Gestionnaires d’établissements recevant du public (ERP) : hygiène, environnement et santé dans le contexte Covid-19

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Avec le déconfinement progressif, les établissements sont amenés à accueillir à nouveau du public et reprendre leurs activités. Pour le maintien d’une bonne sécurité sanitaire, voici quelques conseils sur la gestion des réseaux d’eau, de l’air intérieur et le nettoyage des locaux dans ces établissements recevant du public.
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Quel risque de contamination via les surfaces ?

Le haut conseil de la santé publique (avis du 29 avril) indique que le SARS-CoV2, responsable du Covid-19, est transmis par la voie de microgouttelettes émises par les personnes malades (toux, postillons…), soit directement si on se situe à proximité de la personne, soit par dépôt sur les surfaces. La transmission des coronavirus par des surfaces contaminées vers les mains n’a pas été prouvée comme ayant entraîné une infection confirmée. Cependant, elle ne peut être exclue, à partir de surfaces fraîchement contaminées par les gouttelettes porteuses de particules virales.

 

Quelles sont les consignes de nettoyage dans les établissements recevant du public ?

Pour l’entretien quotidien des locaux et le nettoyage des surfaces, il conviendra d’utiliser des produits contenant un tensioactif (solubilisant les lipides) présent dans les savons, les dégraissants, les détergents et les détachants.

Pour ne pas remettre en suspension dans l’air les micro-organismes présents sur les sols, il est recommandé de recourir à un nettoyage par voie humide.

Le dépoussiérage des moquettes pourra être assuré à l’aide d’un aspirateur, équipé d’un filtre HEPA (high efficiency particulate air) régulièrement changé, retenant les particules de l’air rejeté par l’aspirateur.

 

Comment désinfecter les surfaces ?

Une désinfection se réalise toujours sur des surfaces préalablement nettoyées.

Une attention particulière doit être portée aux surfaces fréquemment touchées :

  • poignées de porte, interrupteurs, boutons d’ascenseur, rampes d’escalier, distributeurs automatiques, tables, accoudoirs de chaise, clavier, téléphone…
  • Aux sanitaires, sans omettre les robinets, chasses d’eau, loquets…

Elles risquent d’être contaminées par des personnes porteuses du virus (jet de microgouttelettes ou portage main-bouche) et nécessitent donc d’être désinfectées si possible deux fois par jour, au minimum une fois par jour (recommandation du Haut conseil de la santé publique).

Pour être efficace vis-à-vis du SRAS-CoV-2, un produit désinfectant doit répondre à la norme virucide NF EN 14476 -juillet 2019, par exemple l’eau de javel (au moins 0,1% de chlore actif pour 1 min de contact), le peroxyde d’hydrogène à 0,5%, l’alcool à 70° d’éthanol…

Des produits associant un détergent et un désinfectant virucide sont proposés sur le marché ils doivent répondre aussi à la norme NF EN 14476.

Il est recommandé d’éviter si possible l’utilisation de vaporisateur ou pulvéristaeur afin de limiter la formation d’aérosol de produit désinfectant  pouvant être inhalés et ainsi irriter les voies respiratoires (sinon, le régler sur un jet à grosses gouttes).

L’utilisation de ces produits nécessite un mode opératoire (nettoyage puis désinfection, dosage, temps d’application, protection du personnel contre les risques chmiques…).

 

Rappel : il est important d’aérer les locaux par l’ouverture en grand des fenêtres pendant et après les opérations de ménage. Si possible, elles sont réalisées en l’absence de public.

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Les grands principes

  • Maintenir une ventilation permanente des locaux en bon état de fonctionnement
  • Sur les systèmes avec centrale de traitement d’air (ventilation et/ou climatisation), éviter tout contact entre l’air entrant et l’air sortant (dispositifs « tout air neuf »)
  • Aérer quotidiennement par l’ouverture en grand des ouvrants (aux périodes fraîches de la journée lors d’épisodes de fortes chaleurs), notamment lors d’activité utilisant des produits chimiques (ménage, bricolage…)
  • Eviter les dispositifs brassant l’air d’une pièce en présence de plusieurs personnes au risque d’annuler l’effet de la distanciation physique

Quel contrôle sur le système de ventilation ?

Une ventilation des locaux est indispensable car elle permet un renouvellement permanent de l’air et l’évacuation des polluants produits à l’intérieur des locaux (liés aux activités, produits chimiques, humidité…).

La vérification du bon fonctionnement de la ventilation consistera à :

  • S’assurer du bon fonctionnement du système de ventilation, notamment du bloc moteur
  • Arrêter le mode de recyclage de l’air pour ne fonctionner qu’en apport d’air extérieur (ou le réduire au maximum s’il n’est pas possible de l’arrêter)
  • Nettoyer les filtres
  • Nettoyer les entrées d’air et les bouches de ventilation
  • Ne pas arrêter la ventilation hors des périodes d’occupation des locaux

Comment et quand aérer ?

L’aération est complémentaire de la ventilation.

