« 3114 », numéro national de prévention du suicide

Actualité
3114 numéro national prévention suicide

Mis en place dans le cadre du Ségur de la Santé et ouvert depuis le 1er octobre 2021, le numéro national de prévention du suicide, le 3114, aide les personnes en souffrance psychique et leur garantit un accès au système de soins.

Ce numéro est gratuit, confidentiel et accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, depuis tout le territoire national.

La ligne permet une prise en charge sanitaire immédiate des personnes ayant des idées suicidaires, depuis les premières idées de mort jusqu’à la crise suicidaire.

Ce service est assuré par des professionnels de soins spécifiquement formés pour assurer des missions d’écoute, d’évaluation, d’orientation et d’intervention, au sein de centres régionaux répondants situés dans des établissements de santé, et en lien notamment avec le SAMU. Il est également au service de l'entourage ou des professionnels de santé désirant en savoir plus sur la prévention du suicide ou ayant besoin d’un avis spécialisé.

Le 3114 apporte enfin une expertise au centre 15, au SAS et aux autres dispositifs d’aide à distance pour ce qui relève de la prévention, la prise en charge ou l’orientation des personnes suicidaires.

Le CHU d’Angers contribue à ce dispositif national depuis son ouverture pour une activité au départ limitée à 8h de permanence en journée 5 jours/7, les appels étant repris au-delà par le centre de Brest. En mai 2022, le renforcement de l’équipe a permis une évolution de l’amplitude horaire journalière.  

Depuis le lancement du 3114, environ 1000 affiches, près de 2000 flyers et 7000 cartes d’information ont été distribuées à des communes, des cabinets médicaux, des établissements scolaires, des associations, des services de santé au travail et 399 appels ont été reçus sur la région. Une relance de la communication prévue à partir du second semestre 2022 devrait renforcer la visibilité de ce nouveau dispositif.

Affiches, dépliants et cartes sont disponibles sur demande auprès du CHU d’Angers, n'hésitez pas à les contacter à : 2NPS@chu-angers.fr

3114 : données du centre répondant PDL au 25 juillet 2022

  • Numéro national accessible gratuitement 24h/24h – 7j/7
  • Ouverture du centre angevin 7 jours/7 de 9h à 21 h, relais par CR De Brest ensuite
  • 7176 appels reçus pour la région Pays de la Loire depuis l’ouverture, dont environ 6000 décrochés
  • 2952 appels traités par le centre répondant PDL, toujours depuis l’ouverture
  • 1657 appels sortants (proches, professionnels ou associations)
  • Environ 1000 affiches, près de 2000 flyers et 7000 cartes d’information distribuées
  • 399 appels reçus sur la région pour des demandes d’outils.
  • Outils disponibles sur demande: 2NPS@chu-angers.fr

La prévention du suicide est un axe prioritaire de la politique de santé publique du Ministère de la santé et de la prévention. En effet bien que le taux de suicide soit en baisse constante depuis 2002, la France présente toujours un des taux les plus élevés de décès par suicide en Europe, avec environ 200 000 tentatives de suicide par an1 et 12,5 suicides pour 100 000 habitants2, pour une moyenne européenne de 10,85.

Dès 2018, une stratégie nationale de prévention du suicide (SNPS)3 a été mise en place avec pour objectif le déploiement, concomitant d’un ensemble d’actions reconnues efficaces, déclinées au niveau territorial par les Agences Régionales de Santé :

  • Le maintien du contact avec les personnes ayant fait une tentative de suicide,
  • Des formations au repérage, à l’évaluation du risque suicidaire et à l’intervention autour d’une personne en crise suicidaire,
  • Le déploiement d’actions ciblées pour lutter contre la contagion suicidaire,
  • La mise en place du numéro national de prévention du suicide,
  • L’information du grand public.

Avec en moyenne de 700 suicides par an et un taux de suicide de 21,3 / 100 000 habitants4, la région des Pays de la Loire est une des régions les plus touchée par ce phénomène, en particulier sur les départements de  La Sarthe et de la Mayenne. La prévention du suicide constitue donc une priorité inscrite dans le Projet Régionale de Santé5 de l’ARS des Pays de la Loire qui soutient le déploiement de la stratégie nationale.

