « hôpital en tension » des établissements.

Et à l’ARS, comment on s’organise ?

La gestion des tensions estivales mobilise différents services de l’agence, à commencer par les délégations territoriales, qui sont les interlocuteurs privilégiés des établissements.

Les signalements émis par les établissements en difficulté sont réceptionnés par le département Veille sanitaire et situations sanitaires exceptionnelles, et transmis pour traitement aux délégations territoriales.

La problématique des ressources humaines est au cœur des tensions estivales, le département Ressources humaines et numériques du système de santé est donc un acteur clé du dispositif.

Une fermeture transitoire de service peut nécessiter d’informer la population du territoire, le Département communication serait alors aussi impliqué, tout comme la Direction de l’offre en santé et en faveur de l’autonomie et les affaires juridiques.

Le pilotage des actions de chaque service est assuré par la Direction de la Santé Publique et Environnementale.

 

Ce dispositif repose notamment sur le signalement, par les établissements (sanitaires et médico-sociaux), de toute tension sur l’offre de soins ou d’accompagnement rencontrée au cours de la période estivale. Un formulaire en ligne, accessible depuis le site internet de l’ARS, permet de signaler toute difficulté de ce type :
www.pays-de-la-loire.ars.sante.fr/etablissements-signaler-une-situation-de-tension-estivale

En cas d’urgence, les établissements peuvent également joindre l’ARS H.24, 7j/7 via un numéro d’appel réservé aux professionnels.

Pour soutenir les établissements, l’ARS et la Fédération Hospitalière de France des Pays de la Loire ont mis en place une « bourse régionale des emplois ». Elle permet dès à présent à des médecins hospitaliers de réaliser des remplacements dans des Centres Hospitaliers de la région. Un courrier et un flyer sont en cours de diffusion pour inviter les professionnels intéressés à s’inscrire dans ce dispositif innovant. Une plateforme numérique de mise en relation entre les besoins des établissements et les disponibilités médicales sera mise en place dans les prochains mois.

L’ARS, a par ailleurs adressé une saisine à Santé publique France pour faire appel à la « réserve sanitaire ». Ces professionnels de santé volontaires, retraités depuis moins de 5 ans, sont inscrits à la réserve sanitaire. Deux établissements de Mayenne et un établissement sarthois ont sollicité ce renfort, via l’ARS, pour des profils d’urgentistes et d’anesthésistes.

A l’initiative de l’ARS et en lien avec le GHT 72, une rencontre entre praticiens urgentistes et élus locaux était organisée au CH du Mans le 25 juin dernier. L’objectif était à la fois de partager un état des lieux des difficultés auxquelles sont confrontés les services d’urgence du département de façon continue et les difficultés prévisibles pour cet été. Jean-Jacques Coiplet, Directeur général de l’ARS, a annoncé le lancement, à la rentrée, d’une réflexion collective sur l’organisation des services d’urgences en Sarthe, à laquelle seront aussi associés les usagers, les acteurs du 1er recours et du transport sanitaire.

La question des ressources humaines est au cœur des difficultés rencontrées par les établissements en été, notamment pour les EHPAD. Comment l’ARS aide les établissements sur ce point ?

L’ARS est pleinement mobilisée sur les difficultés rencontrées par les EHPAD pour le recrutement de professionnels, particulièrement en période estivale. De nombreuses mesures ont été prises, à commencer par le PACT EHPAD, pour lequel l’ARS mobilise des moyens importants (33 M€ en 2019). Parmi les leviers de ce plan pluri-annuel, l’amélioration des conditions de travail des professionnels (co-financement de l’équipement en rails plafonniers, matériels de manutention, de temps d’analyse de pratiques…) et de l’attractivité du métier d’aide-soignant figurent en première ligne.

Afin de pourvoir aux besoins de recrutement du secteur, 3 concours d’aide soignants sont organisés en 2019, avec l’ouverture de 162 places supplémentaires au nouveau concours organisé avant l’été.

Nous soutenons par ailleurs un projet d’entreprise de travail temporaire à but non lucratif, qui permettra de faciliter les démarches de recrutement des structures sociales, médico-sociales et de l’aide à la personne. La plateforme de mise en relation numérique ambitionne d’apporter une réponse adaptée aux réalités du terrain, réactive et moins onéreuse que les prestations des sociétés d’intérims, mais aussi d’investir dans les compétences des professionnels du vivier. Le projet sera présenté à l’ensemble des structures intéressées début 2020.

Ces mesures mettront du temps à porter leurs fruits. Avez-vous pris des mesures pour aider les établissements dès cet été ?

Nous avons notamment pris contact avec les IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) pour inciter les étudiants à effectuer des remplacements dans les établissements ligériens, en particulier sur des postes d’aides-soignants. Une trentaine de candidats aux remplacements saisonniers a répondu. Le listing est transmis aux délégations territoriales, qui peuvent ainsi faire le lien avec les besoins des territoires.