Agir pour la santé des habitants de la CARENE

Communiqué de presse
A l’initiative de Monsieur le sous-préfet de Saint-Nazaire, Michel Bergue, l’ARS, Santé publique France, la DIRECCTE et la DREAL des Pays de la Loire ont fait le point ce vendredi 9 octobre - en présence des élus, professionnels de santé, associations, industriels… - sur les actions conduites en faveur de la santé des habitants de la CARENE.
Corps de texte

Si l’espérance de vie a progressé sur le territoire de la CARENE au cours de la dernière décennie, la situation locale reste moins favorable que la moyenne nationale (une surmortalité de 28% pour la population âgée de moins de 65 ans ; des taux supérieurs à la moyenne française pour les cancers notamment).

Les raisons de cette situation sont diverses et complexes à identifier. De multiples facteurs, qui se cumulent et interagissent tout au long de la vie, peuvent être en cause. Santé publique France a donc été saisie pour savoir s’il est possible et pertinent de conduire une étude épidémiologique qui permettrait d’établir les causes de cet état de santé dégradé, en particulier quantifier la part des pathologies attribuable à la pollution atmosphérique.

Santé publique France rendra ses premiers résultats au premier trimestre 2021. Sans préjuger de ces conclusions, il est rappelé par Santé publique France que ce type d’étude peut être longue et complexe, et ne peut à elle seule démontrer une relation causale.

Sans attendre, il est possible et même nécessaire d’améliorer la santé des habitants de la CARENE en agissant sur les différents facteurs de risque. La DREAL, la DIRECCTE et l’ARS se mobilisent en ce sens, en lien avec les élus et tous les acteurs du territoire (professionnels de santé, associations, industriels…).

La qualité de l’air et les émissions de polluants liés à l’activité industrielle font l’objet d’une surveillance régulière. Les concentrations moyennes observées à Saint-Nazaire ont diminué et se situent sous les valeurs limites réglementaires. Les autorités, en particulier la DREAL, travaillent avec les industriels pour réduire encore les rejets atmosphériques, en recourant aux meilleures techniques disponibles au plan européen.

Pour améliorer la santé au travail, les efforts doivent se porter sur la prévention primaire, obligation de l’employeur accompagnée par les services de santé au travail et contrôlée par l’inspection du travail. Un projet de recherche associant le Registre des cancers et le parcours professionnel des travailleurs est à l’étude. Il permettra d’identifier la contribution du facteur professionnel au regard des autres facteurs (sociaux-économiques, environnementaux et individuels).

L’ARS agit par ailleurs avec les acteurs de santé pour améliorer le dépistage et le repérage précoces des cancers, afin de réduire la mortalité. Elle accompagne le déploiement de programmes d’accès aux soins, en particulier les soins bucco-dentaires qui permettent à la fois de prévenir et repérer les cancers des voies aérodigestives supérieures (une des principales causes de cancers sur le territoire de la CARENE). Cette logique « d’aller-vers » prévaut également pour le repérage et l’orientation, dès le plus jeune âge, des habitants de la CARENE confrontés à des problèmes d’addiction pour lesquels plusieurs projets sont en cours ou en voie d’être lancés.

Le nouveau contrat local de santé, qui sera élaboré en 2021, permettra de réunir l’ensemble des acteurs du territoire pour mettre en œuvre des actions permettant de promouvoir la santé des habitants de la CARENE.

Selon les études menées en 2019 par l’ORS (Observatoire régional de la santé) et le Registre des cancers, la santé des habitants de l’agglomération de la CARENE s’est globalement amé­liorée au cours de la dernière décennie avec, comme au niveau national, une progression de l'espérance de vie. Néanmoins, la situation locale reste moins favorable que la moyenne nationale, avec en particulier pour la population âgée de moins de 65 ans une surmortalité atteignant 28%. L’analyse de la morbidité et de la mortalité liées aux principales pathologies montre des taux supérieurs à la moyenne française pour les cancers, les maladies respiratoires, les accidents de la vie courante, les troubles mentaux et du comportement, les pathologies liées à l’alcool, le suicide et, à un moindre degré, pour les maladies cardiovasculaires.