13 88 762 hospitalisations pour TS en 2017. Source : 4ème rapport ONS, juin 2020 – sans tenir compte des patients passés aux urgences après une tentative de suicide mais non hospitalisés, hospitalisés psychiatrie, sans hospitalisation préalable dans un service de médecine.
2Source CépiDC INSERM 2017
3Cf. action n° 6 de l’axe 1 de Feuille de route santé mentale et psychiatrie du 28 juin 2018
4Santé publique France – Bulletin de santé publique – Février 2019 – Pays de la Loire
5PRS 2018-2022, orientations stratégiques 1 et 3

VigilanS est un dispositif visant le maintien d’un contact actif, régulier et personnel sur 6 mois minimum, auprès de personnes sortant d’hospitalisation à la suite d’une tentative de suicide. Il vise à réduire la mortalité par suicide et la récidive suicidaire et nécessite la mobilisation des établissements de santé en charge de faire connaitre l’offre.

Les modalités de suivi s’organisent de la manière suivante : A la sortie de l’établissement, un numéro vert, joignable aux heures ouvrables est communiqué au patient. Son médecin traitant, son psychiatre s’il y a lieu, reçoivent un courrier les informant de son entrée dans le dispositif. Des recontacts téléphoniques ou l’envoi de cartes postales sont prévus ensuite pour les personnes ayant fait plus d’une tentative de suicide. Une évaluation téléphonique à 6 mois de tous les patients inclus permet de décider de l’arrêt ou de la reconduction de la veille. Un compte-rendu final est adressé au médecin généraliste et au psychiatre référent.

Le CHU d’Angers assure le portage de ce dispositif ouvert en janvier 2020 dans notre région. Il est accessible à tous du lundi au vendredi de 9h à 18h (ouverture aux moins de 16 ans en milieu d’année 2021). En 1er septembre 2022, 3700 patients avaient pu être inclus grâce à la mobilisation de 22 établissements de santé partenaires. Des travaux sont en cours avec les SUMPPS, le milieu pénitentiaire et le secteur agricole.

Focus VigilanS PDL au 1er septembre 2022

  • 3700 patients inclus depuis l’ouverture (+ 88% en 2021) dont 620 mineurs.
  • 22 établissements de santé partenaires
  • 6 infirmiers vigilanseurs à mi-temps (dont IDE issues de la pédopsychiatrie et du milieu scolaire).
  • Ouverture (5 jours/7) du lundi au vendredi de 9h à 18h

Cet axe de travail regroupe 4 volets qui feront l’objet d’orientations nationales plus précises en 2023 :

  • La sécurisation des lieux à risque,
  • La sensibilisation des médias,
  • Le développement de la postvention individuelle et collective (plan de postvention)
  • La mobilisation sur les réseaux sociaux (chat 3114, Expérimentation ELIOS du CHRU de Lille)

En Pays de la Loire, nous n’avons pas avancé sur ces sujets.

Sur le volet postvention, nous soutenons la mise en œuvre de 2 groupes de parole par an sur la Loire Atlantique bénéficiant à des personnes endeuillées par le suicide. Ces groupes sont animés par l’association Solipsy. Par ailleurs, des prises en charge spécifiques sont développées par certains centres hospitaliers, notamment l’EPSM Daumezon, le CH de St Nazaire, l’EPSM de la Sarthe

Une réflexion est amorcée sur la question de la sécurisation des lieux à risque et nous a amené à prendre contact avec les régions ayant expérimenté ce type d’action.

Trois types de formation remplacent aujourd’hui les formations au repérage de la crise suicidaire initiées par le Professeur Jean-Louis Terra et Monique Seguin.

