Pays de la Loire

COVID-19 : stratégie de tests biologiques dans les établissements médico-sociaux en Loire-Atlantique

Communiqué de presse
Suite à l’annonce du ministre des solidarités et de la santé, une instruction commune (santé/intérieur) prévoit l’intensification des tests de dépistage du COVID-19 auprès des publics vulnérables et des soignants travaillant dans les établissements hébergeant ces publics. De manière prioritaire, il s’agit des établissements d’hébergement des personnes âgées dépendantes (EHPAD).
Corps de texte

Au sein de ces établissements pourront être testés les résidents et tous les personnels à compter de l’apparition du premier cas confirmé dans la structure, ce qui permettra de regrouper les cas positifs en un secteur dédié et ainsi éviter la contamination des autres résidents. La région Pays de la Loire compte près de 1380 établissements médico-sociaux dont 585 EHPAD. En Loire-Atlantique, cela représente 348 établissements médico-sociaux, dont 178 EHPAD.

En application des directives nationales, une stratégie départementale de dépistage est déployée en Loire-Atlantique. Elle est copilotée par l’ARS et le Préfet de Loire-Atlantique, en lien étroit avec le Conseil départemental et en concertation avec tous les acteurs concernés. Elle sera mise en œuvre de manière graduée, en fonction des situations épidémiques connues et des capacités de dépistage.

Les tests utilisés pour dépister la présence du virus Covid-19 sont les tests de biologie moléculaire dits « PCR ». Ils s’effectuent dans les sécrétions naso-pharyngées prélevées à l’aide d’un écouvillon introduit dans le nez jusqu’au nasopharynx. L’utilisation de cette technique PCR demande une formation aux gestes de prélèvements et le port d’équipements de protection individuelle adaptés (EPI). Un certain nombre de raisons peuvent rendre le test négatif (transport, technique de prélèvement mal effectuée ou charge virale insuffisante au moment du test), c’est pourquoi ce test est à effectuer préférentiellement chez les personnes symptomatiques. Un test négatif n’élimine pas la contamination de la personne et une personne peut s’avérer contaminée quelques jours après le test.

Tout prélèvement est fait par ou sous la responsabilité d'un laboratoire de biologie médicale (LBM) accrédité.

Les équipes qui peuvent réaliser les prélèvements sont notamment :

  • Les équipes des laboratoires de biologie médicale privés ou des professionnels de santé (libéraux et services de santé au travail) dans les lieux fixes notamment (79 lieux fixes déjà identifiés en Pays de la Loire ; 24 en Loire-Atlantique) ;
  • Les professionnels soignants des établissements hospitaliers pour les patients hospitalisés et les personnels hospitaliers ;
  • Des équipes mobiles d’infirmières libérales dédiées (formées/équipées) toujours sous la responsabilité d'un laboratoire de biologie médicale ; en complément du partenariat mis en place entre Bioliance et SOS médecins/SOS infirmiers en Loire Atlantique ;
  • Enfin, des équipes mobiles des centres hospitaliers.

D’autres acteurs issus de services de santé ou de secours pourront également être mobilisés en tant que de besoin.

En Loire-Atlantique, 5 plateaux techniques de laboratoire de biologie médicale sont référencés à ce jour dont :

  • 1 laboratoire public (CHU de Nantes)
  • 4 laboratoires privés (BIOLIANCE, BIOLOIRE, LABOUEST, BIOMEDILAM)

Par ailleurs, 24 sites de prélèvement fixes ont été mis en place par 9 laboratoires privés.

Le laboratoire interdépartemental Inovalys à Nantes qui ne pratique pas usuellement la biologie humaine a été autorisé, par arrêté préfectoral pris en application du décret n°2020-400 du 5 avril dernier, à réaliser le diagnostic des infections de COVID-19. D’autres laboratoires pourraient être autorisés, notamment des laboratoires de recherche.

La réalisation de l’ensemble des tests et de leur analyse est rendue possible par un ensemble de moyens disponibles et mobilisables sur le court terme et à plus long terme : moyens humains (personnels nécessaires formés pour prélever et pour analyser) et matériels (disponibilité des écouvillons, de réactif et matériel de protection individuelle, etc.) qui sont ajustés régulièrement. Les prélèvements des résidents sont réalisés au sein de l’établissement tandis que le personnel est invité à se rendre dans l’un des lieux fixes de prélèvement.

Sous l’égide de l’ARS et du préfet et en lien avec le conseil départemental et les autres acteurs concernés, une priorisation des établissements au sein desquels débuter cette campagne doit donc être réalisée. Cette priorisation s’appuie sur les  déclarations des établissements enregistrées chaque jour dans l’outil de signalement de Santé publique France (dispositif de surveillance). Elle prend en compte les situations épidémiques dans les établissements médico-sociaux, les capacités de réalisation des laboratoires et des équipes professionnelles.

