Gestionnaires d’établissements recevant du public (ERP) : hygiène, environnement et santé dans le contexte Covid-19

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Le virus SARS-CoV2 continue de circuler activement. Dans les ERP comme ailleurs, il est prioritaire d'appliquer les « mesures barrières » : porter un masque, se tenir à une distance d’au moins un mètre des autres personnes, se laver régulièrement les mains... En complément, les ERP doivent également prendre des dispositions pour maintenir la sécurité sanitaire des personnels et des utilisateurs.
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Pourquoi prendre des précautions particulières dans les ERP ?

L’infection par le virus SARS-CoV-2 est transmise selon 3 modes qui peuvent se cumuler :

  • Exposition directe à des gouttelettes contenant le virus expirées par une personne infectée, lors d’un contact étroit et très proche ;
  • Exposition à des aérosols (fines gouttelettes et particules) contenant le virus, pouvant rester en suspension dans l’air sur de longues distances et plusieurs heures ;
  • Contact main / visage avec une personne infectée ou avec une surface récemment contaminée pour un dépôt de gouttelettes.

La diminution des risques d’exposition implique donc de réduire les contacts interpersonnels, de diluer la charge virale pouvant circuler dans l’air intérieur et de supprimer les dépôts contaminés pouvant recouvrir les surfaces.

Pourquoi ?

Il est possible d’être infecté par le SARS-CoV2 si on se touche la bouche, le nez ou les yeux, après avoir touché des objets ou surfaces contaminée pour des gouttelettes émises par une personne infectée.

En complément des autres mesures de réduction (lavage des mains, port du masque,…), le nettoyage régulier des surfaces diminue cette possibilité de transmission.

 

Quelles sont les consignes de nettoyage dans les établissements recevant du public ?

Pour l’entretien quotidien des locaux et le nettoyage des surfaces, il conviendra d’utiliser des produits contenant un tensioactif (solubilisant les lipides) présent dans les savons, les dégraissants, les détergents et les détachants.

Pour ne pas remettre en suspension dans l’air les micro-organismes présents sur les sols, il est recommandé de recourir à un nettoyage par voie humide.

Le dépoussiérage des moquettes pourra être assuré à l’aide d’un aspirateur, équipé d’un filtre HEPA (high efficiency particulate air) régulièrement changé, retenant les particules de l’air rejeté par l’aspirateur.

 

Comment désinfecter les surfaces ?

Une désinfection se réalise toujours sur des surfaces préalablement nettoyées.

Une attention particulière doit être portée aux surfaces fréquemment touchées :

  • poignées de porte, interrupteurs, boutons d’ascenseur, rampes d’escalier, distributeurs automatiques, tables, accoudoirs de chaise, clavier, téléphone…
  • Aux sanitaires, sans omettre les robinets, chasses d’eau, loquets…

Elles risquent d’être contaminées par des personnes porteuses du virus (jet de microgouttelettes ou portage main-bouche) et nécessitent donc d’être désinfectées si possible deux fois par jour, au minimum une fois par jour (recommandation du Haut conseil de la santé publique).

Pour être efficace vis-à-vis du SRAS-CoV-2, un produit désinfectant doit répondre à la norme virucide NF EN 14476 -juillet 2019, par exemple l’eau de javel (au moins 0,1% de chlore actif pour 1 min de contact), le peroxyde d’hydrogène à 0,5%, l’alcool à 70° d’éthanol…

Des produits associant un détergent et un désinfectant virucide sont proposés sur le marché ils doivent répondre aussi à la norme NF EN 14476.

Il est recommandé d’éviter si possible l’utilisation de vaporisateur ou pulvéristaeur afin de limiter la formation d’aérosol de produit désinfectant  pouvant être inhalés et ainsi irriter les voies respiratoires (sinon, le régler sur un jet à grosses gouttes).

L’utilisation de ces produits nécessite un mode opératoire (nettoyage puis désinfection, dosage, temps d’application, protection du personnel contre les risques chmiques…).

 

Rappel : il est important d’aérer les locaux par l’ouverture en grand des fenêtres pendant et après les opérations de ménage. Si possible, elles sont réalisées en l’absence de public.