Il est recommandé d’aérer par l’ouverture en grand des fenêtres deux fois par jour pendant 10 à 15 minutes. En période de forte chaleur, cette aération régulière est à réaliser quand la température extérieure est inférieure à la température extérieure. En cas de pollution de l’air ou de pic d’émission de pollens, les moments les moins pollués sont à privilégier.

Pour les établissements médico-sociaux, vous êtes invités à consulter la FAQ médico-sociale

Quelles consignes pour le fonctionnement de la climatisation ?

Un climatiseur individuel (split) prélève l’air dans la pièce puis le restitue à la température souhaitée. Il ne pose pas de problème vis-à-vis du Coronavirus, à condition que :

  • les pièces soient ventilées en permanence en complément (ventilation mécanique dite VMC, ou ventilation naturelle) ET aérées aux heures fraîches.
  • les filtres soient nettoyés périodiquement (avec au minimum l’utilisation d’un détergent (voir la notice). Il existe des filtres performants sur le plan sanitaire, dits HEPA (vérifier la compatibilité avec l’équipement).

Dans le cas d’un climatiseur collectif (groupe de production de froid dans un local technique), il y a lieu de vérifier l’absence de mélange et l’étanchéité entre l'air repris des locaux et de l’air neuf dans les centrales de traitement d’air afin de prévenir l’éventuelle recirculation de particules virales dans l’ensemble des locaux par l’air soufflé. Des filtres performants sur le plan sanitaire peuvent être envisagés en lien avec la compatibilité technique de l’installation (ex : filtres HEPA).

et quelle utilisation possible des ventilateurs ?

Les ventilateurs, ainsi que d’autres dispositifs générant un flux d’air (certains climatiseurs individuels mobiles par exemple) brassent l’air au sein d’une pièce et rendent par conséquent homogène la charge virale au sein d’une pièce et inopérante les mesures de distanciation physique.

Par conséquent, le ventilateur individuel dans une pièce pour une personne seule ou un groupe de personnes vivant ensemble, ne pose pas problème. Il faudra veiller à le stopper avant qu’une autre personne n’entre dans la pièce.

Par contre, il n’est pas recommandéest contre-indiqué  dans les espaces collectifs de petit volume, clos ou incomplètement ouverts, dès lors que plusieurs personnes sont présentes dans cet epsace, même porteuses de masques.en usage collectif ou en présence de personnes porteuses du Covid-19.

Quelles conditions pour l’utilisation de systèmes collectifs de brumisation d’eau ?

Les systèmes de brumisation à flux descendant alimentés en eau du robinet peuvent être utilisés pour le rafraichissement de l’air ou une humidification des personnes, en espaces ouverts ou semi-clos.

En amont de la remise en service, le réseau d’alimentation sera nettoyé, désinfecté et rincé pour prévenir toute contamination bactériologique. Un contrôle de la qualité de l’eau par l’exploitant permettra d’attester l’efficacité de ces mesures vis-à-vis de la bactérie Legionella. Un suivi de l’installation devra également être assuré sur l’ensemble de la période d’utilisation.

Les conditions d’accès à ces installations seront organisées pour éviter le croisement des usagers et facilitera le respect des mesures de distanciation d’1m entre les personnes / 4m2 par personne.
Les systèmes à flux ascendant ou latéral risquent de disperser les gouttelettes émises par des personnes susceptibles d’être contaminées par le coronavirus et donc, ne doivent pas être mis en service.

Y a-t-il un risque de contamination au coronavirus associé à la consommation de l’eau du robinet ?

L’eau du réseau public peut continuer à être bue sans risque.

La présence de coronavirus dans les ressources destinées à la production d’eau potable est peu probable, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Par ailleurs, pour produire  de l’eau potable, des traitements, notamment de désinfection, sont mis en œuvre. Ils visent à éliminer les bactéries et les virus (dont fait partie le coronavirus)

Les personnes en charge de la production et de la distribution de l’eau du robinet, en lien avec l’Agence Régionale de Santé, se sont organisées pour assurer la continuité, en toute sécurité, de la distribution d’une eau potable, dans le respect des  recommandations de l’OMS notamment  sur la teneur en chlore  permettant la désinfection.

Si l’eau présente un goût de chlore,  une ou deux heures dans une carafe à col ouvert permet de supprimer ce désagrément.

 

Il y a des douches ou autres installations susceptibles de produire des gouttelettes d’eau dans mon établissement : comment prévenir le risque associé aux légionelles ?

Après la période de confinement, les réseaux d’eau des établissements vont à nouveaux être utilisés après une période prolongée de faible utilisation ou d’inutilisation. Il convient pour la santé des usagers et du public  accueilli de s’assurer de l’absence de contamination des réseaux d’eau par les légionnelles, une bactérie qui peut être mortelle.

 

Des opérations d’entretien et de vérifications doivent donc être effectuées avant la remise en route des réseaux d’eau froide, des réseaux d’eau chaude sanitaire et des équipements à risques (bains à remous, brumisateurs, fontaines décoratives…).

 

Consulter les recommandations du ministère de la santé à mettre en œuvre en amont de l’ouverture d’un établissement recevant du public et comportant des douches.

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