Pays de la Loire

Pacte de refondation des urgences "Parce que chacun détient sa part de solution"

Communiqué de presse
Dossier de presse diffusé par le Ministère des Solidarités et de la Santé, le 9 septembre 2019.
Corps de texte

Les Français sont profondément attachés aux urgences, auxquelles ils accordent légitimement une grande confiance. Capables de prendre en charge le risque vital comme la demande de soins courants, les services d’urgence accueillent chaque patient à toute heure du jour et de la nuit, sans distinction d’aucune sorte. Dans un système de santé où l’accès aux soins est devenu plus difficile, les urgences sont devenues un repère absolu voire parfois, pour certains patients, un point de passage systématique de tout parcours de soin, même non urgent.

Ces dernières années, l’activité des urgences a connu une augmentation continue, comme c’est le cas également chez nos voisins européens. Ainsi, le nombre de passages annuels a doublé en 20 ans, atteignant plus de 21 millions en 2017. Bien que les moyens aient suivi cette augmentation, celle-ci provoque des tensions croissantes, soumettant les patients à des situations d’attente excessive ou des conditions d’accueil parfois difficiles. Malgré leur engagement sans faille, les professionnels souffrent eux-mêmes de ne pouvoir garantir en permanence, sous cet afflux, la qualité d’accueil et de prise en charge à laquelle ils sont attachés.

Les raisons de cette situation sont multiples et varient d’un territoire à l’autre. Certaines résident dans la difficulté d’accès aux soins de ville en amont des urgences. D’autres trouvent leur explication dans les difficultés à trouver une place ou un lit en sortie des urgences, faute parfois d’une place prioritaire accordée à l’activité non programmée dans les services hospitaliers. D’autres, enfin, sont bien entendu liées à l’organisation des urgences elles-mêmes.

Ce diagnostic, nous l’avons déjà partagé de longue date avec tous les acteurs, puisqu’il est au coeur des ambitions portées par Ma santé 2022 et par la loi de santé de juillet 2019, en matière d’accès aux soins et de décloisonnement du système. D’ores et déjà en cette rentrée, grâce aux accords conventionnels conclus en juin dernier et à l’intensité de leur engagement, les acteurs libéraux sont à l’oeuvre dans de très nombreux territoires pour créer des communautés professionnelles territoriales de santé et offrir aux Français, dans une logique d’organisation des soins à partir du médecin traitant, la réponse efficace qu’ils attendent à leur demande de soins.

Les fondamentaux sont donc là. Il nous faut maintenant accélérer pour rendre les changements
effectifs, en joignant les efforts de tous, libéraux et hospitaliers, comme nous l’avons initié dans le cadre de Ma Santé 2022.

La situation des urgences exigeait d’abord – et sans délai – d’apporter aux professionnels non
médicaux des urgences une reconnaissance salariale supplémentaire de leur engagement quotidien dans ce contexte difficile. C’est le sens de la prime mensuelle de 100€ dont ils bénéficient tous, sans distinction de fonction ou de statut, depuis le mois de juillet.

Cette reconnaissance, nécessaire, n’avait évidemment pas vocation par elle-même à traiter la désorganisation de notre système de santé, dont l’afflux indifférencié de patients aux urgences est devenu le symptôme le plus aigu. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une refondation. Il faut stopper le processus qui a conduit à la banalisation du passage par les urgences, faute d’un accès simple et facilité à un système de santé réellement adapté à la situation de chacun.

Afin de traiter en profondeur la question des urgences et de trouver des solutions durables, j’ai confié mi-juin une mission nationale au député Thomas Mesnier et au professeur Pierre Carli, président du conseil national de l’urgence hospitalière (CNUH). Mobilisés durant tout l’été, ils ont sillonné la France à la rencontre des acteurs de l’urgence et de l’ensemble de notre système de santé pour constater les tensions, prendre en compte les attentes des professionnels de terrain et recueillir leurs propositions pour refonder notre système.

Les constats et les recommandations dont la mission m’a fait part sont clairs et précis. Ils en formaliseront pour novembre les attendus et en préciseront certaines conditions de mise en oeuvre. Dès aujourd’hui, nous pouvons et nous devons passer à l’action pour apporter aux Français une alternative concrète et attractive au « tout-urgences », avec une boussole simple et efficace pour accéder facilement à l’offre de soins adéquate. Pour cela, nous devons créer le grand service d’accès aux soins qui manque à notre système de santé et dont les Français ont besoin pour obtenir une réponse rapide et concrète à leurs besoins. Nous devons changer les modes de financement, aller plus loin et plus vite sur la reconnaissance et la valorisation de toutes les compétences des soignants, mais aussi mieux protéger celles et ceux qui nous soignent. Nous devons, enfin, garantir que trouver des lits d’aval ne soit plus un casse-tête et regarder les besoins en face dans chaque territoire.

J’ai décidé de consacrer plus de 750 millions d’€ de crédits jusqu’en 2022 pour mettre en place ces transformations.

Parce qu’il importe avant tout d’apporter aux Français la traduction concrète et rapide de ces avancées, je demande à chaque agence régionale de santé, en partant des propositions des professionnels et en associant les élus locaux et les usagers, de veiller à ce que soit apportée dans les faits, la réponse adaptée aux enjeux spécifiques de chaque territoire et de chaque établissement. Avec ce pacte de refondation des urgences, nous complétons et accélérons la mise en oeuvre de Ma santé 2022 pour inventer des organisations modernes, pour soutenir les professionnels de santé et ainsi, améliorer les soins pour tous dans notre pays.

Agnès Buzyn
Ministre des solidarités et de la santé

Le dossier de presse complet est disponible en téléchargement ci-dessous.