Deux paramètres majeurs doivent être pris en compte dans cette campagne de dépistage :

  1. L’ensemble des prélèvements réalisés auprès des résidents et des personnels des établissements accueillant des personnes vulnérables ne peut dépasser la capacité des laboratoires à réaliser les analyses.

Cette capacité est aujourd’hui d’environ 3 000 analyses quotidiennes dans les Pays de La Loire, dont plus de 1000 en Loire-Atlantique (capacité maximale, sous réserve de la disponibilité des réactifs et des matériels de prélèvement). Elle vient d’être multipliée par 5 en quelques semaines au niveau régional. Cette capacité a vocation à être renforcée par l’entrée récente d’autres laboratoires dans le dispositif, l’arrivée prochaine d’un automate à haut débit attribué par le Ministère de la Santé au CHU de Nantes et les efforts mis en œuvre par plusieurs laboratoires de biologie médicale privés pour se doter d’équipements supplémentaires.

  1. À côté de ce déploiement de dépistage au sein des EMS, il est indispensable de continuer à réaliser et analyser les tests pour tous les autres patients symptomatiques de Covid-19 : patients hospitalisés, professionnels de santé, personnes à risque de forme grave de Covid-19, femmes enceintes et donneurs d’organes.

Une instance de pilotage et de coordination est mise en place dans chaque département. Elle est placée sous l’égide de l’ARS et du préfet de département, en lien étroit avec le conseil départemental. Elle rassemble l’ensemble des acteurs du département, en particulier l’établissement support du GHT ainsi que les représentants des  professionnels de santé (URPS, APMSL, ADOPS, Ordres…), les représentants des établissements médico-sociaux pour personnes âgées et personnes handicapées, le SDIS, les services de l’État concernés,… 

En Loire-Atlantique, ce comité de pilotage a tenu sa première réunion lundi 20 avril.

L’ARS souhaite rappeler que des prélèvements ont déjà eu lieu depuis plusieurs semaines dans une partie des établissements médico-sociaux, et au sein desquels un ensemble de mesures de sécurité, d’hygiène et d’isolement des résidents a d’ores et déjà été largement appliqué.

Une première étape à court terme

Ce dispositif général a vocation à monter en puissance au fil des jours. En Loire-Atlantique, il s’appliquera cette semaine aux établissements médico-sociaux qui accueillent des personnes âgées ou en situation de handicap. Seront ainsi dépistés les établissements qui présentent :

  • l’apparition récente (cette semaine et la semaine dernière) d’un premier cas confirmé parmi le personnel et/ou les résidents. Dans ces établissements, l’objectif est de tester l’ensemble du personnel pour éviter l’apparition d’un foyer de contamination en rompant la chaîne de contagiosité des professionnels, présentant ou non des symptômes. Ce dépistage sera mise en œuvre sur décision de l’autorité de tutelle (ARS et/ou Conseil départemental).
  • un foyer de cas possibles. Exploration d’un foyer de cas possibles au sein d’une structure d’hébergement (en particulier collectivités de personnes âgées mais aussi lits d’accueil pour les personnes en situation d’handicap, milieu carcéral…). Dans ces structures, les trois premiers patients seront testés. D’autres résidents pourront être testés pour mettre en œuvre les mesures de prévention nécessaires, notamment le regroupement des résidents symptomatiques dans une unité COVID dédiée.
  • des résidents pour lesquels le confinement en chambre pourrait entraîner des conséquences psychiques ou physiques difficiles. Un test pourra être réalisé pour confirmer ou non la nécessité d’un isolement.
  • des professionnels symptomatiques, dans des établissements qui sont déjà touchés par le COVID.

 

Les résultats d’analyses sont communiqués aux patients ainsi qu’à leur médecin traitant ou au médecin coordonnateur de l’établissement lorsque celui-ci en dispose. Concernant les personnels, les résultats sont communiqués aux médecins du travail. L’ARS rendra publiques, dans la mesure du possible, les données départementales dès lors qu’elle estimera que les premiers retours sont suffisamment consolidés.

 

  • Ces opérations de tests sont engagées en concertation avec le Conseil départemental s’agissant de structures sous compétence conjointe mais également en lien avec les services de l’État en charge d’autres structures prioritaires (établissements pénitentiaires, centres d’hébergements d’urgence, foyers de travailleurs migrants, etc.).
  • Pour toute action au sein d’un établissement public autonome, le maire concerné est informé d’une action de dépistage menée dans l’établissement de sa commune.
  • Un suivi quotidien est d’ores et déjà mis en place à l’échelle départementale afin d’ajuster, avec l’ensemble des partenaires, le dimensionnement du dépistage et l’intégration des nouveaux établissements à cibler.

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