En savoir plus :

Pourquoi ?

Le virus SARS-CoV2 peut rester en suspension dans l’air à l’intérieur des locaux sous forme d’aérosols (transmission aérienne), en particulier dans les espaces clos mal ventilés.

Encore plus que d’habitude, l’aération et la ventilation sont indispensables. Elles permettent de renouveler l’air en permanence et d’évacuer les polluants produits et circulant à l’intérieur des locaux (présence humaine, activités, matériaux de construction, équipements et mobiliers, produits chimiques, humidité, virus…).

 

Ventilation et aération : principes généraux

  • Assurer, et si possible augmenter, le renouvellement régulier de l’air des locaux avec un apport d’air neuf extérieur.
  • Eviter les courants d’air qui accélèrent la circulation des aérosols en direction des personnes présentes dans la pièce.
  • En période hivernale, maintenir une hygrométrie suffisante (supérieure à 40%) pour limiter la déshydratation des gouttelettes, leur transformation en aérosols et leur diffusion dans l’air intérieur
  • Vérifier le débit réel d’air neuf entrant dans le local et l’efficacité des ouvrants.
  • Limiter strictement la jauge d’occupation à ce que permet le débit réel d’air neuf entrant dans le local tout en respectant la distanciation physique.

 

Ventilation dans tous les locaux

  • S’assurer du bon fonctionnement de l’ensemble du système de ventilation et du renouvellement permanent de l’air dans les pièces fréquentées, y compris dans les sanitaires.
  • Compléter la ventilation par une aération régulière par ouverture en grand des ouvrants (fenêtres). Voir le chapitre « Aération ».
  • Nettoyer régulièrement les grilles d’entrée d’air neuf extérieur (sur les fenêtres) et les grilles de sortie de l’air (bouches, conduits,…).
  • Ne pas obstruer les grilles, les orifices, les passages d’air. Supprimer les objets susceptibles de faire obstacles à la circulation d’air.
  • Vérifier les passages d’air sous les portes (détalonnage).
  • Vérifier l’efficacité des sorties d’air (en effectuant le test de la feuille de papier sur les bouches de ventilation).

 

Ventilation : dans les locaux en ventilation mécanique

  • Maintenir en fonctionnement continu les systèmes de ventilation mécanique.
  • Vérifier le bon équilibre des réseaux d’air tel que prévu initialement lors de la mise en place du système de ventilation.
  • Pour les bâtiments tertiaires : activer la ventilation nominale même pendant les périodes d’inoccupation des bâtiments, en maintenant les portes fermées.
  • Pour les systèmes avec recyclage : pour éviter la recirculation des aérosols, arrêter le mode recyclage de l’air, et fonctionner seulement avec apport d’air extérieur (mode « tout air neuf »). Si ce n’est pas possible, réduire au maximum le recyclage de l’air).
  •  Nettoyer régulièrement les filtres et les remplacer selon le calendrier habituel d’entretien.

 

Aération

L’aération consiste principalement à ouvrir les fenêtres. Elle est nécessaire même pour les locaux équipés d’un système de ventilation. Elle est complémentaire à la ventilation.

  • Aérer régulièrement par ouverture en grand des ouvrants (fenêtres…) au minimum pendant 10 à 15 min deux fois par jour.
  • Aérer pendant et après les opérations de nettoyage et/ou de désinfection.
  • Ouvrir les fenêtres en fonction des activités réalisées : fenêtres entrebâillées en permanence ou ouverte en grand à certains moments de la journée (début de matinée, pauses, fin d’après-midi, période de nettoyage des locaux,…).
  • Privilégier l’aération en période d’inoccupation des locaux.
  • Lorsque les locaux sont occupés, éviter les courants d’air qui accélèrent la dispersion des aérosols.

 

Comment mesurer la qualité du renouvellement de l'air intérieur ?

La qualité du renouvellement de l’air intérieur peut être évaluée par une mesure en continu de la concentration en dioxyde de carbone (CO2) en utilisant un capteur de mesure. Ces appareils sont peu onéreux.

La concentration en CO2 doit être maintenue en dessous de la valeur guide de 1000 ppm.

Pourquoi ?