Les contenus adaptés en fonction du profil des participants permettent de former :

  • Des sentinelles en charge d’assurer une veille sur leur territoire
  • Des évaluateurs du potentiel suicidaire
  • Des professionnels en capacité de désamorcer la crise suicidaire

Les durées, contenus et publics cibles de ces formations sont répertoriés dans le tableau ci-dessous :

Formations à la prévention du suicide : des formations adaptées à différentes fonctions

  • Pour les professionnels de santé ou psychologues, formés à l'entretien clinique (psychiatre, psychologue clinicien, cadre de santé ou infirmier, diplômé) assurant régulièrement un rôle d'intervention de crise (désescalade), les prérequis et accès sont les suivants : 
    • SAMU, urgences psychiatriques
    • Psychiatrie de liaison,
    • Cellules d'urgence médico-psychologique,
    • Unités d'hospitalisation de crise,
    • Services d'accueil des suicidants,
    • Centres médico-psychologiques effectuant de l'intervention de crise,
    • Equipes de recontact de type VigilanS,
    • Equipes mobiles dont équipes mobiles psychiatrie-précarité.

Ce public cible peut être formé à l'intervention de crise. L'intervenant a une fonction d'évaluation clinique du potentiel suicidaire, mais aussi des connaissances spécifiques pour désamorcer une crise suicidaire, éviter un passage à l'acte et orienter la personne vers un accompagnement adapté.

  • Pour les professionnels de santé (médecins, psychologues, infirmiers...) et travailleurs sociaux (assistants sociaux, éducateurs...) en contact direct avec des personnes à risque suicidaire, les prérequis et accès sont les suivants : 
    • Services de psychiatrie ou de soins primaires,
    • Services de médecine scolaire ou universitaire,
    • Services de santé au travail,
    • Services médico-sociaux, sociaux et éducatifs,
    • Secteur libéral.

Ce public cible peut être formé à l'évaluation du potentiel suicidaire et orientation. L'évaluateur peut faire une évaluation clinique du potentiel suicidaire de la personne, et l'orienter vers le soin ou toute autre solution adaptée à ses besoins.

  • Pour tout citoyen présentant une disposition spontanée à l'aide et au souci pour autrui (travailleur social, aide-soigant, auxiliaire de vie , pharmacien d'officine, enseignant, bénévole dans une association d'aide ou de soutien, élu, socio-esthéticienne, pompier, facteur...), les prérequis et accès sont les suivants : 
    • Avoir une disposition spontanée au souci de l'autre et à l'entraide,
    • Etre repéré.e pour cela dans une ou plusieurs de ses communautés de vie,
    • Etre en mesure de prendre soin de soi.

Ce public cible peut être formé à la formation "sentinelle". La sentinelle est capable de repérer et d'orienter la personne (vers un évaluateur ou vers un intervenant de crise ou le SAMU).

 

L’ARS des Pays de la Loire, en lien avec l’ARCMSA, contribue au déploiement de ces formations dans la région, grâce à la mobilisation de 15 formateurs régionaux tous psychiatres, psychologues ou infirmiers.

Après un coup d’arrêt en 2020 en lien avec la crise lié au COVID (10 formations annulées sur les 12 programmées), l’activité a pu reprendre en 2021, année au cours de laquelle le partenariat avec l’ARCMSA a permis de réaliser 13 sessions de formation (7 formations sentinelles, 3 sur l’évaluation du potentiel suicidaire et 3 sur l’intervention de crise).

183 personnes ont été formées cette année-là dont 96 sur le niveau « sentinelles », 45 sur le niveau évaluation de la crise suicidaire et 42 sur le niveau « intervention de crise ».

L’information du grand public passe par différents canaux :

  • Le relais de campagnes nationales (ex : la campagne #J’en parle à en juin 2021 promue notamment via les membres du comité de pilotage régional du Plan Bien-être des jeunes, campagne 3114) ;
  • Le relais de messages pensés et rédigés par l’association Papageno visant une meilleure communication autour du suicide ;
  • Les semaines d’information à la santé mentale portées par des acteurs sanitaires, médicosociaux, sociaux, associatifs, des villes etc. dans les départements avec le soutien des délégations territoriales de l’ARS ;
  • La mise en ligne d’un annuaire des acteurs ressources par département, mis à jour régulièrement et disponible sur le site de l’ARS.