Les raisons de cette situation sont complexes à identifier : de multiples facteurs, qui se cumulent et interagissent tout au long de la vie, peuvent être en cause, notamment liés à la génétique, aux comportements et habitudes de vie, aux expositions professionnelles et environnementales.

Santé publique France a donc été saisie pour savoir s’il est possible et pertinent de conduire une étude épidémiologique qui permettrait d’établir les causes de cet état de santé dégradé, en particulier quantifier la part des pathologies attribuable à la pollution atmosphérique.

Santé publique France rendra ses premiers résultats au premier trimestre 2021. Sans préjuger de ces conclusions, il est rappelé par Santé publique France que ce type d’étude peut être long et complexe, et ne peut à elle seule démontrer une relation causale.

 

Sans attendre, il est possible et même nécessaire de prévenir une part importante des cancers et, de façon générale, d’améliorer la santé des habitants de la CARENE en agissant sur les différents facteurs de risque, qu’ils soient comportementaux ou environnementaux. C’est l’objectif du plan d’action qui a été lancé fin 2019 et qui, malgré la COVID, a été mis en œuvre en 2020 par la DREAL, la DIRECCTE et l’ARS, en lien avec les élus et tous les acteurs du territoire (professionnels de santé, associations, industriels…).

 

Les industriels du secteur sous surveillance renforcée et invités à réduire leurs émissions

Les principales activités industrielles du secteur ont fait l’objet d’études de risques sanitaires qui ne montrent pas de problématique sanitaire pour les populations riveraines. Cependant, les programmes de surveillance dans l’environnement des principaux sites sont en cours d’expertise pour définir s’il y a lieu d’intégrer de nouveaux paramètres de surveillance (exemples de l’ajout des particules fines pour Yara et Total qui se verra imposer des surveillances complémentaires sur d’autres paramètres (COV métaux)).

En parallèle du renforcement de la surveillance des effets sur l’environnement, les industriels ayant les principaux rejets atmosphériques doivent mettre en place les meilleures techniques disponibles au plan européen sur leurs installations. La raffinerie Total de Donges investira plus de 25 M€ pour réduire de 30 % les émissions totales de la raffinerie d’ici fin 2023 en composés organiques volatils. La société YARA doit aussi réduire les émissions en poussières issues de sa principale tour de fabrication d’engrais.

 

Une qualité de l’air qui s’améliore sur le secteur avec lancement d’une étude de zone pour mieux définir les enjeux de ce territoire

Pour les différents polluants faisant l’objet d'une surveillance régulière, les concentrations moyennes observées à Saint-Nazaire ont diminué et se situent sous les valeurs limites réglementaires (niveau maximal de pollution atmosphérique fixées dans le but d'éviter, de prévenir ou de réduire les effets nocifs de la pollution pour la santé humaine et/ou l’environnement).

Le niveau de concentrations des particules fines se situent sous le seuil d’objectif qualité (niveau de pollution atmosphérique fixé dans le but d'éviter, de prévenir ou de réduire les effets nocifs de la pollution pour la santé humaine et/ou l’environnement, à atteindre dans une période donnée).

L'indice de qualité de l’air atteint un niveau bon ou très bon 82% des jours de l’année, le niveau moyen ou mauvais pendant  18% de l’année 2019 étant lié aux particules fines et aux conditions météorologiques (niveaux comparables aux autres stations de surveillance de la région). Les émissions de polluants surveillés par Air Pays de La Loire sur le secteur sont en baisse sensible ces dix dernières années (exemple de la baisse de 60% des émissions de dioxydes de soufres et plus de 40% des émissions de dioxydes d’azote). A noter que l’indicateur de qualité de l’air risque de se dégrader en 2021, en Pays de la Loire comme partout en France, suite à l’évolution nationale des paramètres pris en compte.

