Pays de la Loire

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FAQ mise à jour le 24.03.2020
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Pourquoi l'ARS Pays de la Loire ne communique plus sur le nombre de cas?

Nous sommes actuellement au stade 3 du plan d’actions du Gouvernement qui a pour objectif de prévenir et limiter la circulation du virus.

Le virus circule donc sur tout le territoire. Devant l’augmentation du nombre de cas, la recherche systématique de contacts est devenue inutile.

Revenons à la phase 2 : En phase 2, le virus ne circule pas. Les porteurs du virus contaminés ailleurs l’introduisent chacun son tour sur un territoire, par exemple notre région, alors que le virus n’y circule pas encore.

La stratégie de contrôle de l’épidémie consiste à ‘attraper’ un par un ces nouveaux cas qui présentent des symptômes compatibles et qu’il est très important de confirmer par un test pour les isoler strictement afin de les empêcher de diffuser le virus.

On identifie également par une enquête et avec des critères très précis les personnes de l’entourage qu’il pourrait avoir infecté, mais qui ne sont pas encore malades, pour les mettre en quatorzaine. S’ils ne déclarent pas la maladie dans les 14 jours c’est qu’ils n’ont pas été infectés et on peut les ‘libérer’. Il est également important à ce stade de suivre de très près l’arrivée des cas pour savoir précisément comment se propage l’épidémie, avec quelle intensité pour ajuster les moyens de suivi, et anticiper le moment où la transmission s’accélère pour déployer les renforts de moyens au bon moment et au bon endroit pour faire face.

C’est ce que les équipes de l’ARS ont l’habitude de faire toute l’année pour les épidémies de rougeole, les cas de méningite, les intoxications alimentaires ou les foyers épidémiques de grippe dans les EHPAD.

En résumé, pendant la phase 2 on veut tester tous les nouveaux cas sans en perdre un seul pour ‘tuer l’épidémie dans l’œuf’. C’est possible tant qu’il y en a entre 1 et 5 nouveau cas par jour à tracer avec tous leurs contacts survenus pendant les 14 jours précédent.

A un moment donné, il devient impossible de tout contrôler. Des malades positifs ou leurs contacts confinés ne suivent pas toujours les recommandations et contaminent d’autres personnes (c’est pour éviter cela qu’au début, tous les cas confirmés positifs étaient hospitalisés systématiquement, même avec très peu de symptômes), des personnes contaminées ailleurs, porteuses du virus mais l’ignorant car sans symptômes, introduisent le virus dans le territoire. On s’en aperçoit parce que des cas secondaires apparaissent partout sans qu’on puisse identifer d’où vient leur contamination. A ce moment-là, on dit que le virus circule sur le territoire. On passe de la phase 2 à la phase 3.

Au début, le nombre de personnes contaminées est faible, donc le nombre de nouvelles personnes contaminées reste faible. Mais cela s’accélère de plus en plus jusqu’au moment où le virus circule intensément et cherche à infecter toute les personnes qui restent ‘naïves’ dans la population.

Le test consiste à prélever avec une sorte de coton tige des échantillons de sécrétion au fond du nez et au fond de la gorge puis à passer ces échantillons dans une machine sophistiquée pendant 4 heures.

C’est un test sur-mesure qui a été créé, une fois connu ce nouveau virus puis produit, puis diffusé au monde entier au fur et a mesure de sa production.

Tester peut avoir deux objectifs :

  • Un objectif médical : pour être sûr du diagnostic et pour être sûr de donner le bon traitement, surtout si celui-ci est potentiellement dangereux. Or on ne dispose pas de traitement spécifique pour le covid 19. Dans la majorité des cas, il guérit spontanément sans traitement en quelques jours. Par conséquent, le médecin n’a pas besoin d’être sûr que les symptômes soient assurément dus au Covid-19. Pour les patients les plus sérieusement touchés en revanche, par exemple avec une pneumonie grave, le traitement et les examens à faire seront différents selon que la pneumonie est liée au Covid-19 ou à un autre germe. Le test reste alors utile et ce quel que soient le stade de l’épidémie. 
  • Un objectif épidémiologique : pour mesurer le développement de l’épidémie et être à tout moment capable de savoir si l’épidémie a commencé, où elle a commencé, si elle s’accélère, si des malades ont transmis à d’autres malades sur le territoire ou si tous les cas se sont infectés en dehors du territoire. C’est très important parce que cela guide les décisions à prendre. Et leur champ d’application diffère selon le stade de l’épidémie. Elles sont individuelles en phase 2 et collectives en phase 3.
    • Quand l’épidémie démarre, au stade 2,  cela n’aurait pas de sens de vouloir tester toute la population pour identifier l’introduction du virus. Tous les tests reviendraient négatifs et il faudrait pour cela tester toute la population tous les jours ! On teste donc les personnes pour lesquelles il est plausible qu’elles soient contaminées par le covid19. La ‘cible’, comme disent les épidémiologistes, s’adapte en continu à la progression de l’épidémie. On teste les personnes présentant des signes compatibles avec le Covid-19. D’abord, lorsque le virus n’est pas encore entré, ceux qui reviennent de zones où le virus circule pour confiner les malades et confiner les personnes ‘contacts’ qui risquent de faire circuler la maladie. Ensuite, quand le virus est entré et qu’il y a quelques cas, on teste les personnes identifiées contacts lorsqu’ils développent des signes de la maladie. Toujours pour les confiner et confiner leurs ‘contacts’. Cette stratégie est très importante, car tant qu’on peut identifier grâce aux tests, avec certitude, les chaines de transmission, on peut faire un confinement sélectif des malades et des contacts pour freiner la transmission. Le test ne sert pas à décider du traitement médical à administrer au patient, il sert à décider si on le confine ou non pour protéger le reste de la population.
    • Quand l’épidémie est installée, en stade 3, il reste très important de savoir comment se développe l’épidémie, où elle flambe, avec quelle intensité, comment elle se répand ? C’est indispensable pour garder un temps d’avance sur le virus et décider combien et où positionner les moyens nécessaires. C’est également indispensable pour vérifier si les mesures barrières et de confinement ont un effet pour décider à temps s’il faut les renforcer. Mais à ce stade, heureusement, le test biologique n’est plus nécessaire pour savoir qui est atteint par le coronavirus parce qu’on peut se baser avec la même fiabilité sur le diagnostic ‘syndromique’ pour identifier combien de personnes sont touchées par le Covid-19 et surveiller l’évolution de l’épidémie. Heureusement, car il faudrait développer beaucoup d’énergie à l’organiser à l’échelle de toute la population.

