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Pays de la Loire : attention aux morsures de serpents

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Environnement, santé publique, prévention
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La vipère n'attaque que si elle se sent en danger
Après la sortie d'hivernation des reptiles, la majorité des morsures de serpents survient entre avril et octobre.
Alors que la majorité des morsures de serpents survient entre avril et septembre, la région des Pays de la Loire est celle qui est la plus exposée en France. Quelques précautions s’imposent.

Corps de texte

Les deux espèces de vipères les plus courantes sur les sentiers français sont la vipère péliade, que l’on peut rencontrer au Nord de la Loire, et la vipère aspic, que l’on peut voir sur le versant sud de la Loire.

Une analyse réalisée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) rapporte annuellement de 273 à 375 cas d’exposition à des serpents terrestres de 2010 à 2016, avec une prédominance des cas en Pays de la Loire, Aquitaine, Rhône-Alpes et PACA (étude basée sur les anciennes régions).

La répartition mensuelle des cas montre une forte saisonnalité des morsures par serpent terrestre d’avril à septembre chaque année, liée à la sortie de l’hibernation de ces espèces : environ 90 % des cas observés en une année surviennent pendant cette période. L’analyse régionale met en évidence que la région des Pays de la Loire était effectivement la plus concernée en 2016 avec 20,1 % de l’ensemble des morsures par des serpents terrestres entre janvier et juillet.

Le risque d'être mordu par un serpent est normalement quasi-nul. Celui-ci augmente en période estivale, dans les zones chaudes et rocailleuses. Les serpents sont sourds ; ils réagissent très vite aux signaux visuels par la fuite. Qu’ils soient venimeux ou non, ils ont tendance à fuir l’homme et ne mordent que pour se défendre, lorsqu’un individu leur marche dessus ou les approche.

Voici quelques conseils à suivre pour éviter la morsure :

  • Il faut donc éviter d’approcher un serpent, même s’il est immobile, et ne pas l’attaquer.
  • Dans l’idéal, il est conseillé d’éviter de soulever des pierres, en dessous desquels ils peuvent se terrer.
  • Il est recommandé de bien entretenir son terrain, les herbes hautes pouvant représenter un refuge idéal pour un serpent.
  • Privilégiez les chaussures montantes et les pantalons ;
  • Marchez à pas appuyés (les secousses font fuir les serpents) ;
  • · La nuit, s'équiper d'une lampe torche lors de vos déplacements ;
  • Ne touchez aucun serpent, même s’il semble mort ;

Une attention particulière doit être apportée à la protection des enfants car le rapport poids/quantité de venin leur est défavorable et leur petite taille peut être à l'origine de morsures délicates.

A FAIRE

  • Si vous vous faites mordre par un serpent non exotique, chez vous ou lors d'une randonnée, assurez-vous en premier lieu qu'il s'agit d'une morsure de vipère. Pour cela, il faut que la blessure ait la forme de deux piqûres, tels deux crochets plantés dans la peau. Si ce n'est pas le cas, vous avez surement affaire à une morsure de couleuvre, non venimeuse et donc sans gravité.
  • Le second réflexe dans le cas d'une morsure de vipère doit être l'appel des secours (Samu ou pompiers). Composez le 15 (Samu) ou le 112 (numéro d'urgence européen) depuis un téléphone fixe ou depuis un téléphone mobile, même bloqué ou sans crédit.
  • La victime doit être rassurée, même si elle commence à ressentir des crampes et des engourdissements. La position allongée, avec immobilisation du bras ou de la jambe, est celle qui lui convient le mieux.
  • Mettez la victime en position latérale de sécurité (sur le côté, la tête légèrement plus basse que le corps) en cas de perte de connaissance ;
  • En attendant l'arrivée des secours, un nettoyage de la blessure à l'eau et au savon puis l'application d'un antiseptique peuvent être bénéfiques.
  • Otez les bagues, les montres, les chaussures et tout ce qui peut serrer la zone mordue car celle-ci va se mettre à gonfler ;
  • Essayez de mémoriser l’aspect du serpent (sa taille, sa couleur, la forme de sa tête) mais ne cherchez pas à l’attraper ;
  • En cas de douleur, utilisez uniquement le paracétamol. Attention ne donnez pas d'anti-inflammatoire, ni d'aspirine qui augmentent le risque de saignement.

 

A NE PAS FAIRE

  • Il faut prendre garde à ne pas inciser la plaie, ce qui pourrait surinfecter la morsure ou favoriser la nécrose des tissus.
  • Autre idée reçue dangereuse, l'utilisation d'un garrot. Il est inutile puisque le venin se répand tout de même dans le corps en longeant les gaines veineuses, mais il peut également provoquer des nécroses graves. Les bagues et bracelets doivent donc être retirés sous peine de jouer le rôle de garrot.
  • Il est également inutile d'essayer d'aspirer le venin.
  • Tout ce qui accélère le rythme cardiaque de la victime est à éviter comme le fait de la soutenir ou les excitants (thé, café, alcool) puisque cela favorise la diffusion du venin dans le corps.
  • Ne posez pas de glace, ou de pommade sur la morsure ;
  • N’injectez aucune substance. L'utilisation des kits anti-venins est inefficace et retarde souvent la prise en charge ;
  • Ne quittez pas la personne mordue jusqu'à la prise en charge médicale.
  • Une fois sur deux environ, le serpent venimeux n’injecte pas son venin lors de la morsure. Dans ce cas, on parle de morsure sèche : elle n’engendre que des symptômes locaux.
  • En cas d'injection de venin, on parle d'envenimation ; des symptômes généraux apparaissent et leur importance dépend de la dose de venin présente dans l’organisme. En plus de la marque des crochets, une douleur vive survient et un œdème local apparaît (gonflement, rougeur, chaleur…). Dans les cas les plus graves, l’œdème peut s’étendre au-delà de la zone mordue et le patient peut présenter des complications générales nécessitant une prise en charge hospitalière et l’administration d’une immunothérapie antivenimeuse.
  • D’autres symptômes généraux dus à la toxine peuvent également apparaître après un délai variable (une demi-heure à plusieurs heures) lorsque la quantité de venin injectée par l’animal est importante : des symptômes digestifs (nausées, vomissements, etc.), des symptômes cardiovasculaires (malaise, chute de la tension artérielle, etc.), des symptômes respiratoires (difficultés à respirer), une confusion.
  • Certaines personnes sont allergiques au venin de serpent et peuvent présenter un choc anaphylactique (chute de la tension artérielle, troubles du rythme cardiaque, difficultés à respirer, vomissements, pâleur, œdème et urticaire). En l'absence d'un traitement d'urgence adapté (injection d'adrénaline en intra-musculaire) et d'une hospitalisation, le choc anaphylactique comporte un risque vital. Si vous avez déjà été victime d'une réaction allergique très forte de ce type, gardez toujours sur vous une trousse d'urgence contenant un stylo d'adrénaline auto-injectable.
  • Les personnes ayant eu une morsure de serpent sont généralement traitées à l’hôpital. Le recours à un anti-venin n'est pas systématique. Celui-ci doit être inoculé par un médecin.

 

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Serpents