Le chauffage des locaux doit être maintenu pour permettre une température de confort adaptée à l’activité des utilisateurs et des personnels. Les appareils de chauffage qui ne créent pas de mouvement d’air à vitesse élevée (radiateurs, convecteurs,) peuvent être utilisés sans restriction

Des précautions sont à prendre pour les appareils susceptibles de créer des mouvements d’air ou de la recirculation de l’air dans les locaux.

 

Appareils de chauffage à air pulsé

Certains appareils de chauffage utilisent des ventilateurs pour faire circuler l’air réchauffé et favoriser la bonne répartition de la chaleur : aérothermes, ventilo-convecteurs,…). Dans ce cas, il est nécessaire de prendre des précautions pour réduire les possibilités de transmission aérienne du virus SARS-CoV-2.

 

  • Maintenir en fonctionnement continu les appareils de chauffage à air pulsé (aérothermes, ventilo-convecteurs,…) en vérifiant et ajustant le débit de l’air de soufflage.
  • Assurer le renouvellement régulier de l’air des locaux avec un apport d’air neuf respectant les débits (Consulter l’avis du HCSP du 14 octobre 2020). Cet apport d’air neuf permet de diminuer les concentrations en aérosols potentiellement chargés en virus. Voir les préconisations au chapitre « Ventilation ».
  • Si possible augmenter l’apport en air neuf.
  • Vérifier régulièrement ce débit d’air neuf et l’efficacité des ouvrants.
  • Nettoyer périodiquement les diffuseurs et les filtres des appareils, selon les instructions du fabricant, pour réduire les problèmes d’encrassement et favoriser le bon fonctionnement des équipements.
  • Limiter strictement la jauge d’occupation à ce que permet le débit réel d’air neuf entrant dans le local tout en respectant la distanciation physique.

Respecter les règles de conception, de réalisation et de maintenance régulière des installations.

 

Appareils de traitement de l’air intérieur

Ces appareils ne remplacent jamais les systèmes d’aération et de ventilation. Seuls les dispositifs équipés de filtres HEPA de classe minimale H13 selon la norme EN 1822-1) peuvent être utilisés.

  • Supprimer la fonction de recyclage de l’air de l’installation de traitement d’air pour éviter le transfert éventuel d’aérosols viraux dans plusieurs locaux.
  • A défaut, adapter la quantité d’air neuf requise et réduire la quantité d’air recyclé, et ouvrir davantage les fenêtres, quelques minutes plusieurs fois par jour.
  • Nettoyer périodiquement les diffuseurs d’air, batteries et filtres des appareils, selon les instructions du fabricant, pour réduire les problèmes d’encrassement et favoriser le bon fonctionnement des équipements.
  • Ne pas vaporiser ou pulvériser des produits détergents / désinfectants sur les filtres et batteries afin de ne pas faire inhaler des résidus chimiques lors du fonctionnement de l’appareil.
  • Vérifier la facilité et la sécurité d’ouverture des fenêtres.

Les appareils utilisant un traitement physico-chimique de l’air sont fortement déconseillés.

 

Protection des personnels chargés de la maintenance des systèmes de ventilation, de climatisation et/ou d’appareil de chauffage à air pulsé

Il est recommandé que ces personnels portent une combinaison de travail couvrante, des gants, un appareil de protection respiratoire de type FFP2 et respecte les mesures d’hygiène.

 

Documents à consulter :

Pour les établissements médico-sociaux, vous êtes invités à consulter la FAQ médico-sociale

Quelles consignes pour le fonctionnement de la climatisation ?

Un climatiseur individuel (split) prélève l’air dans la pièce puis le restitue à la température souhaitée. Il ne pose pas de problème vis-à-vis du Coronavirus, à condition que :

  • les pièces soient ventilées en permanence en complément (ventilation mécanique dite VMC, ou ventilation naturelle) ET aérées aux heures fraîches.
  • les filtres soient nettoyés périodiquement (avec au minimum l’utilisation d’un détergent (voir la notice). Il existe des filtres performants sur le plan sanitaire, dits HEPA (vérifier la compatibilité avec l’équipement).