 

Lors de la réunion, a été annoncé le lancement d’une démarche d’« étude de zone » visant à encore mieux évaluer l’état environnemental des milieux pouvant exposer la population humaine à un risque sanitaire. Cette étude :

  • affinera la liste des polluants émis sur le secteur de la CARENE,
  • caractérisera l’ensemble des expositions des populations (contribution des différents émetteurs : zone industrielle, activités portuaires, trafic routier, résidentiel,…)
  • quantifiera éventuellement un risque pour la santé des populations riveraines
  • orientera des mesures supplémentaires de gestion si nécessaire.

La gouvernance de pilotage de cette étude de zone sera large et intégrera les services de l’État, les collectivités, les émetteurs de pollution, et les associations de riverains et environnementales.

 

Des préventeurs mobilisés et un projet d’étude pour évaluer l’incidence des expositions professionnelles

La première des initiatives pour améliorer la santé des salariés de la CARENE est la prévention primaire, obligation de l’employeur accompagnée par les services de santé au travail et contrôlée par l’inspection du travail.

Celle-ci porte notamment sur les principes de substitution visant à remplacer les substances dangereuses par des alternatives sans danger et par une captation à la source des produits chimiques.

En outre, l’Etat au travers du plan de relance « France relance » porte l’ambition de faire évoluer les procédés de fabrication et de diminuer les émissions polluantes.

La DIRECCTE pose par ailleurs un constat issu du recensement de 2016, permettant d’isoler des caractéristiques spécifiques à la population active et aux secteurs d’activités du bassin d’emploi :

  • une surreprésentation de l’emploi salarié dans l’industrie, supérieure de 7,4% à la moyenne nationale,
  • la catégorie des ouvriers qualifiés 5% au-dessus du ratio France métropolitaine
  • une industrie ayant recours à des produits chimiques pouvant donner lieu à des maladies reconnues comme professionnelles.

Pour autant, les données scientifiques ne permettent pas d’isoler le facteur professionnel des autres facteurs, sociaux-économiques, environnementaux et individuels. Pour éclairer cette question, la faisabilité d’un projet de recherche associant Registre des cancers et parcours professionnels des travailleurs est à l’étude. Il pourrait déboucher sur une collaboration entre Santé publique France et la DIRECCTE des Pays de la Loire en 2021.

Les cancers représentent la première cause de mortalité en France et trois plans « cancer » se sont succédés depuis 2003. Pour le secteur de la CARENE, cela a permis la réelle structuration d’une offre de soins complète de cancérologie avec les dispositifs qualité associés : dispositif d’annonce (DA) et réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Toutefois, les études réalisées par le Registre des cancers et l’ORS en 2019 ont mis en évidence une surmortalité pour certains cancers, tout particulièrement pour les cancers des VADS (voies aérodigestives supérieures) chez les hommes. Partant de ce constat, les services de cancérologie de Saint-Nazaire et le Registre des cancers ont réalisé une étude préliminaire qui semble indiquer que, pour ces cancers, les diagnostics ont été posés tardivement. Une étude complémentaire est en cours pour confirmer cette analyse et identifier des pistes d’actions. Sur cette base, un plan d’action sera déployé d’ici la fin de l’année 2020 pour améliorer le repérage précoce et la prévention des cancers des VADS.

Ce plan d’action visera notamment à améliorer l’accès aux soins dentaires. Une étude menée par l’ORS montre en effet que le recours à ces soins sur le territoire de la CARENE, bien que supérieur à la moyenne nationale, reste très inférieur aux recommandations des autorités sanitaires. Or, la consultation dentaire constitue un bon moyen de repérer les lésions précancéreuses et cancéreuses de la bouche. Des actions dans ce domaine seront donc engagées sur le territoire de la CARENE, en lien avec les représentants de la profession.