 

Le contrôle de l’épidémie passe par une décision de confinement des malades et des personnes contagieuses.

Au stade 2 de l’épidémie on cherche à isoler chaque nouvelle personne qui introduit ou transmet le Covid-19. Il faut donc savoir de quelles personnes précises il s’agit, pour qu’il soit légitime de leur imposer et à elles seules un confinement strict.

Au stade 3 de l’épidémie, d’une part on n’a plus besoin de savoir qui précisément doit être confiné, car c’est à l’ensemble de la population qu’on va demander de respecter des mesures de confinement. On a besoin de savoir quel est le nombre total de malades, où ils sont et à quelle vitesse ce nombre augmente pour ajuster les moyens en avance. Heureusement, on n’a pas besoin de test pour compter les malades. En effet, à ce stade, le nombre de malades du Covid-19  est très important. Par conséquent la probabilité que le test soit positif quand un patient présente les signes de la maladie est très élevée. Il suffit donc de compter les personnes qui présentent des signes de la maladie. L’ensemble de ces signes s’appelle le ‘syndrome’ du Covid-19. Dans un diagnostic syndromique, sans test, le médecin considère que si le syndrome (la combinaison des symptômes) est présent chez un patient, alors il s’agit sûrement d’un patient atteint du covid 19. Certes, on continue à décompter les tests positifs dans les hôpitaux, mais leur nombre n’a plus de rapport avec l’importance réelle de l’épidémie en stade 3.

[...] 3 alors qu’en phase 2 ça ne suffit pas et qu’il faut faire un test ; c’est pourtant la même maladie et le même test !

On comprend assez facilement que

En phase 2 lorsqu’il n’y a qu’une dizaine de cas de Covid dans toute une région, on risque de les confondre avec un rhume ou une grippe qui présente des symptômes très proches et sont infiniment plus répandus parmi les malades qui présentent les mêmes symptômes. A ce stade, il ne s’agit pas de se tromper. En effet nous avons dit que la décision à prendre est de confiner le malade, monsieur ou madame Martin et ses contacts Pierre Paul et Jacques, alors que tout le reste de la population continue à faire ce qu’elle veut !  

En phase 3, le virus circule et ce sont des centaines puis des milliers de personnes qui vont présenter des symptômes du Covid-19, dont l’immense majorité va guérir et la plupart sans être très malade. On comprend que lorsque ce sont des milliers de personnes qui présentent des symptômes du Covid-19, ce n’est pas très grave de compter par erreur les quelques rhumes qui seront pris pour des Covid-19 et seront additionnés par erreur avec les patient Covid-19. Ceux-là ne changeront pas vraiment le nombre total de nouveaux cas. Or à ce stade, c’est la progression du nombre total des cas qui guide les mesures que l’on va prendre pour contrôler l’épidémie et répartir les moyens là où c’est le plus utile.

Et ces décisions ne concernent plus des personnes individuelles. On l’a dit, le résultat du test n’est utile que pour la prise en charge des cas les plus graves, ou les plus à risque.  

En fait, toujours pour la même raison que ce sont les ordres de grandeur concernant le nombre et la localisation des cas qui est important  pour décider, on va se servir du même ‘compteur’ que celui qui sert à surveiller la grippe tous les hivers. Comme les symptômes de la grippe sont très proches, c’est un compteur bien adapté.  Et comme la grippe se termine, le risque de confusion avec la grippe dans le décompte n’est plus très important maintenant.

Avec ce ‘compteur syndromique’, on ne compte donc pas chaque cas individuel mais on fait une sorte de sondage continu avec trois outils :

  • 1. Un échantillon de médecins dits sentinelle sont organisés pour rapporter aux autorités le nombre de cas qu’ils voient chaque semaine.
  • 2. Les services des urgences des hôpitaux comptent chaque jour combien de personnes passent dans leurs services
  • 3. Dans les grandes villes SOS médecin est organisé pour rapporter le nombre de visites qu’il fait

En combinant ces trois mesures, on suit très bien la ‘courbe épidémique’ : l’augmentation des cas et leur répartition géographique. On en a l’habitude et on sait que c’est fiable après des années de pratique. Chaque année, c’est comme cela que l’on peut annoncer quand la grippe démarre, comment elle progresse sur le territoire, quand elle se termine et si elle est plus importante ou non que l’année précédente. On a commencé à faire cela pour le Covid-19 à partir du 15 mars. Bien sûr, au tout début, quand il n’y a encore que quelques cas on ne voit presque rien sur les compteurs avec cette mesure mais dès que les cas se multiplient on commence à mesurer suffisamment précisément, et sans test, ce qui se passe.

Lorsque l’épidémie se terminera, il faudra recommencer à se fier à des tests avant d’être capable de dire que l’épidémie est vraiment terminée ; c’est ce que fait la Chine maintenant.

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