Dans le cas d’un climatiseur collectif (groupe de production de froid dans un local technique), il y a lieu de vérifier l’absence de mélange et l’étanchéité entre l'air repris des locaux et de l’air neuf dans les centrales de traitement d’air afin de prévenir l’éventuelle recirculation de particules virales dans l’ensemble des locaux par l’air soufflé. Des filtres performants sur le plan sanitaire peuvent être envisagés en lien avec la compatibilité technique de l’installation (ex : filtres HEPA).

et quelle utilisation possible des ventilateurs ?

Les ventilateurs, ainsi que d’autres dispositifs générant un flux d’air (certains climatiseurs individuels mobiles par exemple) brassent l’air au sein d’une pièce et rendent par conséquent homogène la charge virale au sein d’une pièce et inopérante les mesures de distanciation physique.

Par conséquent, le ventilateur individuel dans une pièce pour une personne seule ou un groupe de personnes vivant ensemble, ne pose pas problème. Il faudra veiller à le stopper avant qu’une autre personne n’entre dans la pièce.

Par contre, il n’est pas recommandéest contre-indiqué  dans les espaces collectifs de petit volume, clos ou incomplètement ouverts, dès lors que plusieurs personnes sont présentes dans cet epsace, même porteuses de masques.en usage collectif ou en présence de personnes porteuses du Covid-19.

Quelles conditions pour l’utilisation de systèmes collectifs de brumisation d’eau ?

Les systèmes de brumisation à flux descendant alimentés en eau du robinet peuvent être utilisés pour le rafraichissement de l’air ou une humidification des personnes, en espaces ouverts ou semi-clos.

En amont de la remise en service, le réseau d’alimentation sera nettoyé, désinfecté et rincé pour prévenir toute contamination bactériologique. Un contrôle de la qualité de l’eau par l’exploitant permettra d’attester l’efficacité de ces mesures vis-à-vis de la bactérie Legionella. Un suivi de l’installation devra également être assuré sur l’ensemble de la période d’utilisation.

Les conditions d’accès à ces installations seront organisées pour éviter le croisement des usagers et facilitera le respect des mesures de distanciation d’1m entre les personnes / 4m2 par personne.
Les systèmes à flux ascendant ou latéral risquent de disperser les gouttelettes émises par des personnes susceptibles d’être contaminées par le coronavirus et donc, ne doivent pas être mis en service.

Y a-t-il un risque de contamination au coronavirus associé à la consommation de l’eau du robinet ?

L’eau du réseau public peut continuer à être bue sans risque.

La présence de coronavirus dans les ressources destinées à la production d’eau potable est peu probable, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Par ailleurs, pour produire  de l’eau potable, des traitements, notamment de désinfection, sont mis en œuvre. Ils visent à éliminer les bactéries et les virus (dont fait partie le coronavirus)

Les personnes en charge de la production et de la distribution de l’eau du robinet, en lien avec l’Agence Régionale de Santé, se sont organisées pour assurer la continuité, en toute sécurité, de la distribution d’une eau potable, dans le respect des  recommandations de l’OMS notamment  sur la teneur en chlore  permettant la désinfection.

Si l’eau présente un goût de chlore,  une ou deux heures dans une carafe à col ouvert permet de supprimer ce désagrément.

 

Il y a des douches ou autres installations susceptibles de produire des gouttelettes d’eau dans mon établissement : comment prévenir le risque associé aux légionelles ?

Après la période de confinement, les réseaux d’eau des établissements vont à nouveaux être utilisés après une période prolongée de faible utilisation ou d’inutilisation. Il convient pour la santé des usagers et du public  accueilli de s’assurer de l’absence de contamination des réseaux d’eau par les légionnelles, une bactérie qui peut être mortelle.

 

Des opérations d’entretien et de vérifications doivent donc être effectuées avant la remise en route des réseaux d’eau froide, des réseaux d’eau chaude sanitaire et des équipements à risques (bains à remous, brumisateurs, fontaines décoratives…).

 

Consulter les recommandations du ministère de la santé à mettre en œuvre en amont de l’ouverture d’un établissement recevant du public et comportant des douches.

En savoir plus :

 

Les guides par types d'établissements :

Par exemple :

Guides parus pour préciser les modalités de gestion par type d’établissement.