Au-delà de la promotion de comportements favorables à la santé, le dépistage précoce constitue également un axe majeur de la lutte contre le cancer. Faciliter l’accès aux trois dépistages organisés (cancer du sein, cancer colorectal et cancer du col de l’utérus) est une mission que le centre régional de coordination des cancers (CRCDC) assure en lien avec les professionnels de santé et les acteurs de proximité, sur le territoire de la CARENE comme dans l’ensemble de la région.

Depuis 2019, le CRCDC a ainsi renforcé ses partenariats, notamment avec l’association « A vos Soins », la Clinique mutualiste de l’Estuaire et le Centre hospitalier de Saint-Nazaire. Déjà organisées lors des campagnes Mars Bleu (en faveur du dépistage du cancer colorectal) et octobre rose (en faveur du dépistage du cancer du sein), de nouvelles actions de formation auprès des professionnels, des acteurs et des bénévoles des associations partenaires ont été développées. De même des actions d’information à destination des publics éloignés du soin ont vu le jour avec les « Mardis au féminins » (via le bus « les MarSoins ») et le « Jardin de l’Arbre au Sens ». Elles ont vocation à se répéter périodiquement afin de faire prendre conscience à tous des bénéfices du dépistage précoce.

Les addictions (notamment à l’alcool et au tabac) constituent un problème majeur de santé publique dans les Pays de la Loire. Pour y faire face, un Programme Régional de Prévention des Addictions a été lancé en 2019 par l’ARS Pays de la Loire. Ce sont plus de 40 actions qui sont prévues jusqu’en 2022, dont 2 sont plus spécifiquement fléchées sur le territoire de Saint-Nazaire, l’une visant à sensibiliser les acteurs du secteur social à la Réduction des Risques Alcool et l’autre à la formation et l’accompagnement des professionnels de l’ASE (aide sociale à l’enfance) au repérage précoce.

En complément et compte tenu de la situation particulière de ce territoire, l’ARS a organisé - en lien avec la sous-préfecture - deux réunions avec les acteurs du territoire pour dresser le bilan des interventions déjà en œuvre, identifier des pistes pour leur amélioration et/ou leur extension, et envisager les nouveaux dispositifs à déployer. Ce travail a permis de mettre en avant deux nouveaux projets qui seront prochainement lancés, sur financement de l’ARS. Le premier « De toit à moi » constitue une démarche « d’aller vers » et de Réduction des Risques et des Dommages menée auprès de jeunes en rupture de lien social par une équipe multi partenariale. Le second est un dispositif de formation co-porté par les acteurs de l’addictologie du sanitaire et du médicosocial à destination des professionnels des Maisons de Santé Pluridisciplinaires qui pourrait s’élargir à l’ensemble des professionnels libéraux du territoire.

Ces deux nouvelles actions contribueront à renforcer la prévention dès le plus jeune âge et améliorer le repérage et l’orientation précoce des habitants de la CARENE confrontés à des problèmes d’addiction.

Le contrat local de santé (CLS) initié à Saint-Nazaire en 2015 s’achèvera fin 2020. Celui-ci a permis, durant son déploiement, de conduire de 39 actions en 2015 à 47 actions en 2020. Il a mobilisé 256 acteurs de terrain et concerné en fonction des années de 6.000 à 10.000 habitants de la ville de Saint-Nazaire, 30% de ses actions (en 2018) à 52% (en 2017) ont été conduites en direction des habitants des quartiers inscrits en politique de la ville.

Une évaluation de ce premier CLS a été conduite courant 2020 pour préparer le nouveau CLS qui s’inscrira sur un périmètre élargi. Les conclusions de cette évaluation seront prochainement présentées aux communes de la CARENE, puis aux partenaires. L’année 2021 sera consacrée à l’élaboration du nouveau CLS de façon concertée et partenariale. Pendant cette période, les actions déjà engagées se poursuivront. Les nouveaux projets issus du plan d’action interministériel lancé en septembre 2021 ont vocation à s’inscrire dans ce futur CLS.

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